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LES CAHIERS DE SAINT-MICHEL DE CUXA
Sommaires
Année
2009, n° 40
Le monde d’Oliba.
Arts et culture en Catalogne et en Occident
(1008-1046)
Michel ZiMMERMANN
Sur la terre comme au ciel : la paix chrétienne. Oliba (1008-1046), pacificateur et guide des âmes
Ramon ORDEIG i MATA
La documentació del monestir de Cuixà referent a Oliba i als anys del seu abadiat
Pascale BOURGAIN
La personnalité littéraire d’Oliba
Lettre-sermon du moine Garsias de Cuxa à l’abbé Oliba
Traduction Daniel CODINA, Pascale BOURGAIN et Marianne BESSEYRE
Éric PALAZZO
Liturgie et symbolisme de l’espace rituel au temps d’Oliba
Gabriel MARTINEZ-GROS
L’interprétation des campagnes d’al-Mansûr contre l’Espagne chrétienne
Mercè VILADRICH
La transmission des idées scientifiques et astrologiques d’origine arabe dans la Marca Hispanica au temps de l’abbé Oliba : vieilles idées et questions nouvelles
Milagros GUARDIA
L’héritage d’Oliba de Ripoll dans l’art roman d’Aragon
Éliane VERGNOLLE
Saint-Martin du Canigou. L’église du XIe siècle.
Manuel Antonio CASTIÑEIRAS GONZÁLEZ
Le nouveau Testament de la Bible de Ripoll et les traditions anciennes de l’iconographie chrétienne : du scriptorium de l’abbé Oliba à la peinture romane sur bois
Andreina CONTESSA
L’iconographie des cycles de Daniel et d’Ézéchiel dans les Bibles catalanes: présence divine et vision de l’invisible
Xavier BARRAL i ALTET
Culture visuelle et réflexion architecturale au début du XIe siècle: les voyages de l’abbé-évêque Oliba (1ère partie : Les premiers voyages, avant l’itinéraire vers Rome)
Carme SUBIRANAS
Les églises de Vic au temps de l’évêque Oliba, Santa Maria la Rodona
Immaculada LORÉS et Carles MANCHO
Hec domus est sancta quam fecit domnus Oliva : Santa Maria de Ripoll
Marc SUREDA i JUBANY
Architecture autour d’Oliba. le massif occidental de la cathédrale romane de Gérone
Javier MARTÍNEZ DE AGUIRRE
L’art au temps de Sancho III el Mayor : Leire
Marco ROSSI
Les patronages d’Ariberto da Intimiano et la peinture lombarde au début du XIe siècle
Carolyn Marino MALONE
Saint-Bénigne de Dijon: le programme des dédicaces de la rotonde
Jordi CAMPS i SORIA
Le décor de l’église d’Artés: un reflet tardif de la tradition sculptée du XIe siècle en Catalogne
Bénédicte PALAZZO-BERTHOLON
le décor de stuc autour de l’an mil: aspects techniques d’une production artistique disparue
Bérangère ROCHE
Saint-André de Sorède: la redécouverte d’une abbaye grâce à un manuscrit
Sandrine JUNCA
Des peintures murales médiévales méconnues dans des églises de l’Aude et de l’Hérault
Joan DURAN-PORTA
Les cryptes monumentales dans la Catalogne d’Oliba. De Sant Pere de Rodes à la diffusion du modèle de crypte à salle
Marie-Claire ZIMMERMANN
La construction du mythe d’Oliba au XIXe siècle : Canigó, de Jacint Verdaguer (1886)
Michel ZIMMERMANN
Conclusions
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Résumés
Michel ZiMMERMANN
Sur la terre comme au ciel : la paix chrétienne. Oliba (1008-1046), pacificateur et guide des âmes
RÉSUMÉ
Oliba, abbé de Santa Maria de Ripoll et de Saint-Michel de Cuxa, évêque de Vic, est considéré comme une figure importante de l’histoire catalane, et en particulier comme la personnalité majeure de la première moitié du XIe siècle, époque de grand désordre et de violence généralisée liée à la genèse de la société féodale, mais en même temps période déterminante dans la formation de la Catalogne. L’étude de l’oeuvre et de la personnalité d’Oliba a été entreprise depuis longtemps et par des historiens de premier plan, mais les ouvrages qui lui sont consacrés sont souvent encombrés d’éloges hyperboliques confinant à l’hagiographie ou guidés par d’anachroniques perspectives nationalistes. Or la documentation relative à Oliba est réduite. À défaut de révélations nouvelles, nous devrons nous contenter de replacer Oliba, non seulement dans son temps et dans sa condition sociale d’aristocrate qui le rend partie prenante des débats et des luttes de pouvoir qui marquent la société contemporaine mais dans sa situation d’homme d’Église, sa double situation d’abbé et d’évêque, confronté à des circonstances difficiles tant dans l’accomplissement de sa tâche pastorale que dans la direction de ses communautés monastiques.
RESUM
Oliba, abat de Santa Maria de Ripoll i de Sant Miquel de Cuixà, bisbe de Vic, és considerat com una figura important de la història catalana, i en particular com la personalitat major de la primera meitat del segle XI, època de grand esordre i de violència generalitzada lligada a la gènesi de la societat feudal, però al mateix temps període determinant en la formació de Catalunya. L’estudi de l’obra i de la personalitat d’Oliba ha estat dut a terme des de fa molt temps i per historiadors de primera línia, però les obres que li han estat dedicades sovint són curulles d’elogis hiperbòlics ratllant amb l’hagiografia o guiades per anacròniques perspectives nacionalistes. Ara bé, la documentació relativa a Oliba és reduïda. En absència de noves revelacions, haurem d’acontentar‑nos amb resituar Oliba, no només en el seu temps i en la seva condició social d’aristòcrata, que l’implica en els debats i lluites de poder que caracteritzen la societat contemporània, sinó també en la seva situació d’home d’església, la seva doble situació d’abat i bisbe, confrontat a circumstàncies difícils tant en el compliment de la seva tasca pastoral com en la direcció de les seves comunitats monàstiques.
ABSTRACT
Oliba, abbot of Santa Maria de Ripoll and Saint‑Michel de Cuxa, bishop of Vic, is regarded as an important figure in the Catalan history, especially as the principal person of the first half of the eleventh century, a time of great disorder and violence related to the genesis of feudal society, but at the same time the determining period in the formation of Catalonia. The study of the work and personality of Oliba has long been undertaken by leading historians, but the books that are devoted to him are often cluttered with hyperbolic praise confining the hagiography or guided by anachronistic nationalist perspectives. Yet documentation on Oliba is reduced. In the absence of new revelations, we must put Oliba, not only in his time and social condition of aristocrat, who involve him in the debates and power struggles in his contemporary society, but also in its situation of churchman, his dual position of abbot and bishop, faced with difficult circumstances as in the performance of his pastoral work that in the direction of its monastic communities.
Ramon ORDEIG i MATA
La documentació del monestir de Cuixà referent a Oliba i als anys del seu abadiat
RÉSUMÉ
Dans une première partie sont présentés les documents du monastère de Cuxa des années 1008‑1046, dont 31 se rapportant à Oliba comme abbé de Cuxa et 48 autres sans référence explicite à lui. Un seul est un original. Huit autres documents sont examinés, provenant d’autres fonds ainsi que 4 documents posthumes. Dans la deuxième partie sont analysés certains aspects du sermon du moine Garsias, rédigé pour l’anniversaire de la consécration de Saint‑Michel de Cuxa, du 28 septembre 975, veille de la fête de l’archange, bien que l’acte de dotation ait été accordé le 30. De la confrontation des données sur les chapelles du Pessèbre et de la Trinité avec la chronologie de Cuxa, on peut conclure qu’elles furent consacrées un 16 octobre, date qui ne correspond pas à celle du concile de Cuxa, tenu le 23 juin 1035, mais doit se rapporter à l’année 1040. L’analyse des reliques énumérées dans le sermon, montre que certains d’entre elles avaient été obtenues par Oliba en 1038 des mains de l’archevêque d’Arles. On devine aussi l’identité des trois corps saints ensevelis sous la chapelle du Pessèbre. La troisième partie présente d’autres sources médiévales, en particulier les Gesta de Pierre Orseolo, qui contient la notice de sa canonisation par Oliba, probablement le 12 avril 1027.
RESUM
En una primera part es presenten els documents del monestir de Cuixà dels anys 1008‑1046, 31 dels quals referents a Oliba com a abat de Cuixà i 48 més sense una referència explícita a la seva persona. Només un d’ells és original. S’examinen també 8 documents d’altres procedències i 4 documents pòstums. En una segona part s’analitzen alguns aspectes del sermó del monjo Garsies, redactat per a l’aniversari de la consagració de Sant Miquel de Cuixà, dedicada el 28 de setembre de 975, vigília de la festa de l’arcàngel, per bé que la dotalia fou atorgada el dia 30. De les dades sobre les capelles del Pessebre i de la Trinitat, confrontades amb les del calendari de Cuixà, es conclou que foren consagrades un 16 d’octubre, data que no es correspon pas amb la del concili de Cuixà, celebrat el 23 de juny de 1035, sinó que ha de ser de l’any 1040. De l’anàlisi de les relíquies enumerades en el sermó, es dedueix que algunes d’elles les havia obtingut Oliba l’any 1038 de mans de l’arquebisbe d’Arle. S’esbrina també la identitat dels tres cossos sants sebollits sota la capella del Pessebre. En la tercera part es presenten altres fonts medievals, especialment els Gesta de Pere Orsèol, que conté la notícia de la seva canonització per Oliba, probablement el 12 d’abril de 1027.
ABSTRACT
The first part presents the documents of the monastery of Cuxa of the years 1008‑1046, including 31 relating to Oliba as abbot of Cuxa and 48 others without explicit reference to him. One only is an original. Eight other documents are examined, from other funds and 4 documents posthumous. In the second part are analyzed some aspects of the monk Garsia’s sermon, written for the anniversary of the consecration of Saint‑Michel de Cuxa of 28 September 975, before the feast of the archangel, although the act of endowment has been granted on september the 30. By the data on the chapels of Pessebre and the Trinity faced with the chronology of Cuxa, we can conclude that the chapels were allocated at a 16th of October, a date that does not match that of the Council of Cuxa, held on 23 June 1035, but must relate to the year 1040. The analysis of the relics listed in the sermon, shows that some of them were obtained in 1038 by Oliba from the hands of the Archbishop of Arles. By these data we can also guess the identity of the three holy bodies buried in the chapel of Pessebre. The third part presents other medieval sources, in particular the Gesta of Peter Orseolo, which contain the record of his canonization by Oliba, probably on 12 April 1027.
Pascale BOURGAIN
La personnalité littéraire d’Oliba
RÉSUMÉ
Les écrits survivants d’Oliba ne sont pas nombreux, car nous dépendons de copies casuelles, avec une prédominance de textes commémoratifs. Ils le montrent parfaitement intégré dans les courants littéraires de son époque, hérités de la Renaissance carolingienne, avec la tendance à l’expressionnisme foisonnant caractéristique du XIe siècle. Lui‑même passe d’un certain maniérisme, proche du style herméneutique anglosaxon très admiré au Xe siècle, à un phrasé plus sobre, proche du style d’Aimoin à Fleury, qui repose faiblement sur la rime, plus nettement sur la récurrence répétitive de mots moteurs et les parallélismes de construction, surtout sur la valeur métaphorique et connotative de ces mots. Les deux derniers traits sont constitutifs de ce qui sera le grand style du XIIe siècle : Oliba a donc pleinement participé aux évolutions littéraires de l’époque, en les anticipant même.
RESUM
Els escrits conservats d’Oliba no són pas nombrosos, car depenem de còpies casuals, amb una predominància de textos commemoratius. Aquests el mostren perfectament integrat en els corrents literaris de la seva època, heretats del Renaixement carolingi, amb una tendència a l’expressionisme expansiu característica del segle XI. Ell mateix passa d’un cert manierisme, proper a l’estil hermenèutic anglosaxó tan admirat al segle X, a un fraseig més sobri, pròxim a l’estil d’Aimoin a Fleury, que reposa feblement en la rima, més clarament en la recurrència repetitiva a mots motors i en paral.lelismes de construcció, i sobretot en el valor metafòric i connotatiu d’aquestes paraules. Els dos darrers trets són constitutius del que serà el gran estil del segle XII. Oliba doncs va participar plenament de les evolucions literàries de l’època, fins i tot anticipant-les.
RIASSUNTO
Gli scritti sopravissuti di Oliba non sono numerosi, perché abbiamo soltanto copie fatte a caso, sopratutto di testi commemorativi. Questi scritti lo mostrano perfettamente integrato nei correnti letterari del tempo, con una tendenza verso l’espressionismo esuberante caratteristico del undicesimo secolo. Per lo più, Oliba passa di una specie di manierismo, abbastanza prossimo dello stile ermeneutico anglosassone, molto apprezzato nel decimo secolo, verso un’andatura più trattenuta, prossima dello stile di Aimoino di Fleury, che si appoggia poco sulla rima, più chiaramente sulla repetizione di parole motrici e su parallelismi di costruzione, assai sul valore metaforico e connotativo delle parole. Questi due ultimi tratti sarano costitutivi del grande stile nel dodicesimo secolo: dunque Oliba partecipa pienamente nelle grandi evoluzioni letterari del suo tempo, anzi anticipandone qualcune.
ABSTRACT
The remaining writings of Oliba are not many, because we depend on random copies, with a predominance of commemorative texts. They show him perfectly integrated in the literary currents of his time, inherited from the Carolingian Renaissance, with the eleventh century trend towards abounding expressionism. Himself goes from a mannerism close to the hermeneutic anglosaxon style much admired in the tenth century, to a more sober phrasing, close to the style of Aimoin of Fleury, who is less founded on the rhyme than on the recurrence of repetitive words and parallels constructions, especially on the metaphorical and connotative value of these words. The last two traits are constitutive of what will be the great style of the twelfth century: Oliba has fully participated in the literary evolutions of his time, even anticipating them.
Gabriel MARTINEZ-GROS
L’interprétation des campagnes d’al-Mansûr contre l’Espagne chrétienne
RÉSUMÉ
Les campagnes d’al‑Mansûr contre les royaumes chrétiens du nord de la péninsule, couronnées par la prise et l’incendie de Barcelone (985) et surtout de Saint‑Jacques de Compostelle (997), ont été décrites par les grands historiens d’al‑Andalus, Reinhart Dozy ou Evariste Lévi‑Provençal, comme des entreprises compensatrices de l’illégitimité originelle du pouvoir d’al‑Mansûr, ministre usurpateur et amant indélicat de la favorite de son maître défunt le calife al‑Hakam. La violence de ces expéditions, leur absence de résultats territoriaux concrets, le souci d’humilier la Chrétienté qui les inspirent relèveraient du même souci de justification de la dictature d’al‑Mansûr, qui aurait détourné contre l’Espagne chrétienne le ressentiment que son régime suscitait auprès des élites andalouses.
Sans nier ces explications, on en propose une autre, inspirée de la théorie d’Ibn Khaldûn. Comme ailleurs dans le monde islamique, le pouvoir andalou renouvelle au Xe siècle les forces qui le servent : on a repéré depuis longtemps le premier rang donné aux troupes berbères dans les forces d’al‑Mansûr. Mais les chrétiens du nord sont à peine moins présents. Les expéditions d’al‑Mansur en Espagne du nord, tout comme l’extension du contrôle andalou sur l’actuel Maroc à la même époque, sont des manières de se constituer des vassaux et d’engager des mercenaires. C’est ce qui explique que ces mêmes forces chrétiennes soient sollicitées par les protagonistes de la guerre civile andalouse dès qu’elle éclate. C’est aussi ce qui explique à long terme les liens étroits entre puissances chrétiennes et royaumes des taifas. En somme, ce sont les campagnes d’al‑Mansûr qui, en faisant entrer les royaumes chrétiens dans la mouvance andalouse, expliquent en partie les débuts de la Reconquête.
RESUM
Les campanyes d’al‑Mansûr contra els regnes cristians del nord de la península, coronats per la presa i l’incendi de Barcelona (985) i sobretot de Sant Jaume de Compostel·la (997), han estat descrites pels grans historiadors d’Al‑Andalus, Reinhart Dozy o Evariste Lévi‑Provençal, com a iniciatives compensadores de la il·legitimitat original del poder d’Al‑Mansûr, ministre usurpador i amant poc dissimulat de la favorita del seu amo difunt, el califa Al‑Hakam. La volència d’aquestes expedicions, la seva manca de resultats territorials concrets, el desig d’humiliar la Cristiandat que les inspirava manifestarien les pròpies preocupacions de justificació de la dictadura d’Al‑Mansûr, que hauria desviat contra l’Europa cristiana el ressentiment que el seu règim suscitava entre les elits andalusines. Sense negar aquestes explicacions, en proposem una altra, inspirada en la teoria d’Ibn Khaldûn. Com arreu en el món islàmic, el poder andalusí renova al segle X les forces que el sostenen : s’ha remarcat des de fa temps el paper protagonista que es donà a les tropes berebers dins les forces d’Al‑Mansûr. Però els cristians del nord a penes hi són menys presents. Les expedicions d’Al‑Mansûr al nord d’Espanya, de la mateixa manera que l’extensió del control andalusí sobre l’actual Marroc a la mateixa època, són maneres de guanyar vassalls i de proveir‑se de mercenaris. És aquest fet el que explica que les mateixes forces cristianes siguin sol·licitades pels protagonistes de la guerra civil andalusina d’ençà del mateix moment en què esclata. És també això el que explica a llarg termini els lligams estrets entre els poders cristians i els regnes de taifes. En resum, les campanyes d’al‑Mansûr, tot implicant els reialmes cristians dins les convulsions andalusines, expliquen en part els inicis de la Reconquesta.
ABSTRACT
An impressive and bloody string of victories, Al‑Mansûr’s military expeditions against Christian Spain (982‑1002) are generally assumed to be the bitter counterpart for the political weaknesses of an illegitimate regime. Devoid of any noticeable gain on the ground, those raids seem to be inspired by a calculated fanaticism and aimed at humiliating Christendom in order to justify al‑Mansûr’s dictatorship at home.Another explanation might be relevant, according to Ibn Khaldûn’s theory. Build up on a sharp distinction between controlled and disarmed subjects submitted to taxation on one side, uncontrolled and bellicose Bedouins on the other, the Muslim States govern through a certain amount of violence they get by diverting a steady stream of Bedouin forces into their own political and military structures. In Xth century Baghdad, Cairo or Cordoba, exhausted Arab forces are replaced by new thriving Bedouin tribes, Turks in the East, Berbers, Slavs or Christian Spaniards in the West. As a paradox, Al‑Mansûr’s policy actually leads to unify the peninsula, under his rule in a first time, to the advantage of his Christian militias as soon as his power crumbles. A move that paves the way to the Reconquista.
Mercè VILADRICH
La transmission des idées scientifiques et astrologiques d’origine arabe dans la Marca Hispanica au temps de l’abbé Oliba : vieilles idées et questions nouvelles
RÉSUMÉ
Ce travail a pour objectif de faire connaître certains apports récents sur l’introduction de la science et de l’astrologie arabes en Europe par l’intermédiaire de la Marca Hispanica. Nous posons une série de questions sur la validité des schémas interprétatifs que les historiens des sciences ont utilisés jusqu’à nos jours. Nous proposons de nouvelles hypothèses qui affectent la conception de la frontière supérieure d’al‑Andalus comme espace de relations humaines et d’échanges culturels, ainsi que des aspects concrets comme les opinions formulées jusqu’à maintenant sur l’astrolabe de Marcel Destombes. Pour finir nous réexaminons l’importante contribution de D. Juste qui est venue confirmer, au travers de l’étude des Alchandreana, l’introduction de textes astrologiques arabes qui viennent s’ajouter à d’autres transmissions déjà connues.
RESUM
Aquest treball té l’objectiu fer conèixer algunes aportacions recents sobre la introducció de la ciència i l’astrologia àrabs a Europa a través de la Marca. Plantejem un seguit de preguntes sobre la validesa dels esquemes interpretatius que fins aquí han utilitzat els historiadors de la ciència. Proposem noves hipòtesis que afecten la concepció de la frontera superior d’al‑Andalus com a espai de relació humana i d’intercanvis culturals, i aspectes concrets com ara les valoracions fins aquí formulades de l’astrolabi de Marcel Destombes. Finalment avaluem la important contribució de D. Juste que ha vingut a confirmar, mitjançant l’estudi dels Alchandreana, la introducció de textos astrològics àrabs que venen a sumar‑se a d’altres transmissions científiques ja conegudes.
ABSTRACT
The purpose of this paper is to review some recent contributions on the introduction of the Arabic science and astrology in Europe through Catalonia. We rise a series of questions about the validity of the interpretative outlines used by historians of science. We propose new hypotheses about the concept of the Andalusian frontier as an area where human relationships permitted cultural exchanges. We revise some appraisals formulated on the astrolabe of Marcel Destombes. Finally, we analyze the important contribution of D. Juste on the Alchandreana, which establishes the introduction of Arabic astrological texts, among other already known scientific exchanges.
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Milagros GUARDIA
L’héritage d’Oliba de Ripoll dans l’art roman d’Aragon
RÉSUMÉ
Cet article a pour objet de réexaminer les relations ‑ par ailleurs bien connues ‑ entre les personnalités les plus remarquables de la réforme monastique et liturgique que vivent les comtés catalans et le royaume de Navarre/Aragon au XIe siècle. L’abbé‑évêque Oliba, le roi Sanche de Navarre et Ponç de Tavèrnoles en sont les personnages plus emblématiques. Ainsi se révèle le réseau de contacts qui, en nous centrant sur la Ribagorça, permettent de comprendre les particularités de son premier art roman. Dans cette région ‑ véritable carrefour en raison de par sa situation géographique et par son histoire antérieure ‑, en relation avec les centres qui dépendaient du diocèse de Roda d’Isàvena, en particulier dans la Vall de Boí, nous pouvons constater la présence de modèles artistiques d’origine ripollaise qui sont la conséquence de ces premiers contacts qui se maintinrent tout au long du XIe siècle et pendant les premières décennies du XIIe siècle. Le décor peint de Sant Joan de Boí en est l’exemple le plus significatif.
RESUM
En aquest article es revisen les relacions ‑d’altra banda ben conegudes‑ entre les personalitats més destacades de la reforma monàstica i litúrgica que viuen els comtats catalans i el regne de Navarra/Aragó durant el segle xi. L’abat‑bisbe Oliba, el rei Sanç de Navarra i Ponç de Tavèrnoles en són els més destacats. Es posa de manifest, així, la xarxa de contactes que, tot centrant‑nos en la Ribagorça, permeten comprendre les particularitats del seu primer art romànic. En aquesta regió ‑ veritable cruïlla per la seva situació geogràfica i per la seva història anterior‑, i en relació als centres que depenien del bisbat de Roda d’Isàvena, en particular a la Vall de Boí, podem constatar la presència de models artístics d’origen ripollès que són la conseqüència d’aquests contactes primers que es varen mantenir al llarg del segle XI i durant les primeres dècades del segle XII. La decoració pictòrica de Sant Joan de Boí n’és l’exemple més significatiu.
ABSTRACT
This article aims to review the relationship ‑ by the way well known ‑ between the most remarkable personalities of the monastic and liturgical reform in the Catalan counties and the Kingdom of Navarre / Aragon during the eleventh century. Abbot‑Bishop Oliba, King Sancho of Navarre and Ponce of Tavèrnoles were those most iconic characters. So is the network of contacts, by focusing on Ribagorça, to understand the peculiarities of his first romanesque art. In this region ‑ a crossroads because of its geographical position and its previous history ‑ in connection with the centers that depended on the Diocese of Roda Isàvena, especially the Vall de Boí, we can see that the artistic models coming from Ripoll, as a consequence of these early contacts, were maintained throughout the eleventh century and the first decades of the twelfth century. The painted decoration of Sant Joan de Boí is the most significant exemple of these early contacts..
Éliane VERGNOLLE
Saint-Martin du Canigou. L’église du XIe siècle.
RÉSUMÉ
Les contraintes exercées par la topographie du site, un piton escarpé, expliquent sans nul doute les petites dimensions de l’église et certains des principaux aspects du parti architectural (superposition de deux basiliques dépourvues de transept, clocher latéral surmontant l’entrée du monastère). Le choix d’un édifice entièrement voûté traduit, pour sa part, des préoccupations qui, au début du XIe siècle, restaient exceptionnelles. Les graves problèmes rencontrés par l’architecte en cours de construction révèlent d’ailleurs ses tâtonnements techniques. Avant d’adopter pour les travées occidentales de l’église inférieure des piliers cruciformes, il fut, en effet, contrait de chemiser les trop fragiles colonnes monolithes des travées orientales, tandis que, dans l’église supérieure, il sacrifia l’éclairage au profit de l’équilibre de la voûte du vaisseau central. La consécration, le 10 novembre 1009 de l’église inférieure dédiée à la Vierge, de l’église supérieure dédiée à saint Martin et de la chapelle saint Michel située à l’étage du clocher, laisse supposer une construction peu ou prou achevée. L’adjonction, du côté sud du chevet, d’une petite chapelle destinée à recevoir les reliques de saint Gaudérique, arrivées à Saint‑Martin du Canigou vers 1012‑1013, tend à accréditer cette hypothèse (peut‑être est‑ce cette petite chapelle qui fut consacrée en 1014). L’adoption d’une technique de construction (petit appareil régulier) et d’un système décoratif (lésènes et petites arcatures aveugles) nouveaux en Catalogne témoigne de l’ouverture des constructeurs à un type d’architecture qui émergeait vers l’an mil dans une vaste zone comprise entre la vallée du Pô (Galliano, cathédrale d’Ivrée) et la partie orientale du duché de Bourgogne (Saint‑Vorles de Châtillon sur‑Seine, Saint‑Bénigne de Dijon).
RESUM
Els condicionaments de la topografia del lloc -un esperó escarpat- expliquen sense cap mena de dubte les petites dimensions de l’església i alguns dels principals aspectes de l’opció arquitectònica (sobreposició de dues basíliques sense transsepte, campanar lateral sobre l’entrada del monestir). La tria d’un edifici completament cobert amb volta tradueix, per la seva banda, preocupacions que, a l’inici del segle XI, eren excepcionals. Els greus problemes amb què es trobà l’arquitecte en el curs de la construcció revenel per altra banda els seus tempteigs tècnics. Abans d’adoptar pilars cruciformes per als trams occidentals de l’església, va haver en efecte de revestir les massa fràgils columnes monolítiques de les tramades orientals, alhora que, a l’església superior, va sacrificar la il.luminació en profit de l’equilibri de la volta a la nau central. La consagració el 10 de novembre de 1009 de l’església inferior dedicada a la Mare de Déu, de l’església superior dedicada a Sant Martí i de la capella de Sant Miquel situada al pis del cloquer permet suposar una construcció més o menys enllestida. L’afegitó, al sud de la capçalera, d’una petita capella destinada a acollir les relíquies de Sant Galderic, arribades a Sant Martí del Canigó vers 1012-1013, tendeix a acreditar aquesta hipòtesi (potser és aquesta petita capella la que va ser conagrada el 1014). L’adopció d’una tècnica de construcció (petit parament regular) i d’un sistema decoratiu (lesenes i petits arcs cecs) nou a Catalunya dóna testimoni de l’obertura dels constructors a un tipus d’arquitectura que emergia vers l’any 1000 d’una vasta zona compresa entre la call del Po (Galliano, catedral d’Ivrea) i la part oriental del ducat de Borgonya (Saint-Vorles de Châtillon sur-Seine, Saint-Bénigne de Dijon).
ABSTRACT
The church of Saint‑Martin du Canigou is situated above a steep escarpment. The constraints of the site explain both the small dimensions of the church and the distinctive aspects of its plan (one church built above another ‑ without transepts ‑ and a lateral bell tower at the entrance to the monastery). The decision to vault the buildings was precocious fot the beginning of the eleventh century. The irregularities of the vaults themselves suggest some hesitancy on the part of the architect. In the east end of the church he used monolithic columns but he was forced to replace the slender monolothic form with stronger cruciform piers in the western bays. In the upper church he sacrified light to assure the stability of the nave vaults. The consecration on november 1009 of the lower church to the Virgin, of the upper church to St. Martin and of the first store of the bell tower to St. Michael allows us to suppose that construction was more or less complete. The addition of a small chapel on the south side of the chevet that was intended for the relics of St. Gaudérique which arrived at Saint‑Martin du Canigou around 1012‑1013 supports this chronology (perhaps it was this little chapel that was consacrated in 1014). The adaptation of a new type of construction (regulary laid, rectangular petit appareil) and the decorative system (vertical bands and blind arcading), which was entirely new in Catalonia indicates that the church architect was fully aware of the new architectural forms that had emerged around the year 1000 in the territory that extended from the Pô valley (as for example Galliano and Ivrea cathedral) to the Duchy of Burgundy (as for example at Saint‑Vorles de Châtillon‑sut‑Seine or at Saint‑Bénigne, Dijon).
Manuel Antonio CASTIÑEIRAS GONZÁLEZ
Le nouveau Testament de la Bible de Ripoll et les traditions anciennes de l’iconographie chrétienne : du scriptorium de l’abbé Oliba à la peinture romane sur bois
RÉSUMÉ
Il reste encore beaucoup de questions à poser au sujet de la Bible de Ripoll (Vat. Lat. 5279), manuscrit enluminé réalisé sous le gouvernement de l’abbé Oliba (1008‑1046). D’un côté, la particularité du cycle figuratif du Nouveau Testament nous permet d’aborder des sujets aussi passionnants que celui de sa relation avec d’anciennes traditions de l’iconographie chrétienne, ou celui de la circulation des modèles à travers la Méditerranée durant le Haut Moyen Âge. D’un autre côté, cet ensemble d’images pose la question de sa possible relation avec la décoration monumentale de la basilique de Ripoll à l’époque d’Oliba ainsi que sa postérieure répercussion sur d’autres productions artistiques de l’abbaye au XIIe siècle, comme le portail monumental ou la peinture sur bois.
RESUM
Encara hi ha moltes preguntes sobre la Bíblia de Ripoll (Vat. lat. 5279), manuscrit il.luminat produït sota el govern de l’abat Oliba (1008-1046). D’una banda, el caràcter figuratiu cicle del Nou Testament ens permet abordar temes tan fascinants com la seva relació amb les antigues tradicions de la iconografia cristiana, o com la circulació dels models a la Mediterrània durant l’Alta Edat Mitjana. D’altra banda, aquest conjunt d’imatges es planteja la qüestió de la seva possible relació amb la monumental decoració de la basílica de Ripoll, en el moment d’Oliba i del seu posterior efecte en altres produccions a l’abadia en el segle XII, com la monumental porta o la pintura sobre fusta.
ABSTRACT
There are still many questions about the Bible of Ripoll (Vat. Lat. 5279), an illuminated manuscript produced under the government of the Abbot Oliba (1008-1046). On one hand, the characteristic figurative cycle of the New Testament allows us to tackle subjects as fascinating as its relationship with ancient traditions of Christian iconography, or as the traffic patterns across the Mediterranean during the first Middle Ages. On the other hand, this set of images raises the question of its possible relation with the monumental decoration of the basilica of Ripoll at the time of Oliba and its subsequent effect on other productions at the Abbey in the twelfth century, as the monumental gate or the painting on wood.
Andreina CONTESSA
L’iconographie des cycles de Daniel et d’Ézéchiel dans les Bibles catalanes: présence divine et vision de l’invisible
RÉSUMÉ
Les Bibles catalanes projetées et réalisées dans la première moitié du xie siècle à Ripoll sous le patronage de l’abbé Oliba présentent les cycles prophétiques les plus longs et les plus complexes de toutes les Bibles latines du moyen âges.
L’intérêt de ce répertoire narratif ne consiste pas seulement en son ampleur insolite, dont on trouvera difficilement un équivalent dans d’autres illustrations de la même époque ou d’époques différentes, mais dans le caractère éclectique des images. Cette hétérogénéité révèle l’énorme travail de recherche et de récolte des sources qui précéda la composition de ces deux Bibles, lorsque les moines de Ripoll réunirent, assemblèrent librement et réinterprétèrent, de manière originale, un vaste matériel iconographique, aujourd’hui en grande partie perdu, dont ne restent que les traces contenues dans ces deux Bibles monumentales. Les miniatures de ces Bibles, souvent simples et modestes, non colorées voire inachevées, trahissent, à un examen plus attentif, une complexité théologique particulière, fruit de la vivacité culturelle du milieu monastique qui les a engendrées. Elles reflètent en outre une approche de la liturgie, de la conception esthétique et de la vision architectonique du lieu sacré, propres de l’époque d’Oliba. Ces éléments émergent clairement de l’analyse détaillée des deux thèmes centraux des cycles prophétiques : la vision divine apparaissant au prophète, avec son riche bagage théologique et figuratif ; et la représentation de la présence divine dans sa demeure terrestre, le Temple de Jérusalem.
RESUM
Les bíblies catalanes projectades i realitzades dins la primera meitat del segle XI a Ripoll sota el patrocini de l’abat Oliba presenten els cicles profètics més llargs i més complexos de totes les Bíblies llatines medievals.
L’interès d’aquest repertori narratiu no consisteix només en la seva insòlita amplitud, per a la qual difícilment es trobarà un equivalent en altres il.lustracions de la mateixa època o d’èpoques diferents, sinó també en el caràcter eclèctic de les imatges. Aquesta heterogeneïtat revela l’enorme treball de recerca i recollida de fonts que va precedir la composició d’aquestes dues Bíblies, en el moment en què els monjos de Ripoll van reunir, combinar lliurement i reinterpretar de manera original un vast material iconogràfic, avui en gran part perdut, del qual no en resten més que les traces contingudes en aquestes dues Bíblies monumentals. Les miniatures d’aquestes Bíblies, sovint simples i modestes, no acolorides o fins i tot inacabades, traeixen sota una anàlisi més atenta una particular complexitat teològica, fruit de la vivacitat cultural del medi monàstic que les va engendrar. Reflecteixen a més una aproximació a la litúrgia, a la concepció estètica i a la visió arquitectònica del lloc sagrat pròpies de l’època d’Oliba. Aquests elements emergeixen clarament de l’anàlisi detallada dels temes centrals dels cicles profètics: la visió divina apareixent-se al profeta, amb el seu ric bagatge teològic i figuratiu, i la representació de la presència divina en el seu estatge terrestre, el Temple de Jerusalem.
ABSTRACT
Catalan bibles planned and carried out in the first half of the eleventh century at Ripoll under the patronage of the abbot Oliba present prophetic cycles which are the longest and most complex of all the Latin Bibles of the Middle Ages.
The interest of this narrative repertory is not only unusual in its magnitude, which has hardly an equivalent in other depictions of the same time or of different times, but also in the eclectic nature of the images. This reveals the enormous diversity of research and collection of sources that preceded the composition of these two Bibles, when Ripoll monks gathered and freely construed, with an original way, an extensive iconographic material, now largely lost, which no traces remain only in those two monumental Bibles. Thumbnails of these Bibles, often simple and modest, not colored or unfinished, betray, with a closer look, a particular theological complexity, the result of the cultural vitality of monastic environment that made them. They also reflect an approach to liturgy, to aesthetic idea and the architectural vision of the sacred place, peculiar to Oliba’s time. These elements emerge clearly from the detailed analysis of the two central themes of prophetic cycles: the vision of God appearing to the Prophet, with its wealthy theological and figurative content, and the representation of the divine presence in his terrestrial home, the Temple of Jerusalem.
Xavier BARRAL i ALTET
Culture visuelle et réflexion architecturale au début du XIe siècle: les voyages de l’abbé-évêque Oliba (1ère partie : Les premiers voyages, avant l’itinéraire vers Rome)
RÉSUMÉ
La culture visuelle de l’abbé‑évêque Oliba, menant à une réflexion architecturale et à la prise de décisions sur les édifices religieux dont il avait la charge, s’est nourrie de trois sources complémentaires : la culture locale appartenant à l’imaginaire collectif et aux réalités quotidiennes dans lesquelles Oliba avait baigné depuis son enfance ; les voyages à courte distance conduisant à des échanges locaux ; les voyages de plus longue durée au cours desquels Oliba pouvait entrer en contact avec des réalités architecturales d’un paysage monumental auxquelles il était étranger. Parmi ces derniers on doit souligner l’importance des déplacements italiens et romains. Au moins deux fois, lorsqu’il était encore seulement abbé, Oliba se rendit a Rome, en 1011 et 1016. Comme Sigéric de Canterbury et tous les grands voyageurs de son temps, Oliba visita les grandes basiliques romaines et fut certainement impressionné par les colonnes romaines historiées et par le format du Panthéon alors grand sanctuaire marial à plan centré.
RESUM
La cultura visual de l’abat i bisbe Oliba, que conduïa a una reflexió arquitectònica i a la presa de decisions sobre els edificis religiosos que estaven al seu càrrec, es va nodrid de tres fonts complementàries: la cultura local pertanyent a l’imaginari col.lectiu i a les realitats quotidianes en les quals Oliba estava submergit des de l’infantesa; els viatges a curta distància que duien a intercanvis locals; els viatges de més llarga durada en el curs dels quals Oliba pogué entrar en contacte amb realitats arquitectòniques d’un paisatge monumental que li era estrany. Entre aquests darrers cal subratllar la importància dels desplaçaments italians i romans. Almenys dos cops, quan era només abat, Oliba va anar a Roma, el 1011 i el 1016. Com Sigeric de Canterbury i tots els grans viatgers del seu temps, Oliba va visitar les grans basíliques romanes i quedà certament impressionat per les columnes romanes historiades i pel format del Panteó, llavors gran santuari marià de planta central.
ABSTRACT
The visual culture of the Abbot‑Bishop Oliba, leading to architectural thinking and making decisions on religious buildings under his charge, has been fed by three sources: 1. local culture in the collective imagination and the realities in which Oliba had bathed since his childhood, 2. travel a short distance, leading to local exchanges 3. trips of longer duration during which Oliba could get in touch with the realities of a landscape architectural monuments which he was abroad. Among these we must stress the importance of Roman and Italian travel. At least twice, when he was still only abbot, Oliba went to Rome in 1011 and 1016. As Sigeric of Canterbury and all the great travelers of his time, visited the Oliba major Roman basilicas and was certainly impressed by the Roman columns historiated format and then the Pantheon great Marian shrine in central plan.
Carme SUBIRANAS
Les églises de Vic au temps de l’évêque Oliba, Santa Maria la Rodona
RÉSUMÉ
Les vestiges de l’église de Santa Maria la Rodona de Vic furent mis au jour en 2004 à la suite des travaux de rénovation de la place de la Cathédrale. Malgré sa disparition en 1787, cette église a toujours été présente dans l’histoire et la mémoire des habitants de Vic, comme objet de nombreuses interprétations historiques. Malgré le mérite indubitable des études déjà réalisées, les données archéologiques obtenues pendant les fouilles ont permis d’éclairer certains points importants au sujet de de l’ancienne église, construite pour la première fois au Xe siècle, reconstruite par l’évêque Oliba au XIe siècle et encore reconstruite au XIIe siècle. Les données archéologiques contredisent donc certaines des interprétations antérieures qui montrent l’importance indubitable qu’ont maintenant les travaux archéologiques.
RESUM
Els vestigis de l’església de Santa Maria la Rodona de Vic foren posats al descobert l’any 2004 com a conseqüència de les obres de remodelació de la plaça de la Catedral. Malgrat la seva desaparició l’any 1787, aquesta església ha estat sempre present en la història i la memòria dels ciutadans de Vic, així com objecte de nombroses interpretacions històriques. Malgrat l’indubtable mèrit dels estudis realitzats, les dades arqueològiques obtingudes durant les excavacions han permès aclarir aspectes importants sobre l’antiga església, bastida per primera vegada al segle X, reconstruïda pel bisbe Oliba al segle XI i construïda de nou al segle XII. Les dades arqueològiques rebaten doncs alguns aspectes interpretatius anteriors que fan indubtable la transcendència esdevinguda dels treballs arqueològics.
ABSTRACT
The remains of the church of Santa Maria la Vic Rodona were uncovered in 2004 following the renovation of the place of the Cathedral. Despite its destruction in 1787, this church has always been present in history and memory of the inhabitants of Vic, as a subject of many interpretations of history. Despite the undoubted merit of studies already conducted, the data obtained during the archaeological excavations have helped to clarify some important points about the old church, built for the first time in the tenth century, rebuilt by the bishop Oliba in the eleventh century and rebuilt again in the twelfth century. The archaeological evidence thus contradicts some previous interpretations, these facts show the importance of the archaeological work now.
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Immaculada LORÉS et Carles MANCHO
Hec domus est sancta quam fecit domnus Oliva : Santa Maria de Ripoll
RÉSUMÉ
Comme toute légende celle de Ripoll a aussi des fondations solides. La démarche artistique de ce monastère a toujours été imaginée comme le parcours naturel dû à l’intuition des quelques grands hommes qui l’ont dirigée, avec Oliba en tête. Il n’y a pourtant rien de naturel soit dans cette démarche soit dans la manière dont celle‑ci nous est parvenue. Nous pouvons synthétiser très rapidement notre point de vue : l’histoire politique et culturelle de la Catalogne du XIXe siècle, à la recherche des symboles de la patrie, a « inventé » le mythe de Ripoll et son abbé le plus illustre, depuis on a toujours accepté que cette création historiciste faussait une réalité qui ne pouvait être démasquée qu’à partir de la recherche dans les sources historiques. À notre avis, le XIXe siècle a, effectivement, « inventé » le mythe de Ripoll mais dans le sens médiéval du mot, c’est‑à‑dire on y a « trouvé » un mythe déjà créé au XIIe siècle. De ce point de vue, donc, les documents deviennent, non plus une démonstration mais tout simplement une évidence d’un enjeu fortement politique. Dans cet article nous essayons de réviser et mettre en ordre le peu d’information objective qui nous est parvenue à la recherche du véritable monastère de Ripoll.
RESUM
Com tota llegenda, la de Ripoll té també fonaments sòlids. L’itinerari artístic d’aquest monestir ha estat sempre imaginat com un recorregut natural, atesa la intuïció d’alguns dels grans homes que el van dirigir, amb Oliba al capdavant. Tanmateix, no hi ha res de natural ni en l’itinerari ni en la manera com ens ha arribat. El nostre punt de vista el podem sintetitzar molt ràpidament. La història política i cultural de la Catalunya del segle XIX, a la recerca dels símbols de la pàtria, va "inventar" el mite de Ripoll i el seu abat més il·lustre, i des d’aquest moment sempre s’ha acceptat que aquesta creació historicista desfigurava una realitat que només podia ser desemmascarada amb la recerca en les fonts històriques. No obstant, el nostre parer és que el segle XIX va efectivament "inventar" el mite de Ripoll, però en el sentit medieval del terme, és a dir, va "trobar" un mite ja creat en el segle XII. D’aquest punt de vista, els documents en són una evidència, amb una càrrega clarament política. En aquest article intentem replantejar la recerca sobre el monestir de Ripoll, el veritable, tot revisant i reordenant la poca informació objectiva que ens ha arribat.
ABSTRACT
Like every legend, the one from Ripoll also has solid foundations. The artistic itinerary of the monastery has always been imagined as a natural route, thanks to the intuition of some of the great men who directed it, with Oliba at the head. Even so, there is nothing natural either in the itinerary or in the way it has come down to us. Our point of view can be summarized very quickly. The cultural and political history of Catalonia in the nineteenth century, in quest for the symbols of the motherland, "invented" the myth of Ripoll and its most illustrious abbot, and from that time it has always been accepted that this historicist creation distorted a reality that could only be unmasked with the research of historical sources. Nevertheless, our opinion is that the nineteenth century "invented" the myth of Ripoll, but in the medieval sense of the term, so to say, it "discovered" a myth that was created in the twelfth century. From this point of view, the documents are testimonies with a clear political significance. In this article we try to reconsider the research about the monastery of Ripoll, the real one, revising and reordering the small amount of objective information that has reached to us.
Marc SUREDA i JUBANY
Architecture autour d’Oliba. Le massif occidental de la cathédrale romane de Gérone
RÉSUMÉ
Pour caractériser le rôle artistique central joué dans l’architecture par l’abbé et évêque Oliba, on parle fréquemment des constructions qu’il avait promues lui‑même dans ses domaines monastique et épiscopal (Cuixà, Ripoll, Vic et son diocèse). Mais on évoque souvent aussi l’influence de sa personnalité artistique pour d’autres églises importantes du même contexte, telles que Sant Pere de Casserres, Sant Vicenç de Cardona ou Sant Pere de Rodes entre autres. L’architecture «olibienne» n’est plus aujourd’hui considérée aussi homogène qu’on le pensait il y a quelques années, et le manque de documents rend très difficile d’éclairer jusqu’à quel point l’avis ou le goût d’Oliba ont pu constituer des facteurs déterminants dans la conception des sanctuaires où il ne gouvernait pas directement.
Cette contribution concerne un de ces bâtiments. La cathédrale romane de Gérone (consacrée 1038) possédait un massif occidental, maintenant bien connu grâce aux fouilles archéologiques et aux textes (particulièrement liturgiques). Cette structure peut être mise en rapport avec un certain nombre de traits et de référents d’autres bâtiments dressés sous l’égide de l’abbé‑évêque. Cela, à côté des liens qu’il entretenait avec les commanditaires de l’édifice gironais, nous permet d’entrevoir les possibles voies d’influence du prélat dans l’un au moins des grands projets de l’architecture catalane de ce temps.
RESUM
Del protagonisme artístic de l’abat i bisbe Oliba se’n destaquen freqüentment les construccions que ell mateix promogué dins dels seus dominis monàstics o episcopals (Cuixà, Ripoll, Vic i diòcesi). Però ben sovint també s’evoca l’ascendència de la seva personalitat artística a l’hora d’estudiar altres esglésies rellevants del mateix context, com ara les de Sant Pere de Casserres, de Sant Vicenç de Cardona o de Sant Pere de Rodes, entre d’altres. L’arquitectura «olibana» ja no és avui considerada tan homogènia com fa uns anys, i la manca de documents fa molt difícil d’aclarir fins a quin punt el parer o el gust d’Oliba pogueren ser determinants en el disseny d’aquests altres temples situats fora del seu govern personal.
Aquesta contribució està dedicada a un d’aquests edificis. La seu romànica de Girona (dedicada 1038) posseïa un massís occidental, avui ben conegut gràcies a les excavacions arqueològiques i als textos (particularment litúrgics). Aquesta estructura pot ésser posada en relació amb certs trets i referents d’altres construccions dreçades sota l’ègida de l’abat i bisbe. Això, al costat de les relacions que mantenia amb els comanditaris de l’edifici gironí, permet intuir possibles vies de l’ascendència del prelat en, almenys, un dels grans projectes de l’arquitectura catalana coetània.
ABSTRACT
The major artistical role of the abbot and bishop Oliba is often featured through the citation of the architectural projects promoted by himself within his monastic or episcopal dominions (Cuixà, Ripoll, Vic and its diocesis). But the influence of his artistical personality is also evoked in the study of other important churches of the same context, so as those of Sant Pere de Casserres, Sant Vicenç de Cardona or Sant Pere de Rodes among others. The «oliban» architecture is now not any more conceived as being so homogeneous as it was some years ago, and the lack of documents makes it very difficult to know until which point the advise or the personal taste of Oliba could have been determinant in the design of those other sanctuaries which were not part of his government sphere.
This contribution is dedicated to one of these buildings. The romanesque cathedral of Girona (consacrated 1038) had a western massif, today quite well‑known thanks both to the archaeological excavations and texts (particularly liturgical). This structure can be put into relation with certain features and referents of other churches built under the promotion of the abbot and bishop. All this, together with the relationships hold by him and the promoters of the building of Girona, alloes us the intuition of possible ways of influence of the prelate on, at least, one of the great projects of the catalan architecture at that moment.
Javier MARTÍNEZ DE AGUIRRE
L’art au temps de Sancho III el Mayor : Leire
RÉSUMÉ
En 1057 eut lieu au monastère de Leire la consécration d’une oeuvre d’agrandissement de son église qui était novatrice par rapport à ce qui avait été jusque là construit dans le royaume de Pampelune. Malgré un parcours séculaire de souveraineté, le petit territoire gouverné par la dynastie Jimena ne s’était pas caractérisé par ses réalisations artistiques. Les bâtiments préromans sont modestes en termes de l’architecture et frustres pour la sculpture. Toutefois, à partir de Leire le royaume pyrénéen se joint à l’énorme effort de création que vit l’Europe de l’Ouest et offre des oeuvres de premier rang qui lui font une place importante dans l’histoire de l’art roman.
Vers 1030, sous le règne du roi Sancho el Mayor (1004‑1035) et sous l’abbé Sancho (1019‑1052), a commencé la nouvelle construction à Leire, consistant en l’agrandissement de l’église par la construction de la crypte et du chevet, qui signifièrent à la fois un effort et une nouveauté. Les circonstances de construction de Leire étaient trop exceptionnelles pour que le nouvel édifice provoque un renouveau de l’art de de la Navarre. Aucun autre bâtiment n’atteignait sa taille, ni ne disposait de ses ressources économiques. Toutefois, certains éléments employés dans l’abbaye ont laissé leur marque dans les environs.
RESUMEN
En el año 1057 tenía lugar en el monasterio de Leire la consagración de una ampliación de su iglesia que resultaba novedosa con relación a lo hasta entonces construido en el reino de Pamplona. Pese a contar con una secular trayectoria de soberanía, el reducido territorio gobernado por la dinastía Jimena no se había caracterizado por sus logros artísticos. Los edificios prerrománicos resultan modestos en lo arquitectónico y toscos en lo escultórico. Sin embargo, a partir de Leire el reino pirenaico se sumará al gran esfuerzo creativo vivido en Europa Occidental y aportará obras de primera categoría que le han otorgado un lugar significativo en las historias del arte románico.
Hacia 1030, en tiempos del rey Sancho el Mayor (1004‑1035) y del abad Sancho (1019‑1052), debió de iniciarse la nueva obra legerense, consistente en la ampliación de la antigua iglesia mediante la construcción de cripta y cabecera, que significaron a un tiempo esfuerzo y novedad. Las circunstancias de Leire fueron demasiado excepcionales como para que el nuevo templo provocara una renovación del arte navarro. Ningún otro edificio precisaba sus dimensiones, ni contaba con sus recursos económicos. Sin embargo, algunos elementos empleados en la abadía dejaron huella en el entorno.
ABSTRACT
In 1057 took place in the monastery of Leire the consecration of an expansion of its church that was innovative compared to what had previously been built in the kingdom of Pamplona. Despite a secular course of sovereignty, the small territory ruled by the dynasty Jimena was not characterized by its artistic achievements. Pre‑romanesque buildings were modest in terms of architecture and poor for the carving. However, since Leire the Pyrenean Kingdom joins the enormous creative effort that lived the Western Europe and offers leading works whitch provide to this kingdom an important place in the history of Romanesque art.Around 1030, during the reign of King Sancho el Mayor (1004‑1035) and under the Abbot Sancho (1019‑1052), started the new construction at Leire, consisting of an enlargement of the church by the construction of the crypt and the choir, which meant both effort and novelty. The circumstances of Leire construction were too exceptional as of the new building could cause a revival of the art of Navarre. No other building had its size, nor its economic resources. However, some elements used in the abbey have left their mark in the vicinity.
Marco ROSSI
Les patronages d’Ariberto da Intimiano et la peinture lombarde au début du XIe siècle
RÉSUMÉ
Le millénaire de la basilique de St Vincent à Galliano (2 juillet 1007) a permis d’entreprendre de nouvelles recherches sur la personnalité d’Ariberto da Intimiano, commanditaire de cette entreprise, avant d’être archevêque de Milan.
Son intervention à Galliano, comme gardien (custos) de la basilique et sous‑diacre de la cathédrale de Milan, s’insère dans le cadre des commandes, riches d’implications religieuses et politiques, réalisées pendant l’époque ottonienne. Le dessein d’Ariberto à Galliano comprenait la décoration entière de la basilique de St Vincent, y compris des murs de la nef, où il ferme certaines fenêtres pour rendre l’espace plus ample et y disposer des peintures murales. Il favorise la dimension hagiographique et narrative de l’espace ecclésial comme image de la cité céleste. Ariberto‑ à travers la translation de Adeodato, la construction de la crypte, le renouvellement du presbyterium et la décoration de l’église de St Vincent ‑ voulait suivre les traces d’Ambroise, fondateur de nouvelles basiliques, et des grands archevêques carolingiens comme Angilbert II. Les références de l’iconographie et du style des peintures murales de Galliano se trouvent dans l’art carolingien, par exemple l’autel en or de St Ambroise à Milan et les fresques de St Jean à Müstair. Il est possible aussi d’y retrouver des affinités avec les peintures apocalyptiques presque contemporaines du Baptistère de Novare et avec la Maiestas Domini de Prugiasco dans le Canton du Tessin, comme à St Sauveur à Barzanò, dans la basilique de Agliate et dans le sacellum de St Satire à Milan.
RESUM
El mil.lenari de la basílica de San Vicenzo in Galliano (2 de juliol de 1007) ha permès d’emprendre noves recerques sobre la personalitat d’Ariberto da Intimiano, comanditari d’aquesta iniciativa, abans de ser arquebisbe de Milà.
La seva intervenció a Galliano, com a guardià (custos) de la basílica i sotsdiaca de la catedral de Milà, s’insereix en el marc dels encàrrecs, rics en implicacions religioses i polítiques, realitzats durant l’època otoniana. El programa d’Ariberto a Galliano comprenia la decoració completa de la basílica de Sant Vicenç, inclosos els murs de la nau, on féu tancar diverses finestres per fer l’espai més ampli i disposar-hi pintures murals. Afavoria la dimensió hagiogràfica i narrativa de l’espai eclesial com a imatge de la ciutat celestial.Ariberto -a través de la translació d’Adeodato, la construcció de la cripta, la renovació del presbyterium i la decoració de l’església de Sant Vicenç- volia seguir els passos d’Ambròs, fundador de noves basíliques, i dels grans arquebisbes carolingis com Angilbert II. Les referències de la iconografia i de l’estil de les pintures muralls de Galliano es troben en l’art carolingi, per exemple l’altar d’or de Sant Ambròs a Milà i els frescos de Sant Joan de Müstair. També és possible de retrobar-hi afinitats amb les pintures apocalíptiques gairebé contemporànies del baptisteri de Novara i amb la Maiestas Domini de Prugiasco al cantó de Ticino (Suïssa), així com a Sant Salvador de Barzano, a la basílica d’Agliate o al sacellum de San Satiro a Milà.
ABSTRACT
The millennium of the Church of St Vincent in Galliano (2 July 1007) was a pretext to undertake further research on the personality of Ariberto da Intimiano, sponsor of this work before being Archbishop of Milan.
At Galliano his intervention, as custodian (custos) of the basilica and sub‑deacon of the cathedral of Milan, takes part into the commissions, rich in religious and political implications, made during the Ottonian period. The purpose of Ariberto in Galliano included whole decoration of the basilica of St Vincent, including the walls of the nave, where he closes some windows to make the area larger and to cover it with wall paintings. He promotes the hagiographic and narrative dimension of the church space as an image of the heavenly city.Ariberto ‑ through Adeodato’s translation, the construction of the crypt, the renewal of the presbyterium and the decoration of the church of St Vincent ‑ wanted to follow in the footsteps of Ambrose, founder of new basilicas, and of major archbishops as Carolingian Angilbert II. The references of the iconography and style of the wall paintings of the nave of Galliano are in Carolingian art, such as in the golden altar of St. Ambrose in Milan and in the frescoes of St John of Müstair. It is also possible to find affinities with the apocalyptic paintings, almost contemporary of the Baptistery of Novara and with the Maiestas Domini of Prugiasco in the Canton of Ticino, as in St Sauveur Barzanò, in the basilica of Agliata and in the sacellum of St Satire in Milan.
Carolyn Marino MALONE
Saint-Bénigne de Dijon: le programme des dédicaces de la rotonde
RÉSUMÉ
Les dédicaces de la rotonde de Saint‑Bénigne de Dijon (1001‑1018) et de ses autels articulent un programme qui constitue un chemin conduisant au salut chrétien par l’intermédiaire de l’Ecclesia; il progresse depuis le niveau inférieur dédié aux martyrs et confesseurs, à travers le niveau médian dédié à la Vierge et aux Apôtres (ces deux niveaux représentant l’église terrestre), jusqu’au niveau supérieur dédié à la Trinité et à saint Michel (l’église céleste). Bien qu’une progression similaire vers le salut chrétien soit figurée par les deux niveaux de la rotonde située à l’ouest de l’église de Saint‑Michel de Cuxa, où les sépulcres des martyrs et la chapelle de la Mère de Dieu et de la Nativité, en bas, représentent le mystère de l’Incarnation de l’église de la terre, et le niveau de la Trinité, en haut, représente l’église du Ciel, la rotonde de Saint‑Bénigne, grâce à ses trois niveaux et à son oculus, suggère avec encore plus de force le royaume céleste. Pour la première fois et peut‑être la seule, un autel dédié à la Trinité était placé au troisième niveau d’une église et était ceint d’une couronne de lumière « exceptionnelle » au point focal de l’église tout entière, telle que la décrit la chronique de Saint‑Bénigne (1058 et 1065). Grâce à ses trois niveaux et à son oculus, la rotonde de Saint‑Bénigne peut être interprétée comme un lieu pour la theosis.
RESUM
Les dedicacions de la rotonda de Saint-Bénigne de Dijon (1001-1018) i dels seus altars articulen un programa que constitueix un camí que mena a la salvació cristiana per la mediació de l’Ecclesia; progressa des del nivell inferior dedicat als màrtirs i als confessors, a través del nivell intermedi dedicat a la Mare de Déu i als Apòstols (aquests dos nivells en representació de l’Església terrestre), fins al nivell superior dedicat a la Trinitat i a Sant Miquel (l’Església celeste). Encara que una progressió similar cap a la salvació cristiana es trobi figurada en els dos nivells de la rotonda situada a l’oest de l’església de Sant Miquel de Cuixà, on els sepulcres dels màrtirs i la capella de la Mare de Déu i de la Nativitat, a sota, represwenten el misteri de l’Encarnació de l’Església de la terra, i el nivell de la Trinitat, a sobre, representa l’Església del Cel, la rotonda de Saint-Bénigne, gràcies als seus tres nivells i al seu oculus, suggereix encara amb més força el reialme celestial. Per primera i potser única vegada, un altar dedicat a la Trinitat era situat al tercer nivell d’una església i cenyit d’una corona de llum «excepcional» en el punt focal de tota l’esglèsia, tal com la descriu la Crònica de Saint-Bénigne (1058 i 1065). Gràcies als seus tres nivells i al seu oculus, la rotonda de Saint-Bénigne pot ser interpretada com un lloc per a la theosis.
ABSTRACT
The dedications of the rotunda of Saint‑Bénigne de Dijon (1001‑1018) and its altars establish a program which constitutes a path leading to salvation through the Church ; it progresses from the lower level dedicated to the martyrs and confessors, through the middle level dedicated to the Virgin and Apostles (these two levels referring to the earthly Church), up to the upper level dedicated to the Trinity and Saint Michel (the heavenly Church). Although a similar progression towards Christian salvation is indicated by the two levels of the rotunda situated to the west of the church of Saint‑Michel de Cuxa ,where the tombs of the martyrs and the chapel of the Mother of God and of the Nativity on the lower level represent the mystery of the Incarnation of the earthly Church, and the level of the Trinity above represents the heavenly Church, the rotunda of Saint‑Bénigne, because of its three levels and its oculus, suggests still more forcefully the heavenly kingdom. For the first, and perhaps the only time, an altar dedicated to the Trinity was placed on the third level of a church and was encircled by a crown of "shinning light" at the focal point of the entire church, as described in the chronicle of Saint‑Bénigne (1058 et 1065). Because of its three levels and its oculus, the rotunda of Saint‑Bénigne, can be interpreted as a site for theosis.
Jordi CAMPS i SORIA
Le décor de l’église d’Artés: un reflet tardif de la tradition sculptée du XIe siècle en Catalogne
RÉSUMÉ
De l’église romane de Santa Maria d’Artés (el Bages, Catalogne), on ne conserve qu’une partie de l’abside, de plan polygonal, qui contient les restes très significatifs d’un décor sculpté qui a été daté du XIe siècle. Ces fragments de décor présentent un relief plat, jouant sur les effets de contraste entre ombre et lumière, caractéristique de beaucoup d’ensembles de sculpture méridionaux du XIe siècle, et figurent des motifs végetaux taillés en biseau combinés avec des thèmes de bestiaire. Ces thèmes sont ceux qui donnent sa singularité à l’ensemble d’Artés, si on les compare avec quelques uns des exemples de sculpture les plus célèbres et les plus étudiés en Catalogne qui appartiennet aussi à cette époque. Selon les indices apportés par des fouilles archéologiques et par l’étude architecturale des vestiges, ces reliefs sont remployés dans l’abside, qui leur est postérieure, et datée de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe. Cette communication se propose de reprendre l’étude de ce monument, qui n’a été étudié ces dernières décennies qu’en quelques ocasions, et de le situer dans le contexte de la sculpture du XIe siècle, tant par rapport aux ensembles les plus importants que par rapport à d’autres qui restent plus isolés.
RESUM
De l’església romànica de Santa Maria d’Artés (el Bages, Catalunya) només es conserva part de l’absis, de planta poligonal, que conté restes molt significatives d’una decoració escultòrica datada al segle XI. Aquests fragments de decoració presenten un relleu pla, basat en els efectes de clarobscur, característic de molts conjunts d’escultura meridionals del segle XI, i contenen motius de caràcter vegetal tallats a bisell en combinació amb temes de bestiari. Són aquests els elements més característics i que atorguen singularitat al conjunt d’Artés, si es compara amb alguns dels conjunts d’escultura més estudiats i reconeguts del segle XI a Catalunya. Segons els indicis aportats per l’arqueologia i epr l’estudi de l’arquitectura, aquests relleus van ser reaprofitats en l’edifici posterior, i datat cap al final del segle XII o el començament del XIII. La comunicació pretén recuperar l’estudi d’aquest monument, tractat només en algunes ocasions durant les darreres dècades, i contextualitzar‑lo en el marc de l’escultura del segle XI, en base a la comparació amb els conjunts més coneguts i estudiats de l’època, i d’altres més aïllats.
ABSTRACT
From the romanesque church of Santa Maria d’Artés (el Bages, Catalonia), we only conserve a portion of the apse, of polygonal plan, which contains the remains of a very significant carved decoration which was dated eleventh century. These pieces of scenery, have a flat relief, playing on the effects of contrast between shadow and light, characteristic of many southern sets of sculpture of the eleventh century, and include plant motifs bevel carved combined with animal themes. These themes are those which give its uniqueness to the group of Artés, when compared with some examples of sculpture most famous and most studied in Catalonia, which belong to that era. According to evidence provided by archaeological excavations and the study of architectural remains, these reliefs are remploy in the apse, which is later, and dated from the late XIIth century or the beginning of the XIIIth. This paper proposes to resume the study of this monument, which has been studied in recent decades in some occasion, and to situate it in the context of the sculpture of the eleventh century, compared to the most important or to others who are more isolated.
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Bénédicte PALAZZO-BERTHOLON
le décor de stuc autour de l’an mil : aspects techniques d’une production artistique disparue
RÉSUMÉ
Le stuc constitue un élément à part entière du décor architectural, dont les témoignages sont rares, mais assez significatifs pour replacer cette production artistique dans le cadre plus large de l’art médiéval. Les récentes études techniques réalisées sur de nombreux vestiges permettent de dresser un état de la question sur les aspects jusqu’alors méconnus de leur production. Héritiers de la tradition romaine, les stucs médiévaux illustrent l’évolution progressive vers des formes diversifiées d’expression artistique qui s’accompagnent ‑ et c’est ce que nous proposons d’étudier ‑ de changements techniques notables tels que les matières premières employées, la composition du matériau et les techniques de mise en oeuvre. Nous tenterons ainsi d’expliquer quand et comment la fabrication du stuc évolue au cours du Moyen Age, dont le principal changement technique semble se produire autour de l’an mil, avec un éclairage plus particulier sur les décors de stuc catalans des XIe et XIIe siècles.
RESUM
L’estuc constitueix un element amb entitat pròpia dins de la decoració arquitectònica, els testimonis del qual són rars però prou significatius per resituar aquesta producció dins el marc més ampli de l’art medieval. Els estudis tècnics recents duts a terme sobre nombrosos vestigis permeten construir un estat de la qüestió sobre els aspectes fins ara mal coneguts de la seva producció. Hereus de la tradició romana, els estucs medievals il.lustren l’evolució progressiva vers formes diversificades d’expressió artística que s’acompanyen - i és el que ens proposem d’estudiar - de canvis tècnics notables tals com els que tenen a veure amb les primeres matèries utilitzades, la composició del material i les tècniques d’execució. Intentarem també d’explicar quan i com va evolucionar la fabricació de l’estuc al llarg de l’Edat Mitjana; sembla que el principal canvi tècnic es va produir pels volts de l’any mil.
ABSTRACT
The art of stucco constitutes an important element of architectural ornament with rare, but significant, remains that allow the integration of this artistic production into the larger framework of medieval art. Recent technical studies made on many archaeological remains permit presentation of aspects of this medium, hitherto unknown. Heir to the Roman tradition, medieval stuccoes exemplify a progressive evolution towards diversified forms of artistic expression. We propose to study the relevant technical modifications, such as the utilization of raw materials, their composition, and their techniques of production. We shall try to explain when and how stucco fabrication evolved during the Middle Ages, with the principal technical modifications seeming to have occurred around the year 1000, and propose a focused illustration on Catalan stuccoes decorations from XIth and XIIth centuries.
Bérangère ROCHE
Saint-André de Sorède: la redécouverte d’une abbaye grâce à un manuscrit
RÉSUMÉ
La découverte d’un manuscrit de premier ordre aux Archives Départementales des Pyrénées‑Orientales a permis de renouveler et d’enrichir la connaissance sur l’abbaye romane de Saint‑André de Sorède. En effet, ce devis de travaux de 1777 propose une visite virtuelle détaillée du monastère car l’expert explore l’ensemble du patrimoine immobilier et foncier et préconise des réparations qui ont sans doute été effectuées. Il permet, entre autres, de lever le voile sur un point jusque‑là inconnu : l’emplacement du cloître roman disparu, qui se situait au nord de l’église. Ce manuscrit, le « rapport Chambon », date du XVIIIe siècle, mais une étude de terrain approfondie et les sources textuelles permettent de croire que le plan et l’aspect du monastère n’ont que peu évolué depuis l’époque médiévale. C’est grâce à ce document que l’on peut aujourd’hui proposer une reconstitution du plan de l’abbaye au Moyen Âge.
RESUM
La troballa d’un manuscrit de primer ordre als Arxius Departamentals dels Pirineus Orientals ha permès de renovar i enriquir els coneixements sobre l’abadia romànica de Sant Andreu de Sureda. En efecte, aquest pressupost d’obres de 1777 proposa una visita virtual detallada del monestir, car l’expert explora el conjunt del patrimoni immobiliari i preconitza reparacions que sens dubte es van dur a terme. El document permet, entre altres coses, desvelar un punt fins ara desconegur: l’emplaçament del claustre romànic desaparegut, situat al nord de l’església. Aquest menuscrit, l’"informe Chambon", data del segle XVIII, però un estudi aprofundit del lloc i les fonts textuals permeten de creure que la planta i l’aspecte del monestir havien evolucionat molt poc des de l’època medieval. Gràcies a aquest document avui es pot proposar una reconstitució de la planta de l’abadia a l’edat mitjana.
ABSTRACT
The discovery of a remarkable manuscript preserved at the archives in Perpignan makes it possible today to renew and improve the knowledge of the Romanesque abbey of Saint‑André de Sorède. Indeed, this estimate for restorations made in 1777 offers a virtual and detailed visit of the monastery since the expert explores the whole real estate and land assets and recommends damage repair works which have probably been done. It allows, among other things, to uncover an old inquiry: the location of the vanished Romanesque cloister, which was situated north side of the church. This manuscript, the "Chambon report", is dated from the 18th century; however, a detailed field survey along with archives documents can let us believe that both the plan and the appearance of the monastery have little changed since medieval times. Thanks to this manuscript, it is possible today to offer a reconstruction of the plan of the abbey in the Middle Ages.
Sandrine JUNCA
Des peintures murales médiévales méconnues dans des églises de l’Aude et de l’Hérault
RÉSUMÉ
Cette étude présente trois ensembles de peintures murales datant de la période médiévale, situés dans les départements de l’Aude et de l’Hérault. Ceci est un échantillon des premiers résultats des recherches effectuées lors de mes Masters. Des décors, parmi les peintures les plus méconnues, ont été choisis pour faire découvrir les richesses de ces territoires. Pour l’Aude, nous nous attardons sur les peintures de l’église Saint‑Saturnin de Fabrezan et de l’église Saint‑Polycarpe, du village du même nom. Ensuite pour l’Hérault ce sont les peintures de l’église Saint‑Pierre de Montbazin auxquelles nous nous intéressons. Elles font partie des oeuvres les moins étudiées. Ces ensembles ont fait l’objet de rares analyses, surtout durant ces trente dernières années. De plus, un essai de rapprochement avec des peintures murales romanes provenant de Catalogne essentiellement, est présenté.
RESUM
Aquest estudi presenta tres conjunts de pintura mural datats en època medieval, situats dins els departaments de l’Aude i de l’Hérault. Aquesta és una mostra dels primers resultats de les recerques dutes a terme a conseqüència dels meus estudis de Màster. De les pintures més desconegudes se n’han triat decoracions que puguin fer descobrir la riquesa d’aquests territoris. Quant a l’Aude, ens entretenim en el cas de les pintures de l’església de Saint-Saturnin de Fabrezan i de l’església de Saint-Polycarpe, al poble del mateix nom. Tot seguit pel que fa a l’Hérault ens interessem per les pintures de l’església de Saint-Pierre de Montbazin. Són part de les obres menys estudiades. Aquests conjunts han estat rarament objecte d’anàlisi, sobretot durant els darrers trenta anys. A més, es presenta un intent de comparació amb pintures murals romàniques essencialment provinents de Catalunya.
ABSTRACT
This study presents three sets of wall paintings, dating from medieval period, in the departments of the Aude and the Hérault. This is a sample of the first results of research carried out during my masters. The sets have been chosen among the most unknown paintings in order to make discover the treasures of these areas. As regards the Aude, we linger over the paintings of the church Saint‑Saturnin in Fabrezan and of the church Saint‑Polycarpe in the village with the same name. Then, as regards the Hérault, we are interested in the paintings of the church Saint‑Pierre in Montbazin. They belong to the least investigated works. These sets have been the subjects of very few studies, especially in the last thirty years. Moreover, a try for comparison with Romanesque wall paintings coming from Catalonia essentially, is presented.
Joan DURAN-PORTA
Les cryptes monumentales dans la Catalogne d’Oliba. De Sant Pere de Rodes à la diffusion du modèle de crypte à salle
RÉSUMÉ
Les cryptes jouent un rôle important dans l’architecture du premier art roman des comtés catalans, dans la redéfinition du modèle de choeur qui prend place dans les bâtiments religieux du premier XIe siècle. Cet article propose une vue d’ensemble des cryptes monumentales catalanes du premier art roman, qui se caractérise par la propagation de la typologie de la crypte‑salle à partir d’un modèle prestigieux local, celui de la cathédrale de Vic construite par l’abbé‑évêque Oliba. Parallèlement, nous étudions la crypte de Sant Pere de Rodes, pour laquelle nous proposons une inspiration romaine, et nous mettons aussi en relief l’existence d’un espace souterrain inconnu sous la basilique Santa Maria de Ripoll, qui pourrait être identifié avec les vestiges de l’ancienne église abbatiale consacrée en 977.
RESUM
Les criptes juguen un paper important en la primera arquitectura romànica dels comtats catalans, integrades en la redefinició del model de capçalera que té lloc en els edificis eclesiàstics del primer segle xi. El present article proposa una visió panoràmica de les criptes monumentals catalanes del primer romànic, que caracteritza la difusió de la tipologia de la cripta‑sala a partir d’un model local de prestigi proporcionat per la catedral de Vic edificada l’abat Oliba. Tangencialment, s’estudia la molt particular cripta de Sant Pere de Rodes, per a la qual es proposa una ascendència romana; i també es posa de relleu l’existència d’un espai subterrani desconegut sota la basílica de Santa Maria de Ripoll, que potser podria identificar‑se amb les restes de l’antiga església abacial ripollesa consagrada el 977.
ABSTRACT
Crypts play an important role in the Romanesque architecture of the Catalan counties, as an unavoidable part of the redefinition of chevets in the first half of 11th Century. This paper offers a panoramic view about Catalan crypts of the First Romanesque, focusing on the diffusion of the specific "hall crypt" tipology, for wich the crypt of Sant Pere de Vic built up by the Abbot Oliba became the most prestigious model. On the other hand, the article studies the peculiar crypt of Sant Pere de Rodes, for which a direct Roman influence is proposed, and it notices the existence of a rather unknown underground space under the basilica of Santa Maria de Ripoll. Since it’s clear we’re not facing here a liturgical crypt, maybe we can identify this underground area with the remains of the ancient monastic church dedicated in 977.
Marie-Claire ZIMMERMANN
La construction du mythe d’Oliba au XIXe siècle : Canigó, de Jacint Verdaguer (1886)
RÉSUMÉ
Jacint Verdaguer (1845‑1902), prêtre et poète, est l’un des principaux représentants du mouvement culturel et littéraire appelé Renaixença, qui coïncide avec un renouveau de la Catalogne après trois siècles de relatif effacement. Dans un long poème en douze chants, Canigó, qu’il qualifie de "Llegenda pirenaica del temps de la reconquesta" (légende pyrénéenne du temps de la Reconquête), Verdaguer reconstruit l’histoire médiévale catalane en évoquant les exploits de héros fameux qu’il mythifie dans cet espace pyrénéen qu’il connaît parfaitement pour l’avoir parcouru à pied et où le Canigou, dont il exalte la beauté, devient la montagne de tous les dangers et de toutes les énigmes. Les combats font l’objet des huit premiers chants avant que n’apparaisse Oliba, qui occupe la scène dans les chants IX, XI et XII. L’objet de cette communication consistera à analyser les formes et le sens de la mythification d’Oliba dans le grand chant épico‑lyrique de Verdaguer.
RESUM
Jacint Verdaguer (1845-1902), sacerdot i poeta, és un dels principals representants del moviment cultural i literari anomenat Renaixença, que coincideix amb una renovació de Catalunya després de tres segles de relativa desaparició. En un llarg poema en dotze cants, Canigó, que ell qualifica de "llegenda pirenaica del temps de la reconquesta", Verdaguer reconstrueix la història medieval catalana tot evocant els èxits d’herois famosos, mitificats en l’espai pirenaic que ell coneix tan bé per haver-lo recorregut a peu, i on el Canigó, del qual se n’exalta la bellesa, esdevé la muntanya de tots els perills i de tots els enigmes. Els combats són l’objecte dels vuit primers cants abans de l’aparició d’Oliba, que ocupa l’escena en els cants IX, X i XII. L’objecte d’aquesta comunicació consistirà a analitzar les formes i el sentit de la mitificació d’Oliba en el gran cant èpico-líric de Verdaguer.
ABSTRACT
Jacint Verdaguer (1845‑1902), priest and poet, is one of the main representatives of cultural and literary movement called Renaixença, which coincides with a revival of Catalonia after three centuries of relative deletion. In a long poem in twelve songs, Canigó, which he describes as "Llegenda pirenaica del temps de la reconquesta" (Pyrenean legend of the times of the Reconquest), Verdaguer rebuilt Catalan medieval history by evoking the exploits of famous heroes that he mythifies in this space of Pyrenees that Verdaguer knows perfectly to have walked throught and where Canigou, whitch he exalts the beauty, becomes the mountain of all hazards and all mysteries. The battles are the subject of the first eight songs before appearing Oliba, who occupies the first place in songs IX, XI and XII. The purpose of this communication is to analyze the forms and meaning of the myths of Oliba in the Verdaguer great epic‑lyric song.
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