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LES CAHIERS DE SAINT-MICHEL DE CUXA

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Année 2011, n° 42

Mémoires, tombeaux et sépultures
à l’époque romane


Cécile TREFFORT
Introduction. Tombeaux et sépultures de l’époque romane : les monuments de l’indicible
Vincent DEBIAIS
Écrire sur, écrire dans, écrire près de la tombe. Les aspects topographiques de l’inscription funéraire (IXe-XIIe siècle)
Olivier PASSARRIUS
Archéologie du cimetière paroissial dans le Midi, en contexte rural (IXe-XIVe  siècles)
Jean-René GABORIT
Les tombeaux des saints. Monuments funéraires élevés en France à l’époque romane en l’honneur de personnages à la sainteté admise ou reconnue
Géraldine MALLET
L’œuvre de tombier de l’atelier de R.  de  Bia (début du XIIIe siècle, Catalogne du Nord)
Alexis CORROCHANO
Entre nécropoles et cimetières : tombes, lieux d’inhumation et mémoire funéraire à travers l’archéologie des VIIe-XIe siècles dans le sud de la France
Arturo Carlo QUINTAVALLE
L’Antique et les monumenta de la Réforme grégorienne
Daniel CAZES
La réutilisation funéraire des sarcophages paléochrétiens du sud-ouest de la France jusqu’au XIIIe siècle
Fabrice HENRION
Remplois de sarcophages du haut Moyen Âge et souvenir de leur image à l’époque romane en Bourgogne et alentours
Francesca ESPAÑOL
Panthéons comtaux en Catalogne à l’époque romane. Les inhumations privilégiées du monastère de Ripoll
Eduardo CARRERO SANTAMARIA
Cathédrale et topographie funéraire dans l’architecture médiévale de la Péninsule Ibérique
Anne EMBS
Nécropole dynastique, mémoire clanique : naissance et développement d’un phénomène
Philippe PLAGNIEUX
Le tombeau de la reine Adélaïde de Maurienne (†1154) à Saint-pierre de Montmartre : entre célébration mémorielle et béatification
Therese MARTIN
Vie et mort dans le Panthéon de San Isidoro de León
Milagros GUARDIA
La mort de Thomas Becket d’après l’Espagne
Anna THIRION
L’ancienne tribune abbatiale de Saint-Michel de Cuxa. De la sculpture à la structure, nouvelle approche
Daniel CODINA i GIOL
Mort, sépulture et culte de saint Pierre Orséolo à Saint-Michel de Cuxa
Richard DONAT
Les reliques du doge Pietro Orseolo conservées à Saint-Michel de Cuxa et à Saint-Pierre de Prades : à quels saints se vouer ?
Delphine BOYER-GARDNER
Une mémoire enfouie. Réflexion autour du dépôt des pontificalia et d’inscriptions nominales dans les tombes d’évêques aux XIe et XIIe siècles : l’exemple de l’Aquitaine
Stefania BABBONI
La sépulture de Obertus de Placentini dans la basilique de San Savino
Maria Lluïsa QUETGLES ROCA
Les deux sculpteurs du sarcophage de Doña Sancha
Guillaume GRILLON
Les plates-tombes bourguignonnes : la constitution d’un modèle (XIIe-XIIIe siècles)
Marc SUREDA i JUBANY
In memoria eterna erit justus. Art, liturgie et mémoire au tombeau de Guillem de Montgrí (†1273)
Jacqueline LECLERCQ-MARX
Les monuments funéraires du nord de l’Europe aux XIe-XIIe siècles. L’exception scandinave
Marie-Pasquine SUBES
Autour de la représentation des funérailles : confrontation de sources iconographiques et liturgiques
Cécile TREFFORT
Conclusions
Chronique
Résumés

   

Résumés



Cécile TREFFORT
Introduction. Tombeaux et sépultures de l’époque romane : les monuments de l’indicible

RÉSUMÉ
Dans toutes les civilisations, la mort est imaginée, exprimée, représentée par les vivants et pour les vivants. Elle se pense, fondamentalement, à l’aune de la vie. À l’époque romane, pour les clercs comme pour les fidèles, la dire, l’appréhender, la dépasser est indissociable de la pensée chrétienne dans laquelle la « vie » peut, selon le registre sur lequel on se place, être réelle ou idéelle, physique ou spirituelle, éphémère ou éternelle. La « mort » n’est alors pas une fin, mais un événement fondamental dans l’existence humaine partagée entre un ici-bas et un au-delà aux frontières perméables, aux horizons temporels distendus.
En guise d’introduction à ce volume, nous proposons ainsi de parcourir deux voies parallèles : l’une qui permet de penser la vie, corps et âme, ici-bas et au-delà, l’autre, de transcender la mort, mettant en perspective le monument funéraire qui renvoie à la mort, à la disparition, à l’absence - à l’indicible donc, que mots et images peinent à exprimer.

RESUM
En totes les cultures, la mort es concebuda, expressada, representada pels vius i per a els vius. La mort es pensa, fonamentalment, a la llum de la vida. En l’època romànica, per al clergat i fidels, parlar de la mort, pensar-la, trespassar-la, és part integrant del pensament cristià en què « a vida » pot, segons el lloc en el qual ens situem, ser real o ideal, física o espiritual, efímer o etern. La « mort » no és llavors una fi, sinó un esdeveniment fonamental en l’existència humana, dividida entre aquest món i el món de més enllà amb unes fronteres poroses, amb un marc de temps estirat.
Com a introducció a aquest volum, ens oferim de navegar per dues vies paral.leles: una que suggereix pensar la vida, tot junt cos i ànima, aquí baix i en el l’altre món ; l’altre suggereix transcendir la mort, mirant més enllà de la tomba que es refereix a la mort, a la desaparició, a l’absència - a l’indicible, doncs, que les paraules i les imatges intenten d’expressar.

ABSTRACT
In all cultures, death is conceived, expressed, represented by the living and for the living. Death is thought, fundamentally, in the light of life. In romanesque times, for the clergy and alike for faithful, to talk about death, to apprehend it, to go over it is inseparable from Christian thought in which « life » may, according to the record on which we place ourselves, be real or ideal, physical or spiritual, ephemeral or eternal. The « death » is then not an end but a fundamental event in human existence divided between this world and after-life with porous borders, stretched over a time frame.
As an introduction to this volume, we offer to browse two parallel tracks : one that suggests to think about life, both body and soul, here down and after-life ; the other, to transcend death, looking at the burial monument as it refers to death, disappearance, absence - the unspeakable, then, that words and images are struggling to express.



Vincent DEBIAIS
Écrire sur, écrire dans, écrire près de la tombe. Les aspects topographiques de l’inscription funéraire (IXe-XIIe siècle)

RÉSUMÉ
Les inscriptions du Moyen Âge peuvent, pour un grand nombre d’entre elles, être qualifiées de « funéraires », sans qu’il soit possible pour autant de définir clairement ce que l’on entend par cette typologie. Elle concerne en effet des inscriptions de formes, de contenus et de fonctions très variés, dont le seul dénominateur commun consiste en ce qu’elle évoque, sous une forme ou sous une autre, la mort d’un personnage. De longueur très variable, les textes funéraires prennent place sur des objets eux aussi très divers, de l’élément formant partie intégrante d’un monument funéraire à l’objet liturgique isolé, sans lien avec la tombe. Sans prétendre résoudre l’ensemble des interrogations relatives à l’épigraphie funéraire, la communication avance quelques pistes de réflexion autour de l’écriture dans sa relation à la tombe en évoquant les données topographiques des inscriptions (leur forme et leur localisation).

RESUM
Les inscripcions de l’Edat Mitjana poden, en una gran proporció, ser qualificades de « funeràries », sense que sigui tanmateix possible de definir clarament què s’entén per aquesta tipologia. Inclou, en efecte, inscripcions de formes, continguts i funcions molt variades, amb un únic denominador comú consistent en el fet d’evocar, d’una manera o d’una altra, la mort d’un personatge. De llargada molt variable, els textos funeraris s’inscriuen sobre objectes també molt diversos, de l’element que forma part integrant d’un monument funerari a l’objecte litúrgic aïllat, sense lligam amb la tomba. Sense pretendre resoldre el conjunt d’interrogants relatius a l’epigrafia funerària, la comunicació avança algunes pistes de reflexió a l’entorn de l’escriptura i la seva relació amb la tomba tot evocant les dades topogràfiques de les inscripcions (llur forma i localització).

ABSTRACT
Medieval inscriptions can, for a large number of them, be considered as « funeral », in spite of the fact that it is very difficult to define clearly what we understand by this typology. It concerns indeed inscriptions of highly varied forms, contents and functions ; the only common denominator consists of the fact that it evokes death and its circunstances. Funeral texts take place on very diverse objects, from the element forming integral part of a monument to the isolated liturgical object, unlinked to the grave. Without claiming to resolve all the questions about funeral epigraphy, this paper wants to advance some reflections around writing in its very relation to the grave by seeing the topographic data of the funeral inscriptions.



Olivier PASSARRIUS
Archéologie du cimetière paroissial dans le Midi, en contexte rural (IXe-XIVe  siècles)

RÉSUMÉ
L’intérêt des archéologues et des historiens pour le cimetière ou le monde des morts d’une façon générale n’est pas nouveau. D’abord focalisé sur les nécropoles du haut Moyen Âge, l’attention des archéologues s’est récemment déplacée vers les siècles postérieurs grâce notamment au développement de l’archéologie urbaine qui a permis la fouille de cimetières paroissiaux ou de zones d’inhumation communautaire. Ces opérations, souvent récentes, livrent des données précieuses sur l’organisation de la zone funéraire, sa gestion, les pratiques funéraires ou la typo-chronologie des sépultures. Sur tous ces sites, l’apport de l’anthropologie de terrain et des études taphonomiques s’est avéré primordial pour la connaissance du soin apporté au défunt. De même l’apport, pour l’historien ou l’archéologue, des analyses paléogénétiques ou portant sur la recherche de l’ADN de certains gènes pathogènes ouvre désormais des perspectives nouvelles pour l’étude des grands ensembles funéraires.

RESUM
L’interès dels arqueòlegs i historiadors per al cementiri o el món dels morts, en general, no és nova. Inicialment centrada en les necropolis de l’alta Edat Mitjana, l’atenció dels arqueòlegs s’ha desplaçat recentment a segles més tardans, gràcies al desenvolupament de l’excavació arqueològica urbana qu’ha permès l’excavació de cementiris parroquials urbans o de llocs d’enterrament de comunitats religioses. Aquestes operacions, sovint recents, proporcionen dades valuoses sobre l’organització de la zona d’enterrament, la seva gestió, les pràctiques d’enterrament o la tipo-cronologia de les tombes. En tots aquests llocs, la contribució del treball de camp antropològic i dels estudis tafonòmics resulta crucial per a la comprensió de l’atenció prestada al mort. De la mateixa manera la contribució per l’historiador o l’arqueòleg, de les anàlisis paleogenètiques o de les investigacions sobre l’ADN de certs gens patògens obre ara noves perspectives per a l’estudi dels grans conjunts funeraris.

ABSTRACT
The interest of archaeologists and historians for the cemetery or the dead’s world in general is not new. Initially focused on the cemeteries of the early Middle Ages, the attention of archaeologists has recently shifted to later centuries thanks to the development of urban archaeological excavation led to the urban church cemeteries or burial sites of religious communities. These operations, often newer, provide valuable data on the organization of the burial area, its management, burial practices or typo-chronology of the graves. On all these sites, the contribution of anthropological fieldwork and taphonomic studies had been crucial for understanding the care given to the deceased. Similarly the contribution, for the historian and the archaeologist, of paleogenetic analysis or research on the DNA on certain pathogenic genes now opens new perspectives for the study of large funeral areas.



Géraldine MALLET
L’œuvre de tombier de l’atelier de R.  de  Bia (début du XIIIe siècle, Catalogne du Nord)

RÉSUMÉ
Dans l’apparente homogénéité de la sculpture romane en marbre de Catalogne du Nord, il est difficile de dégager des personnalités particulières, des maîtres au style bien affirmé. Il faut attendre le dernier tiers du XIIe siècle et le début du siècle suivant pour voir surgir des sculpteurs dont les oeuvres se distinguent nettement de l’ensemble de la production, que l’historiographie a appelé pour le plus ancien, faute de signature, le « Maître de Cabestany » et, pour le plus récent, « Raymond de Bianya », d’après des inscriptions gravées sur plusieurs reliefs de facture semblable. L’oeuvre de ce dernier n’est abordée, depuis l’article de Marcel Durliat en 1973, que dans le cadre d’études monographiques. Nous nous proposons ici de réfléchir sur le nom de l’atelier, sur sa place dans le contexte artistique roussillonnais ouvrant sur une production marbrière funéraire qui, jusqu’alors, semble avoir été essentiellement réservée à la sculpture monumentale et mobilière. Bien que ne pouvant être encore résolue, la question de l’origine et de la formation de l’atelier est soulevée.

RESUM
Dintre de l’aparent homogeneïtat de l’esculptura romànica de marbre a la Catalunya del Nord, és difícil de fer sobresortir personalitats, mestres amb un estil ben confirmat. Cal esperar l’últim terç del segle XII i el principi del segle següent per tal de veure sorgir esculptors dels quals les obres se distingeixen clarament del conjunt de la producció, que l’historigrafia ha anomenat, pel que fa el més antic i per manca de signatura, « el mestre de Cabestany » i pel més recent, « Ramon de Bianya », segons les inscripcions gravades sobre diferents relleus de factura semblant. L’obra d’aquest no s’ha estudiat d’ençà de l’article de Marcel Durliat, al 1973, en el marc d’estudis monogràfics. Ens proposem aquí de reflexionar sobre el nom del taller, sobre la seva posició en el context artístic rossellonès desembocat sobre una producció marbrera funerària que, fins aleshores, sembla haver estat essencialment reservada a l’esculptura monumental i mobiliar. Tot i que no se pugui encara resoldre, la qüestió de l’origen i de la formació del taller se troba plantejada.

ABSTRACT
In the visible homogeneity of the marble Romanic sculpture of Catalonia of the North, it is difficult to find particular personalities, « maîtres » in the well asserted style. It is necessary to wait for the last third of the XIIth century and the beginning of the century following to see appearing from sculptors whose works distinguish themselves sharply from the whole production, that the historiography called for the oldest, for lack of signature, « Maître de Cabestany » and, for the most recent, « Raymond de Bianya », according to inscriptions engraved on several reliefs of similar invoice. The work of this last one is approached, since Marcel Durliat’s article in 1973, only within the framework of monographic studies.
We suggest here thinking about the name of the workshop, about its place in the artistic context roussillonnais opening on a production marble quarry funeral which, until then, seems to have been essentially reserved for the monumental and movable sculpture. Although as which could not be still resolved, the question of the origin and the formation of the workshop is raised.



Alexis CORROCHANO
Entre nécropoles et cimetières : tombes, lieux d’inhumation et mémoire funéraire à travers l’archéologie des VIIe-XIe siècles dans le sud de la France

RÉSUMÉ
La question de la mémoire des morts représente un élément clé des études d’archéologie funéraire médiévale. Cet article présente une recherche en cours dans le cadre d’un doctorat portant sur les formes et les espaces d’inhumation entre le VIIe et le XIe siècle. Dans le Midi languedocien, les données archéologiques permettent une étude détaillée de la tombe et du lieu d’inhumation mais également d’aborder les thèmes sous-jacents de l’organisation de l’espace, des pratiques et de la mémoire funéraire.

RESUM
La qüestió de la memòria dels morts representa un element clau dels estudis d’arqueologia funerària medieval. Aquest article presenta una recerca en curs en el marc d’un doctorat dedicat a les formes i els espais d’inhumació entre els segles VII i XI. Al Migdia llenguadocià, les dades arqueològiques permeten un estudi detallat de la tomba i del lloc d’inhumació, alhora que permeten també abordar els temes subjacents de l’organització de l’espai, de les pràctiques i de la memòria funerària.

ABSTRACT
The memory of the dead is a key element for the study of medieval burial practices and funerary areas. This paper presents an ongoing research as part of a PhD in funeral archaeology between the seventh and eleventh centuries. In Languedoc, the archaeological data support a detailed study of the grave and the cemetery, but also allow to address the underlying topics of the spatial organization, mortuary practices and funeral memory.



Daniel CAZES
La réutilisation funéraire des sarcophages paléochrétiens du sud-ouest de la France jusqu’au XIIIe siècle

RÉSUMÉ
Avec la renaissance de la ville, sa croissance, sa nouvelle monumentalisation du XIe au XIVe siècle, Toulouse « recycla » à la fois les matériaux de ses édifices romains et les sarcophages de ses nécropoles, surtout celles du paléochristianisme. Nous concentrons nos regards sur la réutilisation funéraire des sarcophages sculptés aux IVe et Ve siècles qui définissent un art paléochrétien propre à un « grand Sud-Ouest » dans lequel il s’est propagé à partir de la haute vallée de la Garonne. Art de l’aristocratie de la fin de l’Empire romain, il ne cessa d’être ou redevint un signe d’identité sociale et de pouvoir au cours du Moyen Âge dans les régions qui l’avaient initialement utilisé. C’est ainsi qu’il en fut au sein de la famille des comtes de Toulouse, et sans doute aussi chez ses alliés, voire ses adversaires, à l’intérieur des mêmes enjeux territoriaux.

RESUM
Amb el renaixement de la ciutat, el seu creixement, la seva nova monumentalització del segle XI al XIV, Tolosa va « reciclar » alhora els materials dels edificis romans i els sarcòfags de les seves necròpolis, sobretot de les paleocristianes. Ens concentrarem en dues mirades sobre la reutilització funerària de sarcòfags esculpits als segles IV i V que defineixen un art paleocristià propi d’un « gran Sud-Oest », regió dins la qual aquest va expandir-se a partir de les altes valls de la Garona. Propi de l’aristocràcia de la fi de l’Imperi romà, l’art paleocristià no va deixar de ser -o va tornar a esdevenir- un signe d’identitat social i de poder al llarg de l’Edat Mitjana dins les regions que l’havien emprat inicialment. És això el que va succeir en el si de la família dels comtes de Tolosa, i sens dubte també en el cas dels seus aliats - i fins i tot dels seus adversaris - dins dels mateixos marcs i conflictes territorials.

ABSTRACT
With the rebirth of the city, its growth, its new monumentalization from the eleventh to the fourteenth century, Toulouse «recycled» in both the materials of his buildings and the Roman sarcophagi of its cemeteries, especially those of early christian age. We focus our attention on the reuse of funerary coffins carved in the fourth and fifth centuries that define an early Christian art specifics of a «great Southwest» in which it has spread from the upper valley of the Garonne. Art of the aristocracy of the late Roman Empire, it again became or never ceased to be a sign of social identity and power during the Middle Ages in regions that had initially used it. Thus it was, within the family of the Counts of Toulouse, and probably also among its allies and even his opponents, within the same territorial issues.



Fabrice HENRION
Remplois de sarcophages du haut Moyen Âge et souvenir de leur image à l’époque romane en Bourgogne et alentours

RÉSUMÉ
Entre la fin de l’Antiquité et le début du haut Moyen Âge, on assiste sur le territoire de l’actuelle Bourgogne à la mise en place d’une véritable industrie de production de sarcophages de pierre, tant dans les calcaires de l’auréole jurassique du Bassin Parisien que dans les grès de la bordure méridionale du Morvan. Ce phénomène semble accompagner la christianisation des populations et peut être illustré par le nombre croissant de sarcophages dans les cimetières liés à un sanctuaire, sans que l’on puisse toujours en saisir les mécanismes. Mais le lien semble suffisamment établi au début du Moyen Âge pour que le sarcophage, ou son image, témoigne de l’ancienneté du lieu, de son prestige ou de celui de ceux qui souhaitent y être inhumé. Le rapport aux origines, l’inscription des contemporains dans une continuité établie et reconnue, passe manifestement par l’utilisation de preuves matérielles dont le sarcophage fait partie.

RESUM
Entre l’antiguitat tardana i l’alta edat mitjana, el territori de l’actual Borgonya és el marc de la creació d’una veritable indústria de producció de sarcòfags de pedra, tant en les calcàries de l’aurèola juràssica de la Conca de París com en les pedres arenoses de la vora sud del Morvan. Aquest fenomen sembla acompanyar la cristianització de les poblacions i pot ser il.lustrat pel creixent nombre de tombes en els cementiris associats a un santuari, bé que encara no es poden entendre els mecanismes d’aquest fenomen. Però la relació sembla prou demostrada amb l’alta Edat Mitjana per tal que el sarcòfag, o una imatge, sigui un testimoni de l’antiguitat del lloc, del seu prestigi o del d’aquells que desitgen ser-hi enterrats. La relació amb els orígens, la inclusió dels contemporanis dintre d’una continuïtat establerta i reconeguda, es manifesten amb proves materials ; el sarcòfag n’es una.

ABSTRACT
Between late antiquity and the early Middle Ages, the territory of Burgundy is the theater of the establishment of an real industry producing stone sarcophagi, both in the limestones of the Jurassic of the Paris Basin and in the sandstones of the southern edge of the Morvan. This phenomenon seems to accompany the Christianization of the population and can be illustrated by the increasing number of tombs in cemeteries associated with a sanctuary, as well as one can’t still understand the mechanisms of this process. But the link seems sufficiently strong with the early Middle Ages as that the sarcophagus, or image, a testament to the antiquity of the place, of its prestige or of those who wished to be buried there. The relation with the origins, the inclusion of the contemporaries in an established and recognized continuity, clearly passes through the use of physical evidence as the sarcophagus.



Francesca ESPAÑOL
Panthéons comtaux en Catalogne à l’époque romane. Les inhumations privilégiées du monastère de Ripoll

RÉSUMÉ
Étude des sépultures comtales à Ripoll du IXe au XIIe siècle. Les tombes les plus anciennes correspondent à l’époque des prédécesseurs de l’abbé-évêque Oliba. Cet ensemble de sarcophages pourrait avoir été originellement placé sous la chapelle consacrée au Sauveur située à l’ouest de l’église et en hauteur. La présence d’une telle chapelle dans ce secteur, ainsi que les deux clochers-tours suggèrent l’existence d’un westwerk, dont l’atrium aurait eu une fonction funéraire, conformément à l’usage réservé à ces « massifs occidentaux » dans l’architecture du haut Moyen âge. Le coutumier du monastère étaie cette interprétation en mentionnant l’existence d’une galilée à Ripoll.
Pour l’époque romane, on étudie le sarcophage attribué à Raimond Bérenger III, dont on déduit qu’il a dû avoir un pendant, destiné à Raimond Bérenger IV, probablement disparu vers 1300, au moment du transfert des restes de son occupant dans une châsse d’argent, à l’intérieur de l’église. Ce transfert, dont la finalité était de sanctifier un des membres de leur lignage, est à mettre en relation avec les efforts que faisait le monastère pour récupérer la faveur des rois catalans. En effet, depuis Alfonse le Chaste, Ripoll avait perdu son rôle de panthéon dynastique, et la crise que connut le monastère au long du XIIIe s. dut inciter les moines à chercher une issue.
Le tremblement de terre qui en 1428 détruisit les voûtes de l’église et effondra le clocher-tour nord permet de comprendre l’évolution postérieure du panthéon comtal. Le secteur occidental de l’église étant ruiné, les mausolées qui y étaient abrités furent répartis dans le cloître et à l’extérieur du portail roman. Les historiens qui visitent le monastère à partir du XVIIe s. les localisent à cet endroit, à l’exception du reliquaire de Raimond Bérenger IV, toujours dans l’église.
L’article se termine par quelques mises au point sur la signification du portail monumental et sur sa datation en se basant sur la spoliation du trésor du monastère par Raimond Bérenger IV. On examine aussi la relation possible entre cette spoliation et le contenu de la Brevis Historia Rivipullensis, composée en 1147.

RESUM
Estudi dels enterraments comtals a Ripoll des del s. IX fins al s XII. Les inhumacions més antigues corresponen als predecessors de l’abat i bisbe Oliba, un conjunt de sarcòfags que podria haver estat situat sota la capella consagrada al Salvador, localitzada a occident de l’ésglésia, en alt. La presència de dita capella en aquest sector i de les dues torres-campanar, suggereixen l’existència d’un westwerk, l’atri del qual hauria tingut funció funerària d’acord amb l’ús que assumeixen dits àmbits a l’arquitectura alt medieval. El costumari del monestir recolza dita interpretació ja que documenta l’existència a Ripoll d’una galilea.
Pel que fa als sepulcres d’època romànica, s’analitza l’atribuit a Ramon Berenguer III i es dedueix que va existir un segon exemplar, bessó d’aquest, destinat a Ramon Berenguer IV que es degué perdre quan, vers 1300, les restes del comte foren traslladades a una arca de plata a l’interior de l’església. El fet es relaciona amb l’intent del monestir de recuperar el favor dels reis catalans per mitjà de la santificació d’un dels membres del llinatge. Ripoll havia perdut d’ençà d’Alfons el Cast el seu pes com a panteó dinàstic i la crisi que impera al llarg del segle XIII al cenobi degué conduir els monjos a buscar-hi alguna sortida.
El terratrèmol que el 1428 va destruir les cobertes de l’església i va fer caure la torre-campanar nord s’albira transcendental per entendre l’evolució posterior del panteó comtal. El sector occidental de l’església va quedar molt malmés i, com a conseqüència, els mausoleus aixoplugats en aquesta zona fins aleshores van redistribuir-se pel claustre i per l’exterior de la portalada romànica. Els historiadors que visiten el monestir d’ençà del segle XVII els localitzen en aquests indrets, llevat del reliquiari de Ramon Berenguer IV que seguia a l’església.
Finalment, es fan diversos apunts relatius al significat de la portalada monumental i a la seva cronologia a partir de l’espoli del tresor del monestir per part de Ramon Berenguer IV i la relació que pot tenir amb aquest fet el contingut de la Brevis Historia Rivipullensis composada l’any 1147.



Anne EMBS
Nécropole dynastique, mémoire clanique : naissance et développement d’un phénomène

RÉSUMÉ
Aux environs de l’an mil apparaît une préoccupation commune à l’aristocratie, celle de la célébration et de l’entretien de la mémoire ancestrale, garante de la légitimité de ces dynasties. La fondation d’une nécropole fut un moyen pour l’aristocratie de manifester l’ancienneté et la continuité du lignage mais aussi la domination d’une famille sur un territoire. Cette domination peut se traduire par l’accumulation visuelle de tombeaux, réalisés dans des matériaux fastueux mais aussi par des cérémonies funéraires somptuaires. Ainsi, sont fondées de façon quasi-contemporaine les panthéons dynastiques des comtes de Vendôme dans la collégiale Saint-Georges-de-Vendôme, des comtes d’Angoulême à l’abbaye de Saint-Cybard ou encore des vicomtes de Beaumont à Etival-en-Charnie. La politique funéraire dynastique fut un moyen, au même titre que les fondations religieuses et les constructions castrales de manifester le pouvoir d’une lignée.

RESUM
Pels volts de l’any mil es detecta una preocupació comuna a l’aristocràcia, la de la celebració i manteniment de la memòria ancestral, garant de la legitimitat de les dinasties. La fundació d’una necròpoli fou per a l’aristocràcia un mitjà de manifestar l’antiguitat i la continuïtat del llinatge així com també el domini d’una família sobre un territori. Aquest domini es pot traduir en l’acumulació visual de tombes realitzades en materials fastuosos i també en cerimònies funeràries sumptuoses. Així, de manera gairebé contemporània van ser fundats els panteons dinàstics dels comtes de Vendôme a la colegial de Saint-Georges-de-Vendôme, dels comtes d’Angoulême a l’abadia de Saint-Cybard o encara dels vescomtes de Beaumont a Etival-en-Charnie. La política funerària dinàstica va ser un mitjà de manifestar el poder d’un llinatge, de la mateixa manera que ho foren les fundacions religioses i les construccions de castells.

ABSTRACT
Around year one thousand appear a common concern of the aristocracy, that of celebration and maintenance of ancestral memory, which guarantees the legitimacy of these dynasties. The foundation of a necropolis was a way for the aristocracy to show the antiquity and continuity of lineage but also the domination of one family over a territory. This domination is showed in the accumulation of visual tombs, made of luxurious materials but also by lavish funerals. Thus, were founded on a quasi-contemporary dynastic pantheons of the counts of Vendome in the collegiate church of Saint-Georges-de-Vendôme, the counts of Angouleme at the Abbey of Saint-Cybard or Viscount of Beaumont at Etival-en-Charnie. Funeral dynastic politics was a mean, as well as religious foundations and castle buildings, to emphasize the feudal power of a line of noble descent.



Philippe PLAGNIEUX
Le tombeau de la reine Adélaïde de Maurienne (†1154) à Saint-pierre de Montmartre : entre célébration mémorielle et béatification

RÉSUMÉ
En 1153, Adélaïde de Maurienne prit le voile au monastère Saint-Pierre de Montmartre, dont elle avait naguère entrepris la construction avec son défunt époux le roi Louis VI. Lors de l’installation des religieuses en 1134, le roi avait tenu à insister sur l’engagement personnel de la reine ainsi que sur la fonction mémorielle et royale de cette abbaye, précisant qu’il l’avait fondée sur les instances de son épouse, tant pour le repos de son âme que de celle de ses prédécesseurs. Probablement peu après le décès de la souveraine en 1154, on éleva dans le choeur des moniales un monument funéraire à son effigie. Cette oeuvre a donc été réalisée au moins une génération avant que ne commence à se préciser la définition du gisant à destination eschatologique. On doit donc rattacher cette sépulture à la série des tombeaux romans destinés à commémorer la mémoire du fondateur, lequel, déjà pratiquement parvenu à la gloire céleste, pouvait être invoqué comme intercesseur privilégié de la communauté. Par ailleurs, le monument d’Adélaïde de Maurienne doit être formellement et stylistiquement rapproché des tombeaux rétrospectifs des souverains mérovingiens réalisés à Saint-Germain-des-Prés vers le milieu du XIIe siècle. L’effigie royale de Saint-Pierre de Montmartre constitue, dans ces conditions, un important repère chronologique pour la datation de la première sculpture gothique d’Île-de-France.

RESUM
El 1153, Adélaïde de Maurienne va professar al monestir de Saint-Pierre de Montmartre, que ella mateixa havia començat a construir ja feia temps juntament amb el seu difunt espòs el rei Lluís VI. En l’ocasió de la instal.lació de les religioses l’any 1134, el rei insistia en la implicació personal de la reina i alhora en la funció memorial i reial d’aquesta abadia tot precisant que ell l’havia fundada, a instàncies de la seva esposa, per al repòs tant de la seva ànima com de les dels seus predecessors. Probablement poc després del decés de la reina l’any 1154 un monument funerari amb la seva efígie fou dreçat dins el cor de les monges. Aquesta obra va ser doncs realitzada almenys una generació abans que no es comencés a precisar la definició del jacent d’intencionalitat escatològica. Aquesta sepultura, per tant, ha de ser vinculada a la sèrie de tombes romàniques destinades a commemorar la memòria del fundador, el qual, ja pràcticament arribat a la glòria celestial, podia ser invocat com a intercessor privilegiat de la comunitat. D’altra banda, el monument d’Adélaïde de Maurienne ha de ser formalment i estilísticament relacionat amb les tombes retrospectives dels sobirans merovingis realitzades a Saint-Germani-des-Prés cap a mitjan segle XII. L’efígie reial de Saint-Pierre de Montmartre constitueix, en aquestes condicions, una important referència cronològica per a la datació de la primera escultura gòtica de l’Île-de-France.

ABSTRACT
In 1153, Adelaide de Maurienne took the veil in the monastery Saint-Pierre de Montmartre, which she had previously undertaken the construction with her late husband King Louis VI. When installing the nuns in 1134, King was keen to put the emphasis on the personal involvement of the queen and the memory function and the Royal Abbey, saying he had founded it at the urging of his wife both for the repose of his soul than of its predecessors. Probably shortly after the death of the sovereign in 1154, was erected in the choir of nuns a tombstone bearing his image. This work has been carried out at least a generation before that begins to clarify the definition of lying eschatological destination. We must link this tomb to the series of romanesque burial tombs meant to commemorate the founder’s memory, who now almost reached the heavenly glory, could be invoked as privileged intercessor for the community. Moreover, the monument of Adelaide de Maurienne must be formally and stylistically closer to the Merovingian kings tombs retrospective made in Saint-Germain-des-Pres in the mid-twelfth century. The royal effigy of Saint-Pierre de Montmartre is, under such conditions, an important marker for chronological dating of the first Gothic sculpture of the Ile-de-France.



Therese MARTIN
Vie et mort dans le Panthéon de San Isidoro de León

RÉSUMÉ
Cette étude soutient que la mémoire médiévale ne réside pas seulement dans les sépultures mais aussi dans les palais royaux. Le dénommé Panthéon de San Isidoro à León représente l’exemple idéal pour aborder cette question, puisque ce seul espace architectural comprend de multiples buts et significations. Tandis que les fonctions et utilisations du bâtiment ont changé pendant le XIe et XIIe siècles, selon les besoins changeants du moment et les désirs des mécènes, un fond de mémoire y a été présent tout au long des années.

RESUM
Aquest estudi sosté que la memòria medieval no resideix només en les tombes, sinó també en els palaus reials. El Panteó de Sant Isidor de Lleó és l’exemple ideal per abordar aquesta qüestió, ja que aquest espai arquitectònic únic compleix amb múltiples objectius i té molts significats. Si bé les funcions i usos de l’edifici han canviat durant els segles XI i XII, d’acord amb les necessitats del moment i els desitjos dels patrocinadors, un fons de memoria hi va estar present al llarg dels anys.

ABSTRACT
This study argues that medieval memory resides not only in burials but also in royal palaces. The so-called Pantheon at San Isidoro in León provides the ideal example through which to address such a question, as this single architectural space encompassed multiple purposes and meanings. While the functions and uses of the building shifted during the eleventh and twelfth centuries according to the changing needs of the times and desires of the patrons, an undercurrent of memory was common throughout.



Milagros GUARDIA
La mort de Thomas Becket d’après l’Espagne

RÉSUMÉ
Ma contribution se propose de revenir sur la réception précoce des reliques et du culte de saint Thomas Becket dans la Péninsule Ibérique. Un premier chapitre réunit les témoignages documentaires les plus remarquables qui nous permettent d’identifier les promoteurs de son culte : les membres des familles royales, parmi lesquels la reine Éléonore Plantanegêt de Castille, l’ordre cistercien, les chanoines augustins, voire les titulaires de certains sièges épiscopaux. Une seconde partie analyse, en apportant de nouvelles interprétations des différents programmes iconographiques, les différentes oeuvres conservées comportant des images de la vie et des miracles du saint de Canterbury. Il s’agit, en particulier, de l’autel de Sant Miquel d’Almazán, du cycle peint de Sant Nicolau de Sòria et des peintures murales de la chapelle de Becket à Santa Maria de Terrassa et des tituli qui les complètent étudiées plus attentivement.

RESUM
La meva contribució preten revisar el tema de la primerenca acollida a la Península Ibèrica, de les relíquies i del culte a sant Thomas Becket. En un primer capítol hi són recollits els testimonis documentals més rellevants que ens permeten determinar els promotors del seu culte: els membres de les famílies reials, entre els quals, la reina Eleonor Plantagenet de Castella, l’ordre cistercenca, les canòniques regulars, o els detentors d’algunes seus episcopals. En segon lloc, analitzo, tot aportant noves interpretacions dels respectius programes iconogràfics, les principals obres conservades amb imatges de la vida i dels miracles del sant de Canterbury. Es tracta, en particular, de l’altar de l’església de Sant Miquel d’Almazán, del cicle pictòric de Sant Nicolau de Sòria i, de manera més detinguda, de les pintures murals de la capella de Becket a Santa Maria de Terrassa i els tituli que les completen.

RESUMEN
Mi contribución pretende examinar el tema de la temprana acogida de las reliquias y del culto a Santo Tomás Becket en la Península Ibérica. En un primer capítulo se revisan los testimonios documentales conservados para llegar a determinar los promotores de su culto: miembros de la realeza, entre los cuales destaca la reina Eleonor Plantagenet de Castilla, la orden cisterciense, las canónicas regulares, algunos detentores de sedes episcopales. En segundo lugar examino, aportando nuevas interpretaciones, las principales obras en las que se desarrollan escenas del martirio y milagros del santo de Canterbury. Principalmente me detendré en el análisis del altar de la iglesia de San Miguel de Almazán, del ciclo pictórico de San Nicolás de Soria y, en particular, de las pinturas murales de la capilla de Becket en Santa María de Terrassa y los tituli que las completan.



Anna THIRION
L’ancienne tribune abbatiale de Saint-Michel de Cuxa. De la sculpture à la structure, nouvelle approche

RÉSUMÉ
Vers le milieu du XIIe  siècle, l’église abbatiale de Saint-Michel de Cuxa fut dotée d’une tribune-jubé qui n’est plus connue aujourd’hui que par des éléments éparpillés en France et à l’étranger. L’hypothèse de son existence passée fut émise pour la première fois au milieu du XXe siècle. Dès lors, plusieurs études furent engagées pour restituer l’aspect originel de l’édicule, en plan et en élévation. Les recherches actuelles portent sur la reconstitution de sa structure en trois dimensions et la disposition des sculptures au sein de celle-ci. En l’absence de témoignages précis (textuels ou iconographiques), c’est l’examen attentif des pierres qui permet la formulation de nouvelles hypothèses.

RESUM
Cap a mitjan segle XII, l’església abacial de Sant Miquel de Cuixà fou dotada d’una tribuna-rerecor que avui només podem conèixer gràcies a una sèrie d’elements escampats per França i per l’estranger. La hipòtesi de la seva existència fou establerta per primer cop a mitjan segle XX. Des de llavors, s’han realitzat diversos estudis que han restituït l’aspecte original de l’edícul en planta i en alçat. Les recerques actuals es dediquen a la reconstitució de l’estructura en tres dimensions i la disposició de l’escultura en el seu si. En absència de testimonis precisos (textuals o iconogràfics), és l’examen atent dels blocs allò que permet la formulació de noves hipòtesis.

ABSTRACT
Towards the middle of the twelfth century, the abbatial church of Saint-Michel de Cuxa has been endowed with a rood-loft that is only known today by its scattered elements in France and abroad. For the first time in the mid-twentieth century, the assumption of the existence of a rood-screen in Cuxa is formulated. From then, several studies are initiated to restore the morphology in plan and elevation of the lost construction. Current research focuses on the restitution of its structure in three dimensions. In the absence of specific evidence (textual or graphic), careful examination of the stone allows the formulation of new assumptions.



Daniel CODINA i GIOL
Mort, sépulture et culte de saint Pierre Orséolo à Saint-Michel de Cuxa

RÉSUMÉ
Récit de la mort, de la sépulture, du culte et de la vénération du doge de Venise Pierre Orséolo, moine de Cuixà au Xe siècle. Explication des témoignages objectifs qui subsistent de ces faits.

RESUM
Relació de la mort sepultura i culte o veneració del Duc de Venecia Pere Orsèol, monjo de Cuixà al s. X. Explicació del que queda de testimoni objectiu d’aquests fets.

ABSTRACT
Story of the death, burial, worship and veneration of the Doge of Venice Peter Orseolo, Cuixà monk in the tenth century. Explanation of objective evidences remaining of these facts.



Richard DONAT
Les reliques du doge Pietro Orseolo conservées à Saint-Michel de Cuxa et à Saint-Pierre de Prades : à quels saints se vouer ?

RÉSUMÉ
La figure du doge de Venise Pietro Orseolo (928-988), converti à la vie monastique et retiré à Saint-Michel de Cuxa, reste intimement liée à l’histoire de l’abbaye où, selon la tradition hagiographique, il mena une vie consacrée à la prière et à la pénitence, jusqu’à sa mort en l’an 988. Sacralisés par l’abbé et évêque Oliba, les restes corporels de Pietro Orseolo connurent une histoire mouvementée, aboutissant d’une translation à l’autre au morcellement du corps saint. L’examen du contenu des deux châsses-reliquaires attribuées au saint, conservées l’une dans le trésor de l’église paroissiale Saint-Pierre de Prades et l’autre à l’abbaye de Cuxa, permet de reconsidérer la question des reliques de l’illustre personnage, en confrontant données historiographiques et anthropobiologiques.

RESUM
La figura del dux de Venècia Pietro Orseolo (928-988), convertit a la vida monàstica i retirada a Sant Miquel de Cuixà, resta estretament lligada a la història de l’abadia on, segons la tradició hagiogràfica, va portar-hi una vida consagrada a la pregària i a la penitència, fins a la seva mort l’any 988. Sacralitzades per l’abat i bisbe Oliba, les restes corporals de Pietro Orseolo van tenir una història accidentada que acaba, d’una translació a l’altra, amb la fragmentació del cos sant. L’anàlisi del contingut de dues caixes reliquiari atribuïdes al sant, conservades una en el tresor de l’església parroquial de Saint-Pierre de Prades i l’altra a l’abadia de Cuixà, permet replantejar la qüestió de les relíquies de l’il.lustre personatge, tot confrontant-ne dades historiogràfiques i antropobiològiques.

ABSTRACT
The figure of the Doge of Venice Pietro Orseolo (928-988) converted to the monastic life and retired to Saint-Michel of Cuxa, remains inextricably tied to the history of the abbey where, according to the hagiographic tradition, he led a life of prayer and penance until his death in the year 988. Sacralised by the abbot and bishop Oliba, the corporal remains of Pietro Orseolo experienced a turbulent history, ending from a translation to another till the division of the holy body. Examination of the contents of the two reliquary attributed to the saint, kept one in the treasury of the parish church of Saint-Pierre de Prades and the other at the Abbey of Cuxa leads to reconsider the issue of relics from this illustrated character, comparing historiographical and anthropobiological data.



Delphine BOYER-GARDNER
Une mémoire enfouie. Réflexion autour du dépôt des pontificalia et d’inscriptions nominales dans les tombes d’évêques aux XIe et XIIe siècles : l’exemple de l’Aquitaine

RÉSUMÉ
Aux XIe-XIIe  siècles, la sépulture épiscopale est le support de mémoires croisées : celle, individuelle et personnelle, de celui qu’elle abrite, mais également, en raison du statut particulier du défunt, celle de l’Église qu’il dirigeait et incarnait de son vivant. Véritable interface matérielle entre le mort et la communauté des vivants - qui, dans ce cas, inclut potentiellement l’ensemble du clergé et des fidèles du diocèse -, il est possible d’y reconnaître différentes formes et degrés d’expression du souvenir, à la fois dans les éléments visibles et invisibles qui la composent. La sépulture épiscopale, considérée par rapport à l’environnement ecclésial, liturgique et funéraire dans lequel elle s’inscrit, doit ainsi pouvoir être envisagée en tant qu’« objet de mémoire » à part entière.

RESUM
En els segles XI i XII, la sepultura episcopal és un suport de memòries creuades : la individual i personal del que hi és sepultat, però també, per raò de l’estatut particular del difunt, la de l’Església que dirigia i encarnava en la seva vida. Com a interfície entre el mort i la comunitat dels vius (que en aquest cas inclou potencialment el conjunt del clergat i dels fidels de la diòcesi), és possible reconèixer-hi diferents fromes i graus d’expressió de la recordança, a la vegada en els elements visibles i invisibles que la constitueixen. La sepultura epuiscopal, considerada en relació amb l’entorn eclesial, litúrgic i funerari en el qual s’inscriu, s’ha de conpemplar com un objecte de memòria en sentit propi.

ABSTRACT
During the 11th and 12th centuries, the episcopal tomb is the support of different sorts of memories : both the individual and personal memory of the one it shelters, and at the same time, in relation to the particular status of the deceased, the memory of the Church that he formerly directed and embodied during his life. As a genuine material interface between the dead and the community of the living - which, in this particular case, potentially includes the entire clergy as well as the faithful of the diocese - it is possible to recognize different forms and degrees of expression of remembrance in both visible and invisible elements that constitute it. The Bishop’s tomb, considered together with the ecclesial, liturgical and funerary environment in which it takes part, can thus be regarded as a proper « object of memoria ».



Stefania BABBONI
La sépulture de Obertus de Placentini dans la basilique de San Savino

RÉSUMÉ
L’analyse des sépultures de l’église de San Savino à Piacenza permet de dire avec confiance que le complexe est construit selon un usage répandu, sur une zone déjà occupée par une nécropole romaine, encore en usage, à l’extrémité orientale de ville. Comme souvent avec des zones funéraires qui bordent les chemins sortant des cités antiques, ce secteur, et avec lui le monastère bénédictin voisin, devient un centre important pour le développement du tissu de la cité médiévale, transformant les environs de suburbio a vicinia, de périphérie en quartier urbain. La découverte d’une colonne funéraire inédite, sur le côté nord du cloître, avec une inscription attribuée à une personne vivant dans les premières décennies du XIIe siècle, Obertus de Placentini, a ensuite permis de préciser la datation d’un bâtiment au centre du débat critique sur l’origine de l’architecture romane lombarde, depuis 1978 et la monographie de Roberto Salvini.

RESUM
L’anàlisi de les sepultures de l’església de San Savino a Piacenza permet afirmar amb certesa que el complex va ser construït segons una pràctica estesa, a una zona ja ocupada per una necròpolis romana, encara en ús, a l’extrem oriental de la vila. Com passa sovint amb les zones d’enterrament que voregen els camins sortint de les ciutats en època antiga, aquest sector, i amb ell la basílica saviniana, esdevé un centre important per al desenvolupament del teixit de la ciutat medieval, transformant els entorns de suburbio a vicinia, de perifèria a barri urbà. La descoberta d’una columna funerària inèdita, al costat nord del claustre, amb una inscripció atribuïda a una persona que va viure en les primers dècades del segle XII, Obertus de Plancentini, ha permès de precisar la datació d’un edifici que es troba enmig del debat crític sobre l’origen de l’arquitectura romànica lombarda, des del 1978 i la publicació de la monografia de Roberto Salvini.

ABSTRACT
The analysis of the burials that characterize the church of San Savino in Piacenza allowed to say with confidence that the complex is built according to a widespread use, an area already occupied by a Roman necropolis where he still insists on the eastern end of city. As often happens with burial areas that border the evacuation routes in ancient times also the basilica saviniana becomes an important focal point for the development of the city’s medieval fabric of settlements and the Benedictine monastery built alongside it, so as to transform the surrounding area from suburbio to vicinia. The discovery of an unpublished column-tomb, once directly overlooking the northern side of the cloister, with an inscription attributed to a person lived within the first decades of the twelfth century, Obertus de Placentini, allowed to clarify the timing of a building that is critical in the debate on the origin of Lombard Romanesque architecture, the subject of a historical monograph written by Roberto Salvini in 1978.

RIASSUNTO
L’analisi delle sepolture che caratterizzano la basilica di San Savino a Piacenza ha consentito di affermare con sicurezza che il complesso è sorto, secondo un uso diffuso, su un’area già occupata da una necropoli romana dove tuttora insiste, all’estremità orientale della città. Come spesso accade per le aree sepolcrali che bordano le vie d’uscita in periodo antico, anche la basilica saviniana diviene un importante polo di aggregazione per lo sviluppo del tessuto insediativo della città medioevale, e con essa il monastero benedettino sortole accanto, tanto da trasformare l’area circostante da suburbio a vicinia. Il ritrovamento di un’inedita colonna-sepolcro, un tempo direttamente affacciata sul fianco settentrionale del chiostro, recante un’iscrizione riconducibile ad un personaggio vissuto entro i primi decenni del XII secolo, Obertus de Placentini, ha poi consentito di chiarire i tempi di un edificio al centro del dibattito critico sull’origine del romanico lombardo, oggetto di una storica monografia scritta da Roberto Salvini nel 1978.



Maria Lluïsa QUETGLES ROCA
Les deux sculpteurs du sarcophage de Doña Sancha

RÉSUMÉ
Le sarcophage de Doña Sancha a suscité un grand intérêt, au moins dès le début du XVIIe siècle, tel que le démontre le sermon funèbre prononcé en 1622, lors du transfert a sa localisation actuelle. Au dernier siècle il a mérité un article d’A. K. Porter (1924) et, surtout, la thèse doctorale de D. L. Simon (1977), tout à fait indispensable, parce que l’auteur, après un bilan historiographique précieux, démontre que deux ateliers travaillèrent simultanément sur ce sarcophage. L’auteur ne fait pas une attribution précise des deux faces mineures, mais c’est justement grâce à elles que l’on peut, dans cet article, déterminer la zone d’action de chaque sculpteur du sarcophage. Au-delà de ces faits, cet article veut poser les bases pour une lecture iconographique renouvelée par une approche historique et politique qui fait de la comtesse Doña Sancha la commanditaire de son propre sarcophage.

RESUM
El sarcòfag de Doña Sancha ha suscitat sempre un gran interès, almenys des del principi del segle XVII, tal com ho mostra el sermó fúnebre pronunciat el 1622, en ocasió del trasllat a la localització actual. El segle passat fou l’objecte especialment d’un article de A. K. Porter (1922) i de la tesi doctoral de D. L. Simon (1977), indispensable perquè, després d’un valuós balanç historiogràfic, demostrà que dos tallers varen treballar-hi simultàniament. Tanmateix l’autor no fa una atribució precisa dels dos costats menors, però és precisament gràcies a ells que, en aquest article, podem determinar la zona d’acció de cada un dels dos esculptors. Més enllà d’aquest fet, aquest article vol posar les bases per a una lectura iconogràfica nova d’aquesta obra en clau històrica i política, tot situant la mateixa comtessa Doña Sancha com a comitent del seu propi sarcòfag.

ABSTRACT
The sarcophagus of Doña Sancha has deserved much interest, at least since the beginning of XVII c., as it shows the sermon pronounced in 1622, when it was translated into its present location. In the last century, it was above all the subject of an article by A. K. Porter (1924) and the doctoral thesis by D. L. Simon (1977), indispensable by the historiographical account and the demonstration of two workshops having worked together on the monument. The author does not make a clear attribution of the two minor faces, but it is just because of them that it is possible, in this article, to determine the zone of action of each sculptor.Beyond these facts, this paper lays the foundations of a new iconographic interpretation from an historical and political approach, as Doña Sancha herself might have commissioned her own sarcophagus.



Guillaume GRILLON
Les plates-tombes bourguignonnes : la constitution d’un modèle (XIIe-XIIIe siècles)

RÉSUMÉ
Le monument funéraire médiéval n’est au départ qu’une simple lame de pierre grossièrement rectangulaire et anthropomorphique sur laquelle la croix occupe une place importante. Cependant, on assiste assez rapidement à une personnalisation de la plate-tombe. Des éléments marqueurs apparaissent aux côtés ou à la place de la croix et on commence à faire figurer du texte sur le monument même. En Bourgogne, c’est au milieu du XIIIe siècle que la plate-tombe médiévale se normalise, dans sa forme comme dans sa fonction, avec la représentation du portrait en pied du défunt, associée à une inscription funéraire. En l’espace d’un siècle, le souci du salut de l’âme, qui était le principal argument pour se faire enterrer dans l’église, se trouve rattrapé par le besoin de laisser dans la pierre la trace de son passage sur terre. À la commémoration spirituelle s’adjoint donc une commémoration plus temporelle.

RESUM
El monument funerari medieval, als inicis, no és més que una simple làpida de pedra toscament rectangular i antropomòrfica sobre la qual la creu ocupa un lloc important. Això no obstant, s’observa bastant ràpidament una personalització de la làpida. Apareixen elements que ho indiquen als costats o al lloc de la creu i es comencen a inscriure textos sobre el monument. A Borgonya, és a mitjans del segle XIII que la làpida funerària medieval es normalitza, en la seva forma i en la seva funció, amb la representació del retrat del difunt de cos sencer, associada a una inscripció funerària. En l’espai d’un segle, la preocupació per la salvació de l’ànima, que era la principal motivació per a fer-se enterrar a l’església, acaba coexistint també amb la necessitat del difunt de deixar en la pedra el record del seu pas per la terra. A la commemoració espiritual s’hi afegeix, d’aquesta manera, una commemoració més temporal.

ABSTRACT
The medieval burial monument is initially a simple stone blade, roughly rectangular and anthropomorphic, on which the cross tooks a prominent place. However, there is quite a rapid customization of the burial stone. Markers elements appear alongside or instead of the cross and people start to include text on the monument itself. In Burgundy, in the middle of the thirteenth century the medieval burial stone turns into normalized form and function, with the representation of the portrait of the deceased, associated with funerary inscription. Within a century, concern for the salvation of the soul, which was the main argument to be buried in the church, is overtaken by the need to leave on the stone in the signs of his time on earth. At the spiritual commemorating enlisted therefore a more memorial one.



Marc SUREDA i JUBANY
In memoria eterna erit justus. Art, liturgie et mémoire au tombeau de Guillem de Montgrí (†1273)

RÉSUMÉ
Guillem de Montgrí (1195-1273), sacristain majeur de la cathédrale de Gérone et archévêque élu de Tarragone, conquérant des Pitiüses, fut l’un des personnages les plus importants de tout le xiiie siècle en Catalogne. Dans son mémorial funéraire, qui a pu être reconstitué graphiquement, son tombeau gothique à gisant et enfeu - peut-être le plus ancien de ce type en Catalogne - était placé à côté de la porte d’accès au cloître, à son tour monumentalisée et dotée d’une remarquable élaboration iconographique. L’ensemble, oeuvre du maître Bartomeu, était un un point fort dans les parcours liturgiques et en même temps un excellent scénario pour la commémoration collective du défunt, dont les documents nous renseignent. Le monument se trouvait dans une position « charnière » dans le cadre de la cathédrale, entre l’usage et la topographie funéraire ancienne, une nouvelle expression artistique et le chemin vers la formule destinée au succès quelques années plus tard : la chapelle funéraire gothique.

RESUM
Guillem de Montgrí (1195-1273), sagristà major de la catedral de Girona i arquebisbe electe de Tarragona, conqueridor de les Pitiüses, fou un dels personatges més importants de tot el segle xiii a Catalunya. Al seu monument funerari, que ha pogut ser reconstruït gràficament, la seva tomba gòtica amb estàtua jacent i dins un arcosoli - potser la més antiga d’aquest tipus a Catalunya - estava situada al costat de la porta d’accés al claustre, al seu torn monumentalitzada i dotada d’una notable elaboració iconogràfica. El conjunt, obra del mestre Bartomeu, va ser un punt fort de les circulacions litúrgiques i a la vegada un escenari excel.lent per a la commemoració col.lectiva del difunt, que coneixem gràcies a la documentació. El monument es trobava en una posició "xarnera" en el marc de la catedral, entre els usos i la topografia funerària antigues, una nova expressió artística i el camí vers la fórmula destinada a l’èxit al cap d’uns anys: la capella funerària gòtica.

ABSTRACT
Guillem de Montgrí (1195-1273), high sacristan of Girona cathedral and elected archbishop of Tarragona, conqueror of the Pitiüse Islands, was one of the most important figures in the 13th century in Catalonia. At his funerary monument, virtually reconstructed, his gothic tomb with gisant and enfeu - perhaps the most ancient of this type in Catalonia - was placed beside the doorway to the cloister, which was also monumentalized and provided with an outstanding iconographical reflection. The ensemble, a work by mestre Bartomeu, was a high point of liturgical circulations as well as an excellent stage for the collective commemoration of the deceased, which we know through the documents. The monument was in a kind of turning point in the context of the cathedral, between the ancient usages and funerary topography, a new artistical expression and the way towards the formula that would become successful in some years: the gothic funerary chapel.



Jacqueline LECLERCQ-MARX
Les monuments funéraires du nord de l’Europe aux XIe-XIIe siècles. L’exception scandinave

RÉSUMÉ
Les monuments funéraires scandinaves du XIe siècle, présentent des spécificités à ce point marquées par rapport à ceux qui furent réalisés au même moment dans le reste de l’Europe, qu’on peut véritablement parler d’« exception ». Quant à ceux, de style roman qui leur ont succédé, ils présentent des caractéristiques qui les distinguent encore des autres productions, même s’ils s’en rapprochent à bien des égards. Par ailleurs, si l’épigraphie y tient souvent une place de choix, formes, styles et matériaux diffèrent notablement selon les lieux et les ateliers de sculpture. L’étude conjointe de ces deux catégories de monuments, permet notamment de voir comment le christianisme s’est accommodé de certaines traditions régionales en matière funéraire, avant d’en susciter de nouvelles, plus en accord avec les siennes. Elle donne aussi à voir la grande variété de formes des tombeaux, et l’étonnant syncrétisme iconographique dont témoignent les monuments du XIe siècle, ainsi que la perméabilité de la sculpture romane aux influences de l’extérieur - ce qui ne l’empêche pas d’entretenir avec son passé des liens subtils.

RESUM
Els monuments funeraris escandinaus del segle XI presenten marcades especificitats amb relació amb els que foren realitzats en el mateix moment a la resta d’Europa, fins al punt que es pot parlar veritablement d’« excepció ». Pel que fa als monuments d’estil romànic que els succeïren, encara presenten característiques que els distingeixen de les altres produccions, tot i que s’hi acosten en molts aspectes. A més a més, si l’epigrafia hi té sovint un lloc preferent, formes, estils i materials difereixen notablement segons els llocs i els tallers d’escultura. L’estudi conjunt d’aquestes dues categories de monuments, permet sobretot veure com el cristianisme s’ha acomodat amb certes tradicions locals en matèria funerària, abans de suscitar-ne de noves, més d’acord amb les seves. També ens permet veure la gran varietat de formes de les tombes, i el sorprenent sincretisme iconogràfic com ho demostren els monuments del segle XI, així com la permeabilitat de l’escultura romànica a les influències de l’exterior - però això no li va impedir de mantenir lligams subtils amb el seu passat.

ABSTRACT
Scandinavian funerary monuments of the eleventh century have specific characteristics so marked compared to those which were carried out simultaneously in the rest of Europe, that we can truly speak of «exception «. As for those Romanesque style which succeeded them, they have characteristics that yet distinguish them from other productions, even if they come closer in many respects. Furthermore, although epigraphy tooks on they a relevant place, shapes, styles and materials differ significantly across locations and sculpture workshops. The joint study of these two categories of monuments, notably allows to see how Christianity has accommodated some regional traditions regarding burial, before generating new, more in tune with his one traditions. It also lets us see the great variety of tomb shapes, and the astonishing iconographic syncretism evidenced by the monuments of the eleventh century, and the permeability of Romanesque sculpture to influences from outside - but that did not stop him keeping subtle ties with his past.



Marie-Pasquine SUBES
Autour de la représentation des funérailles : confrontation de sources iconographiques et liturgiques

RÉSUMÉ
Cette contribution s’appuie sur l’observation de bas-reliefs qui ornent l’extérieur de la cathédrale Saint-Jean de perpignan, remarquables non seulement par leur disposition sur la muraille mais aussi par leur représentation précise des funérailles. À partir de ces oeuvres, nous proposons des recherches qui visent à réunir des images du XIIe et XIIIe siècle représentant le mort et plus spécialement ses funérailles, et ce que nous pouvons savoir de la liturgie correspondante. Le propos se divise en deux parties : une première sur les sources liturgiques proprement dites ; la deuxième partie s’attache à l’analyse d’images retraçant des funérailles, en essayant de montrer l’évolution au cours du XIIIe s. qui conduit à des représentations très « ritualisées » et plus spécialement à celle de l’absoute.

RESUM
Aquesta contribució es recolza en l’observació de baix relleus que decoren l’exterior de la catedral de Saint-Jean de Perpinyà, remarcables no només per la seva disposició en el mur, sinó també per la seva precisa representació dels funerals. A partir d’aquestes obres, proposem recerques per a reunir les imatges dels segles XII i XIII amb representacions de la mort i, més específicament, els funerals, i el que podem saber de la corresponent litúrgia. L’objectiu es divideix en dues parts: una primera sobre les fonts litúrgiques pròpiament dites; i la segona part es basa en l’anàlisi de les imatges que mostren els funerals, per intentar mostrar l’evolució al llarg del segle XIII que porta a representacions molt «ritualitzades» i més específicament la de l’absolució.

ABSTRACT
This contribution is based on the observation of bas-reliefs which decorate the outside of Saint Jean’s cathedral in Perpignan, remarkable not only by their arrangement on the wall but also by their precise representation of funerals. From these works, we propose research aimed at gathering XIIth and XIIIth century images representing the dead, and more specifically their funerals, and what we can know about the corresponding liturgy. The theme can be divided into two parts : the first one on the liturgical sources themselves ; the second part is based on the analysis of images recounting funerals, by trying to show the evolution during the XIIIth century which leads to a very ritualised representation and more specifically to that of the absolution.