Destruction
et restauration de labbaye de Cuixà, XIXème et
XXème siècles.
Les fragments dispersés du cloître et de la tribune.
Saint-Michel de Cuixà est aujourdhui connu, dans
le monde entier, parce que son cloître est partagé entre
le Conflent et New York, et cette situation a dailleurs toutes
chances de perdurer à long terme. Comprendre Cuixà comme
un monument incomplet, comme un monument "déconstruit-reconstruit",
qui possède un "double" sur les bords de lHudson
River est sans doute une des façons, pour le ou les publics
à venir, de sapproprier le monument et den faire
vivre la mémoire.
Plutôt que dentretenir, ici en Roussillon, une mémoire
revendicative probablement stérile car il est clair que
lon ne peut caresser lespoir de voir les Américains
se dessaisir de ce qui constitue, aujourdhui, un de leurs précieux
patrimoines, légitimement acquis-, et alors quil reste,
sans aucun doute, des actions possibles pour faire revenir à
Cuixà des éléments dispersés bien moins
loin que New York, lAssociation culturelle de Cuxa souhaite
approfondir et diffuser la connaissance de ces phases si cruciales
pour labbaye que furent sa destruction et la dispersion de ses
sculptures au XIXème siècle, et lidentification
et la récupération progressive dune partie dentre
elles au XXème siècle.
Ce sujet a déjà été étudié,
au moins en partie. Marcel Durliat y a consacré au moins deux
articles, et lon peut dire que cette problématique a
animé durant des décennies lactivité de
Pierre Ponsich, ou de différents responsables des Monuments
historiques, à lépoque des grandes phases de restauration
de labbaye, entre les années 1950 et les années
1970. Mais après ces travaux, et la disparition inévitable
de la génération qui les a portés, la mémoire
des résultats acquis et des problèmes encore ouverts
sest peu à peu amoindrie ou perdue, faute de chercheurs
ou de responsables pour la porter, faute aussi dune perspective
concrète, travaux de restauration, présentation du lapidaire,
publication, etc. La thèse puis le livre de Géraldine
Mallet (2000) ont présenté un panorama très complet
de la thématique, étendue à tous les cloîtres,
romans ou gothiques, que le Roussillon a vu dispersés aux XIXème
et XXème s.
Le but du séminaire projeté est donc de récapituler
et de ré-ouvrir les recherches sur la destruction et la dispersion
des ensembles sculptés de Cuixà. Dune part, il
sagira dactualiser de la manière la plus précise
et la plus complète possible la connaissance sur les fragments
lapidaires de labbaye, leur provenance, leur localisation, leur
situation matérielle et juridique, avec lespoir que ce
catalogage permette didentifier des "retours" possibles.
Dautre part, dapprofondir lhistoire de ces destructions
et dispersions, pour comprendre le sens et la portée des appropriations
nouvelles qui se sont opérées par le déplacement
des uvres issues de labbaye, et qui ont contribué
à la construction de limage contemporaine du monument.
Ce séminaire a lieu au siège de lAssociation culturelle de Cuxa
à Codalet (33, rue du Conflent [mairie], 2ème
étage). Il sera animé et coordonné
par Olivier Poisson. Il est ouvert prioritairement à
tous les membres de lAssociation culturelle de Cuxa, mais également
à toute personne intéressée par le sujet. Séminaire
détudes, il privilégie les contributions et les
échanges des participants, à partir dun cadre
méthodologique défini en commun.
Les séances du séminaire auront lieu en 2008 en février, mai et octobre.
changement de date:
le séminaire prévu le 29 février est reporté au 14 mars (même lieu, même horaire, même programme).
14 mars, 14h 30 à Codalet:
Jean-Auguste Brutails, Josep Puig i Cadafalch et Cuxa. L'historiographie de l'abbaye entre les années 1880 et les années 1930.
par Olivier Poisson
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1- Cuxa
en ruines vers 1860 (lithographie anonyme)
2- Cuxa 1955: reconstruction du cloître (photo S. Stym-Popper,
courtoisie de la Médiathèque du Patrimoine, Paris).
3- Chapiteau du cloître (détail)
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