Résumés
Moines de Grande Arménie et pèlerins arméniens en Occident (VIe-XIIe siècle)
Gérard DEDEYAN
RÉSUMÉ
Les monastères de Grande Arménie envoient toujours vers l’Occident, entre le VIe et le XIIe siècle, des moines-pèlerins qui sont parfois des prélats de haut rang.
Ces déplacements s’effectuaient pendant les périodes de difficultés ou de catastrophes : suppression du royaume d’Arménie par les Perses, en 428 ; domination arabe (654‑884) ; conquête de la Grande Arménie par les Turcs (deuxième moitié du XIe siècle). La participation des Arméniens aux opérations militaires de l’Italie byzantine favorise aussi la création de pôles d’attraction. Les contacts sont cependant les plus fructueux pendant les périodes d’épanouissement des royaumes, périodes où le monachisme fleurit, de manière concomitante. Vers l’an Mil, les pèlerins arméniens sont plus des adeptes de la peregrinatio Christi que des réfugiés : soucieux d’aller vénérer à Rome les tombeaux des apôtres Pierre et Paul, comme certains de leurs prédécesseurs, ces moines sont sans doute aussi sensibles au renouveau de l’église d’Occident. Leur sainteté stimule la piété populaire après leur mort: dans les royaumes d’Italie et de France, ils sont souvent portés sur les autels.
Il est difficile de mesurer l’impact de ces contacts interecclésiastiques sur l’art occidental : certaines similitudes restent, en tout cas, troublantes..
ABSTRACT
The monasteries of Great Armenia always send towards the Occident, between the VIth and XIIth century, some monk-pilgrims who are sometimes prelates of high row. These displacements were carried out for the periods of difficulties or catastrophes : removal of the kingdom of Armenia by the Persians, in 428 ; Arab domination (654-884) ; conquest of Great Armenia by the Turks (second half of XIth century). The participation of the Armenians in the military operations of Byzantine Italy supports also the creation of centres of attraction. The contacts are however most profitable for the periods of blooming of the kingdoms, periods when the monachism flowers, in a concomitant way. About the year 1000, the Armenian pilgrims are rather followers of the peregrinatio Christi than refugees : anxious to go to venerate in Rome the tombs of the apostles Peter and Paul, like some of their predecessors, these monks are undoubtedly also sensitive to the revival of the Church of Occident. Their holiness stimulates popular piety after their death : in the kingdoms of Italy and France, they are often related to the altars. It is difficult to measure the impact of these interecclesiastic contacts on Western art : certain similarities remain, in any case, disconcerting.
RESUM
Els monestirs de Gran Armènia envien sempre cap a l’Occident, entre el segle VIè i el XII, uns monjos-pelegrins que són de vegades prelats d’alt rang.
Aquests desplaçaments s’efectuaven durant els períodes de dificultats o de catàstrofes : supressió del regne d’Armènia pels Perses, l’any 428 ; domini àrab (654-884) ; conquesta de la Gran Armènia pels turcs (segona meitat del segle XIè). La participació dels Armenis a les operacions militars de la Itàlia bizantina afavoreix també la creació de centres d’atracció. Els contactes són tanmateix els més fructuosos durant els períodes d’expansió dels regnes, períodes en què el monaquisme floreix, de manera concomitant. Cap a l’any Mil, els pelegrins armenis són més adeptes a la peregrinatio Christi que refugiats : preocupats per anar a venerar a Roma les tombes dels apòstols Pere i Pau, com alguns dels seus predecessors, aquests monjos són sens dubte també sensibles al renaixement de l’Església d’Occident. La seva santedat estimula la pietat popular després de la seva mort: als regnes d’Itàlia i de França, són sovint portats sobre els altars.
És difficil de mesurar l’impacte d’aquests contactes intereclesiàstics sobre l’art occidental : certes similituds continuen sent, en qualsevol cas, torbadores.
La représentation de l’Orient dans la cartographie médiévale à la période romane
Christiane DELUZ
RÉSUMÉ
Les cartes médiévales ne sont pas réalisées avec les mêmes principes que les cartes actuelles et elles n’ont pas les mêmes fonctions. Six cartes sont présentées.
- Les deux cartes dites de Jérôme. L’une représente l’Orient, l’autre la Terre Sainte. Elles furent réalisées probablement au VIIIe siècle.
- La carte dite d’Isidore, des Xe ou XIe siècles. C’est une carte en T.O., les trois continents, Asie, Europe et Afrique, sont entourés par l’Océan et séparés par la Méditerranée, le Don et le Nil.
- La mappemonde de Beatus conservée dans un manuscrit du Commentaire de l’Apocalypse du moine Beatus de Liebana († 798). Cet exemplaire fut réalisé pour l’abbé de Saint-Sever, avant 1060.
- La carte Cotton (Xe ou XIe siècle), probablement dessinée en Irlande.
- La carte du Psautier est incluse dans un psautier du XIIIe siècle. Très petite (diamètre 8,5 cm), elle comporte 145 légendes. C’est une somme des connaissances sur l’Asie, les villes légendaires, les cités et provinces antiques, ainsi que les villes de l’époque comme Ascalon ou Damiette.
Ainsi, s’il semble ne pas y avoir d’évolution dans les représentations et la nomenclature de l’Asie dans ces cartes médiévales, elles montrent que l’Empire romain tombe progressivement dans l’oubli, que la Chrétienté triomphe et que l’Asie, riche et merveilleuse, s’offre à ceux qui veulent l’explorer.
ABSTRACT
Medieval maps are not constructed with the same principles as modern maps and have not the same purposes. Six maps are presented :
- The two so-called Jerome maps. one of the Orient, the other of Holy Land, realised probably in the 8th century.
- The so-called Isidore map, a 10th or 11th century map. It is a T.O. map, representing the three continents, Asia, Europe and Africa, encircled by the Ocean and separated by the Mediterranean Sea, the Don and the Niles.
- The Beatus map conserved in a manuscript of the Commentary of Apocalypse by the monk Beatus of Liebana († 798). This one was realised for the abbot of Saint-Sever, before 1060.
- The Cottonian map (Xth or XIth century) drawn probably in Ireland.
- The Psalter map, included in a XIIIth century Psalter. Very little (diameter : 8 cm.,5), its contains 145 legends. It is a “Somme” of what was known about Asia, legendary towns, ancient cities and provinces, as well as actual, Ascalon or Damiete. So, if there seems to be not evolution in the representation and nomenclature of Asia in these medieval maps, they say that the Roman Empire is progressively forgotten, the Christianity triumphs and the Asia, rich and wonderful is offered to those who will explore it.
RESUM
Els mapes medievals no es dibuixaven amb els mateixos principis que els mapes moderns, i no tenien els mateixos objectius. Es presenten sis mapes :
- Els dos anomenats mapes Jeroni, un de l’Orient, l’altre de Terra Santa, realitzats probablement al segle VIII.
- L’anomenat mapa Isidor, un mapa dels segles X o XI. És un mapa T.O., que representa els tres continents, Àsia, Europa i Àfrica, encerclats per l’Oceà i separats pel Mediterrani, el Don i el Nil.
- El mapa del Beatus conservat en un manuscrit del Comentari de l’Apocalipsi del monjo Beatus de Liébana († 798). Aquest va ser realitzat per a l’abat de Saint-Sever, abans del 1060.
- El mapa Cotton (segles X o XI), dibuixat probablement a Irlanda.
- El mapa del Psaltiri, inclòs al Psaltiri al segle XIII. Molt petit (diàmetre : 8 cm,5), conté 145 llegendes. És una summa del que era conegut sobre Àsia, els llegendaris i molt antics pobles, ciutats i províncies, així com els llocs reals, Ascalon o Damiett.
Tot i que no sembla que en aquests mapes medievals hi hagi una evolució en la representació i nomenclatura d’Àsia, ens informen que l’Imperi Romà es va oblidant progressivament, la Cristiandat triomfa i Àsia, rica i meravellosa, és oferta a aquells que l’exploraran.
Le coffret reliquaire de la Vraie Croix de Saint-Sernin de Toulouse
Dominique WATIN-GRANDCHAMP, Patrice CABAU, Daniel et Quitterie CAZES
RÉSUMÉ
Le reliquaire de la Vraie Croix conservé dans le Trésor de la basilique Saint-Sernin de Toulouse apparaît comme une pièce exceptionnelle : ce petit objet témoin des relations entre l’Occident et l’Orient, commandé par Saint-Sernin et produit par les ateliers d’émaillerie de Limoges, est sans équivalent. Le « reportage » figuré sur trois faces du coffret raconte comment un fragment de la Croix a été donné, à Jérusalem, par l’abbé de Josaphat à Raymond Botardel qui, après avoir traversé la Méditerranée, l’a remis à l’abbé Pons, lequel l’a offert avec ses chanoines à saint Saturnin de Toulouse. Destiné à authentifier la relique, ce récit pose le problème du non-dit : qui étaient exactement les personnages représentés, quels mobiles ont pu conduire Raymond Botardel en Palestine, quand son voyage eut-il lieu... ? À ces questions s’ajoutent celles qui concernent le reliquaire lui-même, et le contexte dans lequel il a pu être commandé.
ABSTRACT
The enamel shrine of the Holly Cross conserved in the Treasure of Saint-Sernin at Toulouse appears as exceptional : this little object is a witness of relations between West and East; it has been ordered by Saint-Sernin from the workers of Limoges and has no equivalent. The “report” represented on three faces of the box tells us how a piece of the Cross has been given at Jerusalem by the abbot of Josaphat to Raymond Botardel, who went through the Mediterranean see et gave it to abbot Pons, the last offered it with his canons to saint Sernin at Toulouse. Intended to authenticate the relic, the account poses the problem of what isn’t said : who were exactly the persons who are represented, why might Raymond Botardel go to Palestine, when did his travel take place... ? To these questions are added these which concern the shrine himself and the context in which he may have been ordered.
RESUM
El reliquiari de la Vera Creu conservat al Tresor de la basílica de Saint-Sernin de Toulouse és una peça excepcional : aquest petit objecte, testimoni de les relacions entre Occident i Orient, encarregat per a Saint-Sernin i produït pels tallers d’esmalts de Llemotges, no té equivalents. El « reportatge » figurat en tres de les cares del cofret explica com un fragment de la Creu va ser donat, a Jerusalem, per l’abat de Josaphat a Raymond Botardel el qual, després d’haver travessat el Mediterrani, el va portar a l’abat Pons, qui el va oferir, amb els seus canonges, a sant Sadurní de Toulouse. Destinat a autentificar la relíquia, aquest relat planteja el problema del que no es diu : qui eren exactament els personatges representats, quins motius van portar Raymond Botardel a Palestina, quan va tenir lloc el seu viatge... ? A aquests interrogants s’hi afegeixen els referents al propi reliquiari i al context en què va poder ser encomanat.
Les manuscrits grecs en Occident entre le Xe et le XIIe siècle
Christian FÖRSTEL
RÉSUMÉ
Largement ignoré pendant une grande partie du Moyen Âge occidental, le grec a néanmoins toujours fasciné les milieux lettrés latins. Cet intérêt se traduit dans le domaine de la circulation du livre par une présence relativement importante de manuscrits grecs en Occident avant l’époque humaniste. Entre le Xe et le XIIe siècle, cette présence est attestée dans l’empire des Ottoniens et des Saliens comme dans la France des rois capétiens: le manuscrit grec 375 de la Bibliothèque nationale de France fait le lien entre Cologne, où il a été copié au XIe siècle, et l’abbaye royale de Saint-Denis, où il se trouve dès le XIIe siècle. À Cologne comme à Saint-Denis, l’étude du grec se reflète dans la production livresque. Dans ces deux centres, l’hellénisme se cantonne toutefois au seul domaine théologique ou biblique. Infiniment plus vaste est le domaine couvert par les études grecques à Pise dans le deuxième et le troisième quart du XIIe siècle : bénéficiant d’un contact direct avec la capitale de l’empire byzantin, le juriste Burgundio réunit à Pise des manuscrits constantinopolitains de très grande qualité qui servent de base à ses traductions de Jean Damascène, de Jean Chrysostome et surtout d’Aristote.
ABSTRACT
Largely been unaware of during most of the Western Middle Ages, the Greek nevertheless always fascinated the well-read men latin mediums. This interest is translated in the field of the circulation of the book by a relatively important presence of Greek manuscripts into Occident before the humanistic time. Between the Xth and XIIth centuries, this presence is attested in the empire of Ottoniens and Saliens as in France of the kings capétiens : the Greek manuscript 375 of the national Library of France establishes the link between Colonia, where it was copied in the XIth century, and the royal abbey of Saint-Denis, where it is from the XIIth century. In Colonia as in Saint-Denis, the study of the Greek is reflected in the book production. In these two centers, the hellenism is confined however with the only theological or biblical field. Infinitely vaster is the field covered by the Greek studies in Pisa in the second and the third quarter of XIIth century: profiting from a direct contact with the capital of the Byzantine empire, the Burgundio lawyer gathers in Pisa of the constantinopolitans manuscripts of very great quality which are used as a basis for its translations of John of Damascus, of John Chrysostom and especially of Aristotle.
RESUM
Àmpliament ignorat durant una gran part de l’edat mitjana occidental, el grec ha fascinat sempre no obstant això els mitjans lletrats llatins. Aquest interès es tradueix en l’àmbit de la circulació del llibre per una presència relativament important de manuscrits grecs a Occident abans de l’època humanista. Entre el segle Xè i el XIIè, aquesta presència és testificada en l’imperi dels Ottonians i dels Salians com en la França dels reis capetians : el manuscrit grec 375 de la Biblioteca Nacional de França fa el llaç entre Colonia, on ha estat copiat al segle XIè, i l’abadia reial de Saint-Denis, on es troba des del segle XIIè. A Colonia com a Saint-Denis, l’estudi del grec es reflecteix en la producció llibresca. En aquests dos centres, l’hellenisme es queda aïllat tanmateix en l’únic àmbit teològic o bíblic. Infinitament més vast és l’àmbit cobert pels estudis grecs a Pisa en el segon i el tercer quart del segle XIIè : beneficiant-se d’un contacte directe amb la capital de l’imperi bizantí, el jurista Burgundio reuneix a Pisa manuscrits constantinopolitans de molt gran qualitat que serveixen de base a les seves traduccions de Joan Damascè, de Joan Chrisòstome i sobretot d’Aristòtil.
Relations iconographiques entre Catalogne et Orient : mobilité des modèles
Elena ALFANI
RÉSUMÉ
Cet article traite des relations entre Orient, Italie et Espagne sous différentes facettes. Dans un premier temps, on a relevé les analogies dans la manière de répartir, en frise continue ou en registres superposés, les cycles vétéro et néotestamentaires dans les absides et dans leurs abords liturgiques. Un autre exemple de l’influence iconographique orientale se trouve dans le registre thématique des théophanies-visions reproduites dans les murs absidiaux de Catalogne sous une forme abrégée. L’influence orientale est également présente dans des thèmes iconographiques spécifiques, comme dans la scène où Constantin et Hélène soutiennent la Sainte-Croix dans l’abside nord de l’église de Santa Maria de Barberà. Dans les trois cas analysés, il s’agit de traditions paléochrétiennes originaires de Terre Sainte ou de Palestine, transmises parallèlement en Occident et ensuite récupérées et réélaborées par l’art carolingien et ottonien, ainsi qu’au XIe siècle durant la Réforme grégorienne.
ABSTRACT
This article deals with the representation of the Ascension in Western and Eastern monumental decoration around 1100. In Italy as in Cappadocia, the scene has an iconic value, while being part of a narrative. From the first examples in central Italy to the late French in Aquitaine, the author first shows how the various Ascensions produced in the context of the Gregorian reform are guided by very peculiar rules. These rules are meant to emphasize the idea of the coming of a new reign (that of the reformers), using two images borrowed from the early Christian times : the vine, symbolising the blossoming Church, and the Traditio legis. Besides, inscriptions and Traditio legis insist on the idea that peace is the apostle’s mission, and Peter’s in particular, who embodies the new papal power as defined by the reformers. In the second part of the article, the location of the Ascension in the church’s space is related to its liturgical function and to funerary rituals.
RESUM
Aquest article tracta les relacions entre Orient, Itàlia i Espanya des de diferents facetes. En primer lloc, es revelen les analogies en la manera de distribuir, en fris continu o en registres superposats, els cicles vetero i neotestamentaris en els absis i en els entorns litúrgics. Un altre exemple de la influència iconogràfica oriental es troba en el registre temàtic de les teofanies-visions reproduïdes en els murs absidals de Catalunya d’una manera abreujada. La influència oriental es troba igualment present en els temes iconogràfics específics, com en l’escena de Constantí i Elena sostenint la Santa Creu en l’absis nord de l’església de Santa Maria de Barberà. En els tres casos analitzats, es tracta de tradicions paleocristianes originàries de Terra Santa o de Palestina, transmeses parallelament a Occident i seguidament recuperades i elaborades de nou per l’art carolingi i otònida, així com al segle XI durant a Reforma gregoriana.
RIASSUNTO
Questo articolo tratta delle relazioni tra Oriente, Italia e Spagna sotto diversi aspetti. In un primo momento sono state rilevate delle analogie nella maniera di disporre, in un registro unico o in registri sovrapposti, cicli vetero e neotestamentari nelle absidi e nelle zone liturgiche adiacenti. Un altro esempio di questa influenza iconografica orientale è rappresentata dal tema delle teofanie-visioni, riprodotte sui muri absidali catalani in forma abbreviata. L’influenza orientale è rilevabile anche in temi iconografici particolari, come nella scena di Costantino e Elena che innalzano la Croce nell’abside nord della chiesa di Santa Maria de Barberà. Nei tre casi analizzati si tratta di tradizioni paleocristiane risalenti alla Terra Santa o alla Palestina, trasmesse anche in Occidente e in seguito recuperate e rielaborate dall’arte carolingia et ottoniana, come pure durante la Riforma Gregoriana.
Typologie et emplacement de l’Ascension dans le décor monumental entre Orient et Occident : état de la question
Julie ENCKELL JULLIARD
RÉSUMÉ
Cet article traite de la représentation de l’Ascension dans la décoration monumentale occidentale et orientale autour de 1100. En Italie comme en Cappadoce, la scène a une valeur iconique, tout en faisant partie d’un récit. Des premiers exemples en Italie centrale aux derniers exemples français en Aquitaine, l’auteur montre d’abord comment les diverses Ascensions produites dans le contexte de la réforme grégorienne sont guidées par des règles très particulières. Ces règles sont censées souligner l’idée de la venue d’un nouveau règne (celui des réformateurs), en utilisant deux images empruntées aux premiers temps chrétiens tôt : la vigne, symbole de l’église en floraison, et la Traditio Legis, la transmission de la Loi à Moïse. En outre, les inscriptions et la Traditio legis insistent sur l’idée que la paix est la mission des apôtres, et de Pierre en particulier, qui incarne le nouveau pouvoir pontifical défini par les réformateurs. Dans la deuxième partie de l’article, l’emplacement de l’Ascension dans l’espace de l’église est relié à sa fonction liturgique et aux rituels funéraires.
ABSTRACT
This article deals with the representation of the Ascension in Western and Eastern monumental decoration around 1100. In Italy as in Cappadocia, the scene has an iconic value, while being part of a narrative. From the first examples in central Italy to the late French in Aquitaine, the author first shows how the various Ascensions produced in the context of the Gregorian reform are guided by very peculiar rules. These rules are meant to emphasize the idea of the coming of a new reign (that of the reformers), using two images borrowed from the early Christian times : the vine, symbolising the blossoming Church, and the Traditio legis. Besides, inscriptions and Traditio legis insist on the idea that peace is the apostle’s mission, and Peter’s in particular, who embodies the new papal power as defined by the reformers. In the second part of the article, the location of the Ascension in the church’s space is related to its liturgical function and to funerary rituals.
Une salle capitulaire pour une reine : les peintures du chapitre de Sigena
Dulce OCÓN ALONSO
RÉSUMÉ
Les peintures de la salle du chapitre de Sigena (Huesca) constituent un exemple exceptionnel de peinture murale byzantinisante des alentours de l’an 1200. L’atmosphère obtenue dans cette salle splendide, qui rappelle le prestigieux art byzantin et les ensembles siculo-normands, est en harmonie avec le moment de projection internationale que traverse le royaume d’Aragon. Ni les mosaïques de Sicile, ni l’illustration de la Bible de Winchester ne permettent d’expliquer entièrement ces peintures. La série des généalogies représentée sur les intrados des arcs révèle qu’on a eu recours à d’autres sources. Les magnifiques portraits des ancêtres du Christ sont exceptionnels si on les compare avec ceux d’autres cycles européens du même genre, y compris ceux de Monreale et des vitraux de Canterbury. Ces peintures ont leur pendant dans certaines miniatures et icônes réalisées en Méditerranée orientale à la fin XIIe siècle ou au début du XIIIe. La disposition de ces portraits sur les arcs de Sigena rappelle la tendance de l’art comnène tardif à recouvrir d’icônes – authentiques ou feintes – les églises appartenant à la zone d’influence de l’empire byzantin. On peut penser que le maître de Sigena ait pu être en contact avec des foyers artistiques des royaumes latins de Jérusalem, Acre et Chypre.
ABSTRACT
The paintings of the chapterhouse of Sigena (Huesca) are an exceptional example of byzantine-style mural paintings around 1200. The atmosphere obtained in this magnificent room, which reminds the prestigious byzantine art and the mosaics of Norman Sicily, is in accordance with the international projection of the kingdom of Aragon under the rule of Alfonso II and Pedro II. Neither the Sicilian mosaics nor the illustration of the Winchester Bible contribute to clarify every aspect of these murals. The genealogical series represented on the soffits of the arches reveal other inspiration sources. The magnificent portraits of Christ’s ancestors are exceptional if compared with other similar european cycles, including the Monreale mosaics and the Canterbury stained-glass windows. This paintings approach to some particular miniatures and icons made in the East Mediterranean at the end of XIIth century or at the beginning of the XIIIth. The architectural setting of these portraits on the arches of Sigena reminds the tendency of the late Comnenian art to decorate churches with real or false icons. The Master of Sigena, as it can be thought, may has been in contact with artistic centres of the Crusader kingdoms of Jerusalem, Acre and Chypre.
RESUM
Les pintures de la sala capitular de Sixena (Osca) constitueixen un exemple excepcional de pintura mural bizantinitzant de l’entorn del 1200. L’atmosfera obtinguda en aquesta sala esplèndida, que recorda el prestigiós art bizantí i els conjunts sículo-normands, està en harmonia amb el moment de la projecció internacional que travessa el regne d’Aragó. Ni els mosaics de Sicília, ni la illustració de la Bíblia de Winchester no permeten explicar completament aquestes pintures. La sèrie de genealogies representada en els intradossos dels arcs revela que es va tenir accés a altres fonts. Els magnífics retrats dels ancestres de Crist són excepcionals si es comparen amb els d’altres cicles europeus del mateix tipus, inclosos els de Monreale i els dels vitralls de Canterbury. Les pintures tenen els seus parallels en certes miniatures i icones realitzades en la Mediterrània oriental a finals segle XII o a inicis segle XIII. La disposició d’aquests retrats en els arcs de Sixena recorda la tendència de l’art comnè tardà a cobrir d’icones – autèntiques o fingides – les esglésies que pertanyien a la zona d’influència de l’imperi bizantí. Podria pensar-se que el mestre de Sixena hagués pogut estar en contacte amb els centres artístics dels regnes llatins de Jerusalem, Acre i Xipre.
La dévotion au Saint-Sépulcre de Jérusalem en Occident : imitations, invocation, donations
Geneviève BRESC-BAUTIER
RÉSUMÉ
La dévotion au Saint‑Sépulcre de Jérusalem s’est exprimée de multiples façons au cours des siècles. Les pèlerins de Terre Sainte ont parfois, soit avant leur départ, soit à leur retour (et exceptionnellement quand ils n’ont pu rejoindre Jérusalem), fondé des églises dédiées au Saint‑Sépulcre. Certaines ont été offertes à des institutions de Terre Sainte, tel le patriarcat, bien avant les Croisades. Puis au XIIe siècle, la création du chapitre canonial du Saint-Sépulcre a drainé de nombreux biens en Orient d’abord, puis en Occident. Les imitations du Saint-Sépulcre ont été nombreuses, soit qu’il s’agisse de complexes entiers, comme Santo Stefano de Bologne, d’églises à plan centré (Parthenay, Neuvy‑Saint‑Sépulcre, Cambridge, Northampton, la Vera Cruz de Ségovie, Brindisi, Torres del Rio). Ces édifices ont pu contenir des édicules à l’image du tombeau de Jérusalem, dont on trouve aussi des imitations dans des églises de plan basilical. La volonté de retrouver la forme et les dimensions du lieu saint est l’expression d’une dévotion à la relique matérielle de Jérusalem. Par la copie, la sacralité est transplantée, soutenue par des reliques dominicales. Elle se perpétue et permet au fidèle de revivre en mémoire les sentiments du pélerinage et de les diffuser parmi ceux qui ne les ont pas encore vécus.
ABSTRACT
Devotion to the Holy Sepulchre of Jerusalem expressed itself multiple ways during centuries. The Holy Land pilgrims have sometimes, either before their departure, or at their return (and exceptionally when they could not join Jerusalem), founded churches dedicated to the Holy Sepulchre. Some were offered at institutions of Holy Land, such as the patriarchate, a long time before the Crusades. Then in the XIIth century, the creation of the canonic chapter of The Holy Sepulchre drained many goods to the East initially, then to Occident. The imitations of the Holy Sepulchre were numerous, that is to say that they are whole complexes, like Santo Stefano of Bologna, churches in centered plan (Parthenay, Neuvy-Saint-Sépulcre, Cambridge, Northampton, Vera Cruz of Segovia, Brindisi, Torres del Rio). These buildings could contain shelters with the image of the tomb of Jerusalem, which one finds also imitations in churches of basilical plan. To find the form and dimensions of this holy place is the expression of devotion with material relic of Jerusalem. By the copy, sacrality is transplanted, supported by major relics. It remains and makes it possible faithful to revive in memory the feelings of the pilgrimage and to diffuse them among those which do not have them yet lived.
RESUM
La devoció al Sant Sepulcre de Jerusalem s’ha expressat de múltiples maneres en el transcurs dels segles. Els pelegrins de Terra Santa han de vegades, o bé abans de la seva sortida, o bé a la seva tornada (i de manera excepcional quan no han pogut arribar a Jerusalem), fundat unes esglésies dedicades al Sant Sepulcre. Algunes han estat ofertes a institucions de Terra Santa, tal com el patriarcat, molt abans de les Croades. Després, al segle XIIé, la creació del capítol canònic del Sant Sepulcre ha drenat uns béns nombrosos cap a Orient en principi, després cap a Occident. Les imitacions del Sant Sepulcre han estat nombroses, sigui que es tracti de complexos sencers, com Santo Stefano de Bolonia, d’esglésies a plànol centrat (Parthenay, Neuvy-Saint-Sépulcre, Cambridge, Northampton, la Vera Cruz de Segovia, Brindisi, Torres del Rio). Aquests edificis han pogut contenir edículs en la imatge de la tomba de Jerusalem, del qual es troben també imitacions en esglésies de pla basilical. La voluntat de trobar la forma i les dimensions del lloc sant és l’expressió d’una devoció a la relíquia material de Jerusalem. Per la còpia, la sacralitat és trasplantada, sostinguda per relíquies dominicals. Es perpetua i permet al fidel reviure en memòria els sentiments del pelerinatge i difondre’ls entre els que no els han viscut encara.
Saint Syméon, lieu de pèlerinage
Jean-Pierre SODINI
RÉSUMÉ
Saint Syméon le protostylite (av. 390-459) avait eu une telle réputation qu’à sa mort sa dépouille fut emmenée à Antioche. La seule relique conservée sur place fut sa colonne, objet d’un pèlerinage important. Autour des années 470, divers bâtiments destinés aux pèlerins furent édifiés dans le village de Télanissos (Deir Sem‘an) et sur la colline où il avait vécu (Qal‘at Sem‘an). Sur la colline, on érigea entre 474 et 490 un grand martyrium cruciforme qui servait d’écrin à la colonne, et, en vis-à-vis vers l’ouest, un baptistère. Autour de ces deux pôles furent implantés différents bâtiments. Une via sacra, bordée de boutiques, reliait le lieu de pèlerinage au village d’accueil. Le pèlerin montait du village, passant sous un arc triomphal, arrivait à une triple porte monumentale aménagée dans la clôture. Il accédait ainsi à une vaste cour, puis franchissait les passages aménagés à travers une grande hôtellerie. Il se retrouvait sur une grande esplanade liturgique limitée à l’Ouest par le baptistère et son église et à l’Est par le martyrium cruciforme. Les querelles religieuses (massacre des moines à Sermin, 517) et la conquête islamique entraînèrent le déclin du site de pèlerinage. Il reprit vie d’abord sous le patriarche Christophoros (966) puis lors de la reconquête byzantine (978/979) où il est complètement fortifié. Soumis à des attaques arabes en 985 et 1017, il ne semble jouer aucun rôle militaire lors de l’avancée des Croisés (1098) vers Jérusalem. Les moines occupent encore le site vers le milieu du XIIe siècle.
ABSTRACT
Saint Symeon protostylite (before 390-459) won such a reputation that, when dead, his corpse was brought down to Antioch. The only relic left on the spot was the column, which remained the goal of an important pilgrimage. Toward the years 470, different buildings for the pilgrims were erected in the village of Telanissos (Deir Sem’an) and upon the hill where the holy man once lived (Qal’at Sem’an). On the hill, was built between 470 and 490 a huge cruciform martyrium which encapsulated the saint’s column, and, on the west side of the hill, a baptistery. Around these two poles were progressively displayed different buildings. A via sacra lined by shops connected the holy place to the housing village. The pilgrim processed from the village, crossing a triumphal arch, and reached a monumental gate with three entrances opened in the surrounding wall. He then faced a courtyard, and afterwards passed through the arches of an hostelry. He entered the liturgical yard limited to the West by the baptistry and its church and to the East by the cruciform martyrium. Religious disputes (Sermin massacre, 517) and the islamic conquest led the pilgrim site into decline. It resumed its activity first under the patriarch Christophoros (966), and twelve years after, with the byzantine reconquest (978/979), when it was completely fortified. After arab attacks in 985 and 1017, the monastery is no more mentioned when the Crusaders invade the region (1098) on their way to Jerusalem. Monks are still occupying the site in the mid 12th century.
RESUM
Sant Simeó el protoestilita (ab. 390‑459) havia tingut una tal reputació que a la seva mort les seves despulles van ser portades a Antioquia. L’única relíquia conservada in situ fou la seva columna, objecte d’un pelegrinatge important. A l’entorn de l’any 470, diversos edificis destinats als pelegrins van ser edificats a la vila de Telanisos (Deir Sem‘an) i al turó on ell havia viscut (Qal‘at Sem‘an). En el turó s’hi va aixecar entre el 474 i el 490 un gran martyrium cruciforme que servia de contenidor de la columna; i al davant, vers l’oest, un baptisteri. Entorn d’aquests dos pols varen implantar-se diferents edificis. Una via sacra, vorejada de botigues, lligava el lloc de pelegrinatge amb la vila d’acollida. El pelegrí pujava de la vila, passant sota un arc triomfal i arribava a una triple porta monumental oberta en el tancament. Accedia així a un gran pati, després travessava els passos practicats a través d’una gran hostatgeria. I es trobava en una gran esplanada litúrgica limitada a l’Oest pel baptisteri i la seva església i a l’Est pel martyrium cruciforme. Les querelles religioses (massacre des monjos a Sermin, 517) i la conquesta islàmica van comportar la decadència del lloc de pelegrinatge. Va renéixer sota el patriarca Christophoros (966), després amb la reconquesta bizantina (978/979), moment en què va ser completament fortificat. Sotmès a atacs àrabs el 985 i el 1017, no sembla que jugués cap paper militar en l’avançada des Croats (1098) cap a Jerusalem. Els monjos encara van ocupar el lloc cap a mitjans segle XII.
Le monastère de Saint-Hilarion : évolution et développement architectural d’un sanctuaire de pèlerinage dans le sud de Gaza (Palestine)
René ELTER et Ahmad ABD el-RHADAN
Assistés de A. Hassoune, Y. Matar, M. Ali, Abd el-Aziz Midan, Mahmud abu Muhammar, F. Adam, C. et R. Jude, A. Lefebvre, J.-M. Mechling, M. Mondy, S. Poilprez.
RÉSUMÉ
Les fouilles menées menée par le service des Antiquités de Gaza dès 1997, ont révélé un monastère d’époque byzantine, dédié à saint Hilarion, du IVe siècle au VIIIe siècle après J.-C. Le site des infrastructures du monastère (églises, cloître, crypte...) et un établissement de bain de vapeur.
Vers 310, Hilarion, converti au christianisme en Egypte, s’installe en sur le territoire de l’actuelle Nuseirat. Un demi-siècle plus tard, une communauté s’organise dans un établissement primitif cénobitique. En 362, sous le règne de Julien dit « l’Apostat », le succès puis les persécutions forcent l’ermite à abandonner ses fidèles pour l’égypte. La même année le monastère est détruit. Hilarion meurt en Chypre en 371 après avoir séjourné en Libye, Sicile et Grèce. D’après la Vie d’Hilarion écrite par saint Jérôme les restes du saint ont été transférés secrètement dans le monastère l’année qui suit sa mort. Reconstruit, le monastère se développe entre la fin du IVes et le VIIes. Plusieurs églises sont édifiées et transformées.
ABSTRACT
Since 1997, excavations of the Gaza Department of Antiquities carried out a monastery from the Byzantine period which was founded by Saint Hilario; its supposed chronology stretches from the 4th to the 8th centuries AD.
Around 310, Hilario, converted to Christianity in Egypt, came to live as a hermit on the ground of the present-day Nuseirat. Half a century later, a community was organized in a primitive setup which could be considered to be cenobitic. In 362, under the reign of Julian, the so-called « Apostate », success and then persecutions forced the hermit to abandon his faithful and to go to Egypt. That same year, the monastery was destroyed. Hilario died on Cyprus in 371 after having lived in Lybia, Sicily and Greece. According to the Life of Hilario written by Saint Jerome, the saint’s remains were transferred secretly and laid to rest in the monastery the year after his death. The monastery was rebuilt and expanded between the end of the 4th century and the 7th century. Several churches were built and transformed.
RESUM
Les excavacions dutes a terme pel Servei d’Antiguitats de Gaza des del 1997 han posat al descobert un monestir d’època bizantina dedicat a sant Hilarion, del segle IV al segle VIII d.C. El lloc de les infrastructures del monestir (esglésies, claustre, cripta...) i un establiment de banys de vapor.Cap al 310, Hilarion, convertit al cristianisme a Egipte, s’installa en el territori de l’actual Nuseirat. Mig segle més tard, una comunitat s’organitza en el primitiu establiment cenobític. Al 362, sota el regnat de Julià dit « l’Apòstata », l’èxit i després les persecucions forcen l’eremita a abandonar els seus fidels per Egipte. En el mateix any, el monestir és destruït. Hilarion mor a Xipre el 371, després d’haver estat a Líbia, Sicília i Grècia. Segons la Vida d’Hilarion escrita per sant Jeroni, les restes del sant van ser portades secretament al monestir l’any que va seguir la seva mort. Reconstruït, el monestir es desenvolupa entre finals segle IV i el segle VII. Diverses esglésies hi són edificades i transformades.
L’iconographie du faux marbre, le cas de l’église franque à Abou Gosh
Esther GRABINER
RÉSUMÉ
L’église franque d’Emmaüs-Abou Gosh comporte dans son ensemble exceptionnel d’architecture et de peintures murales une composante négligée jusqu’à ce jour. Il s’agit des décors peints non figuratifs qui ornent les grands arcs, les arcs doubleaux, les ébrasements de fenêtres, les piliers et les pilastres. L’article propose une lecture iconographique de l’une de ces composants, le faux marbre, dont la présence est particulièrement importante. À partir de l’idée que le choix de ces peintures en trompe l’oeil est lié au symbolisme accordé au marbre, nous montrons au travers d’exemples architecturaux et picturaux, d’images littéraires et de récits de pèlerins que le faux marbre, tout comme le marbre, devient un marquage visuel du sacré, attaché aux lieux saints en Terre sainte et au Temple en particulier. La localité d’Abou Gosh, nommée à l’époque Qaryet-el-Inab fut désignée par les Francs comme le lieu du repas d’Emmaüs, en alléguant textes, souvenirs iconographiques, intérêts stratégique et idéologique. Nous proposons d’interpréter le faux marbre destiné à embellir et animer les confins de l’architecture et des peintures dans cette église, comme le désir d’y affirmer une authenticité biblique.
ABSTRACT
The frank church of Emmaüs-Abou Gosh comprises into his exceptional whole of architecture and murals a component so far neglected. They are the nonfigurative painted decorations which decorate the large arcs, the arcs beams, splayings of windows, the pillars and the pilasters. This paper proposes an iconographic reading of one of these components, the false marble, whose presence is particularly important. Starting from the idea that the choice of these paintings is related to the symbolism granted to the marble, we show through architectural and pictorial examples, of literary images and accounts of pilgrims that the false marble, just like the marble, become a visual marking of sacred, attached to the holy places out of Holy Land and the Temple in particular. The locality of Abou Gosh, named at the time Qaryet-el-Inab was indicated by the Frank ones like the place of the meal of Emmaüs, by pleading iconographic texts, memories, strategic and ideological interests. We propose to interpret the false marble intended to embellish and animate the borders of architecture and paintings in this church, like the desire to affirm a biblical authenticity there.
RESUM
L’església « franca » d’Emmaús-Abu Gosh inclou dins el seu conjunt excepcional d’arquitectura i pintures murals un component que fins ara ha estat negligit. Es tracta de la decoració pintada no figurativa que orna els grans arcs, els arcs torals, els muntants de les finestres, els pilars i les pilastres. L’article proposa una lectura iconogràfica d’un d’aquests components, el fals marbre, la presència del qual és especialment important. A partir de la idea que l’elecció d’aquestes pintures en trompe-l’oeil està relacionada amb el simbolisme atorgat al marbre, mostrem mitjançant exemples arquitectònics i pictòrics, d’imatges literàries i de relats de pelegrins que el fals marbre, de la mateixa manera que el marbre, esdevé una marca visual del sagrat, relacionat amb els llocs sants de Terra Santa i amb el Temple en particular. La localitat d’Abu Gosh, anomenada a l’època Qaryet-el-Inab, va ser designada pels croats com el lloc del sopar d’Emmaús, tot adduint textos, records iconogràfics, interès estratègic i ideològic. Proposem d’interpretar el fals marbre destinat a embellir i animar els marges de l’arquitectura i la pintura en aquesta església, com el desig d’afirmar-hi una autenticitat bíblica.
La Bible « byzantine » de San Daniele del Friuli : le chef d’œuvre d’un scriptorium des Croisés
Valentino PACE
RÉSUMÉ
La Bible conservée à la Biblioteca Guarneriana di San Daniele del Friuli est un codex de grand luxe et de grand format. Son ornemantation est extraordinairement riche : chaque texte est précédé d’une grande initiale, figurée ou historiée, alors qu’une myriade de petites initiales décorées, parmi lesquelles un bon nombre présentent des figures humaines ou animales, constelle ses 254 folii. En ce qui concerne les racines figuratives de la Bible, on remarque l’union des caractères “byzantins” avec d’autres provenant de l’Europe continentale et insulaire, avec un résultat absolument unique quant à leur homogénéité et leur qualité. La volonté du commanditaire a dû être décisive pour créer un livre-objet aussi luxueux et pourtant l’iconographie ne nous fournit aucune information à son sujet. On a seulement pu conjecturer qu’une opération de ce genre avait dû accompagner un grand événement : par exemple la consécration de l’Église du Saint-Sépulcre (1149) ou le couronnement du roi Baudoin (1152) auraient pu être des motifs adéquats. Ce qui est sûr est que la Bible reflète pleinement le climat “franc” de la Terre sainte.
ABSTRACT
The Bible keeped at the Biblioteca Guarneriana di San Daniele del Friuli is a codex of great luxury and large size. Its ornemantation is extraordinarily rich : each text is preceded by large initial, with figures or stories, whereas a myriad of small decorated initial, among which a good number present human or animal figures, constellates its 254 folii. With regard to the figurative roots of the Bible, one notices the union of the “Byzantine” characters with others coming from continental and insular Europe, with an absolutely single result as for their homogeneity and their quality. The will of the person who financed this book had to be decisive to create such a luxurious object and yet the iconography does not provide us any information about it. One only could conjecture that an operation of this kind had to accompany a great event : for example the dedication of the Church of the Holy Sepulchre (1149) or the crowning of king Baudoin (1152) could have been adequate reasons. What is sure is that the Bible fully reflects the “frank” climate of the Holy Land.
RESUM
La Bíblia conservada a la Biblioteca Guarneriana de San Daniele del Friuli és un còdex molt luxós i de gran format. La seva ornamentació és extraordinàriament rica : cada text ve precedit d’una gran inicial, figurada o bé historiada, mentre que una miríada d’inicials petites decorades, entre les quals n’hi ha un bon nombre que presenten petites figures humanes o animals, cobreix els seus 254 folis. Pel que fa a les arrels figuratives de la Bíblia, cal remarcar la unió dels caràcters « bizantins » amb altres provinents de l’Europa continental i insular, amb un resultat absolutament únic quant a la seva homogeneïtat i qualitat. La voluntat del comitent degué ser decisiva per crear un llibre-objecte tant luxós, però malauradament la iconografia no ens en proporciona cap informació. Només s’ha pogut conjecturar que algun gran esdeveniment podria estar relacionat amb una operació d’aquest gènere : per exemple, la consagració de l’Església del Sant Sepulcre (1149) o la coronació del rei Balduí (1152) podrien haver estat la raó de la producció. El que és segur és que la Bíblia reflecteix plenament el clima « franc » de Terra Santa.
RIASSUNTO
La Bibbia conservata nella Biblioteca Guarneriana di San Daniele del Friuli è un codice di gran lusso, di grande formato. La sua ornamentazione era straordinariamente ricca : ciascun testo prevedeva una grande iniziale, figurata o istoriata, al proprio inizio, mentre una miriade di piccole iniziali decorate, fra le quali in buon numero con figurine umane o di animali ne costella i 254 fogli. Per quel che concerne le radici figurative della Bibbia è rimarchevole l’unione di caratteri “bizantini” con altri dell’Europa continentale e insulare, con un risultato assolutamente unico per omogeneità e qualità. Decisivo deve essere stata la volontà della Committenza a voler creare un manufatto librario così lussuoso e purtroppo l’iconografia non ne fornisce informazioni. Si può solo congetturare un grande evento per un’operazione del genere : per esempio la consacrazione della Chiesa del Santo Sepolcro (1149) o l’incoronazione di re Baldovino (1152) potrebbero essere state adatte motivazioni. Certo è che la Bibbia pienamente riflette il clima “franco” della Terra santa.
Art byzantin en Sicile orientale entre le XIIe et le XIIIe siècle : témoignages dans le territoire de Lentini
Simone PIAZZA
RÉSUMÉ
Les mosaïques de la Chapelle Palatine et de Santa Maria dell’Ammiraglio à Palerme, comme celles de la cathédrale de Monreale et de Cefalù, présentent un magnifique aperçu de l’apport de la culture byzantine à la production artistique de la Sicile au temps de la domination normande. Sur le versant oriental de l’île, se trouvent des témoignages moins célèbres et monumentaux mais tout aussi emblématiques de cette assimilation de modèles et de savoir-faire provenant de Byzance. Le territoire de Lentini, entre Catane et Syracuse, cache, dans les grottes qui entourent la cité et parmi le trésor de la cathédrale, des oeuvres d’art, parfois bien conservées, parfois fragmentaires, qui trahissent des liens évidents avec l’art de l’Empire romain d’Orient. S’agit-il d’oeuvres d’artistes grecs ? Sont-elles le reflet d’une influence du style de l’Orient chrétien introduit en Sicile grâce aux grands chantiers de mosaïques entrepris par les rois normands ? Constituent-elles plutôt le fruit d’un art plus local, issu d’une culture grecque acquise au moment de l’annexion de l’île par l’empire byzantin aux VIe-IXe siècles et, durant une brève parenthèse, au XIe siècle ? À travers la présentation de quelques-unes des oeuvres d’art conservées à Lentini, que l’on peut dater des XIe et XIIe siècles, l’auteur cherche à répondre à ces questions.
ABSTRACT
The mosaics at the Palatine Chapel, those at the « Santa Maria dell’Ammiraglio », in Palermo, and those belonging to Monreale’s and Cefalù’s cathedrals, illustrate the Byzantine artistic patterns that have influenced Sicilian artistic production during the Norman domination. The East of Sicily is, on the other hand, characterized by a few examples of monuments which reflect the Byzantine style. In the Lentini area (which lies between Catania and Siracusa) some hidden art crafts scattered around this area reflect a Byzantine influence. In presenting some examples of XII and XIII century art craft found in the Lentini area, this paper seeks to address the following questions : Were they produced by Greek or local artists? Do they reflect the Christian artistic formal language introduced in Sicily by the Norman kings? Do they represent a local re-elaboration of originally Greek artistic patterns then to be assimilated during the Byzantine occupation between the VIth and IXth century and subsequently in the XIth century ?
RESUM
Els mosaics de la Capella Palatina i de Santa Maria dell’Ammiraglio a Palerm, com els de la catedral de Monreale i de Cefalù, presenten una magnífica visió de conjunt de l’aportació de la cultura bizantina a la producció artística de Sicília en temps de la dominació normanda. En el vessant oriental de l’illa, es troben els testimonis menys cèlebres i monumentals, però així i tot emblemàtics d’aquesta assimilació de models i del savoir-faire procedent de Bizanci. El territori de Lentini, entre Catània i Siracusa, amaga, en les grutes que envolten la ciutat i entre el tresor de la catedral, les obres d’art, a vegades ben conservades, a vegades fragmentàries, que revelen lligams evidents amb l’Imperi romà d’Orient. Es tracta d’obres d’artistes grecs? Són el reflex d’una influència de l’estil de l’Orient cristià introduït a Sicília gràcies a les grans obres en mosaic empreses pels reis normands ? Constitueixen més aviat el fruit d’un art més local, sorgit d’una cultura grega adquirida en el moment de l’annexió de l’illa per l’imperi bizantí entre els segles IV i IX i, durant un breu parèntesi, al segle XI ? A través de la presentació d’algunes de les obres d’art conservades a Lentini, que es poden datar en els segles XI i XII, l’autor intenta respondre algunes d’aquestes qüestions.
Vers une remise en question de la « byzantinisation » excessive du décor de Monreale (Sicile, fin du XIIe siècle) à travers l’analyse du programme hagiographique
Sulamith BRODBECK
RÉSUMÉ
Les mosaïques de la cathédrale de Monreale ont été étudiées par de grands byzantinistes, tels Otto Demus et Ernst Kitzinger. Toutefois, le programme hagiographique demeure un aspect négligé dans les études du XXe siècle et de ce début du XXIe siècle. Les cent-soixante-quatorze représentations de saints, étudiées isolément puis dans leur ensemble, fournissent quantité d’informations. Dans un premier temps, l’iconographie et le choix des effigies révèlent la richesse et la variété des emprunts de ce décor. Puis, la place des images dans l’espace et leurs mises en correspondance nous renseignent sur les orientations décisives du souverain-commanditaire Guillaume II. Si Byzance demeure pour la royauté normande de Sicile une fascination omniprésente, la position du nouveau souverain face à l’Orient évolue et l’attachement à la tradition grecque, propre au règne de Roger II, n’est plus considéré de la même manière. La politique extérieure du roi se situe dorénavant au coeur des affaires « européennes » et privilégie de nouvelles alliances, illustrées par les composantes anglo-normande et germanique du programme. C’est ainsi que le décor hagiographique vient fortement nuancer la tendance à la « byzantinisation » excessive du décor de Monreale qui ne peut plus être rattaché exclusivement à une tradition orientale.
ABSTRACT
The mosaics of the cathedral of Monreale were studied by great byzantinists, such as Otto Demus and Ernst Kitzinger. However, the hagiographic program remains a forgotten and neglected aspect in the studies of the 20th and the beginning of the 21st century. The hundred seventy four representations of saints, first studied separately and later on as a whole, provide a large quantity of information. The iconography and the selection of saints reveal the numerous borrowings of this decoration. The place of the images in the church, as well as their interferences and correspondences, inform us about the King’s foreign policy. Even if Byzantium remains an omnipresent fascination for the Norman royalty of Sicily, the position of William II toward the East evolves and the attachment to the Greek tradition, characteristic of Roger II’s reign, is no longer considered in the same way. The choice of news saints and their spatial situation show that the King favored new dynastical links with the heart of “Europe” : the Plantagenêt royalty and the Germanic Empire. Thus the hagiographic program strongly moderates the tendency to excessive « byzantinisation » of the decoration of Monreale.
RESUM
Els mosaics de la catedral de Monreale han estat estudiats per grans bizantinistes, com Otto Demus i Ernst Kitzinger. Això no obstant, el programa hagiogràfic roman com un aspecte oblidat en els estudis del segle XX i inicis del segle XXI. Les cent setanta-quatre representacions de sants, estudiades aïlladament i després en el seu conjunt, forneixen una gran quantitat d’informacions. En primer lloc, la iconografia i la tria de les efígies revelen la riquesa i la varietat de préstecs d’aquesta decoració. Després, el lloc de les imatges en l’espai i les seves correspondències ens informen sobre les orientacions decisives del sobirà - promotor Guillem II. Si per a la reialesa normanda Bizanci roman una fascinació omnipresent, la posició del nou sobirà front a l’Orient evoluciona i el lligam amb la tradició grega, propi del regnat de Roger II, ja no és considerat de la mateixa manera. D’ara endavant, la política exterior del rei se situa al centre dels seus afers « europeus » i privilegia noves aliances, illustrades pels components anglo-normand i germànic del programa. És així com la decoració hagiogràfica matisa molt la tendència a la « bizantinització » excessiva de la decoració de Monreale, la qual ja no pot ser vinculada exclusivament a una tradició oriental.
Les miniatures préliminaires du manuscrit Perpignan, BM 1
Daniel CODINA
RÉSUMÉ
La description et l’analyse des miniatures « hors texte » du manuscrit Perpignan BM 1 indiquent des travaux de réforme et d’agrandissement de l’église de Saint-Michel de Cuxa par l’abbé Oliba : le baldaquin au-dessus de l’autel majeur et les deux chapelles superposées de la crypte et de la Trinité.
ABSTRACT
The description and analysis of the “hors text” miniatures of the manuscript Perpignan BM 1 indicate and remember works of reform and enlargement of the church of Sant Miquel de Cuixà by the abbot Oliba : the canopy above the major altar and the two superimposed chapels of the crypt and of the Trinity.
RESUM
Descripció i anàlisi de les miniatures « hors texte » del manuscrit Perpinyà BM 1 que indiquen i rememoren obres de reforma i ampliació de l’església de Sant Miquel de Cuixà pèr l’abat Oliba : el baldaquí sobre l’altar major i les dues capelles sobreposades de la cripta i de la Trinitat.
La sculpture de Saint-Michel de Cuxa à l’époque de l’abbé Oliba
Immaculada LORES i OTZET
RÉSUMÉ
Les oeuvres promues par l’abbé Oliba à Saint-Michel de Cuxa (1008-1046) sont surtout connues comme relevant de l’architecture. Néanmoins, elles ont servi aussi de support de décoration. C’est cette dimension décorative de l’art de l’époque d’Oliba, en grande partie disparue, que nous voulons faire revivre dans cette étude à travers l’analyse de quelques fragments de sculpture que l’on conserve toujours à l’abbaye. La comparaison avec d’autres fragments de la première moitié du XIe siècle, en particulier de Ripoll ou de Vic, permet de les rattacher aux réalisations de l’abbé au monastère du Conflent, concrètement au baldaquin et à la chapelle de la Trinité.
ABSTRACT
The works promoted by abbot Oliba at Saint-Michel of Cuxa (1008-1046) have traditionally been considered architectural achievements. At the same time, those works were also decorated with painting and sculpture. This article points out to the recovering of the ornamental features of Oliba’s art. Unfortunately, the most important part of these pieces is nowadays lost. The analysis of the sculptural pieces which are still preserved at the abbey and the comparison with other Catalan works of the first half of the XI Century, especially those from Ripoll and Vic, allows dating these remaining pieces as contemporary of Oliba’s period. This conclusion mainly affects the baldachin and the Trinity Chapel.
RESUM
Les obres promogudes per l’abat Oliba a Sant Miquel de Cuixà (1008-1046), les coneixem sobretot com a obres d’arquitectura. Tanmateix, aquestes obres van ser també el suport d’una decoració. Aquesta dimensió decorativa de l’art de l’època d’Oliba, que s’ha perdut en bona part, és la que es vol recuperar en aquest treball, a través de l’anàlisi d’alguns fragments d’escultura encara conservats a l’abadia. La seva comparació amb altres exemplars de la primera meitat del segle XI, entre els quals destaquen els de Ripoll o els de Vic, permet considerar aquestes peces com a provinents de les realitzacions de l’abat al monestir del Conflent, especialment del baldaquí i de la capella de la Trinitat.
Autour d’un document inédit de l’an mil sur Cuxa : échanges de biens et redéploiements territoriaux en Conflent
Aymat CATAFAU
RÉSUMÉ
La découverte d’un document inédit de l’an 1000 concernant le patrimoine de l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa permet d’ajouter quelques renseignements supplémentaires à l’histoire du monastère et de ses possessions. Par cet acte, l’abbé Guifred et la communauté donnent l’alleu qu’ils possèdent à Corneilla, en Conflent, et reçoivent du comte de Cerdagne, lui aussi nommé Guifred, les lieux d’Erola, Canaveilles et Aquas. Cet échange témoigne du moment où le comte semble concentrer ses possessions dans la vallée du Cadi (Corneilla-de-Conflent) où il fonde l’abbaye de Saint-Martin du Canigou. Cuxa, pour sa part, accroît son oeuvre de concentration foncière dans le haut Conflent, autour du site du premier monastère, Eixalada. Ce document permet de poser la question des rédéploiements territoriaux en Conflent, entre l’abbaye et le comte.
ABSTRACT
The discovery of a new document of the year 1000 concerning the inheritance of the abbey of Saint-Michel de Cuxa makes it possible to add some additional information to the history of the monastery and its possessions. By this act, the Guifred abbot and the community give the freehold which they have in Corneilla, in Conflent, and receive from the count of Cerdagne, also named him Guifred, places of Erola, Canaveilles and Aquas. This exchange testifies to the moment when the count seems to concentrate his possessions in the valley of Cadi (Corneilla-of-Conflent) where it melts the abbey of Saint- Martin du Canigou. Cuxa, for its part, increases its work of land concentration in high Conflent, around the site of the first monastery, Eixalada. This document makes it possible to raise the question of the territorial redeployments in Conflent, between the abbey and the count.
RESUM
La descoberta d’un document inèdit de l’any 1000 referent al patrimoni de l’abadia de Sant Miquel de Cuixà permet d’afegir algunes dades suplementàries de la història del monestir i de les seves possessions. Mitjançant aquest document, l’abat Guifré i la comunitat donen l’alou que posseeixen a Cornellà, al Conflent, i reben del comte de Cerdanya, anomenat també Guifré, els llocs d’Erola, Canavelles i Aquas. Aquest intercanvi és un testimoni del moment en què el comte sembla concentrar les seves possessions de la vall del riu Cadí (Cornellà de Conflent) on hi funda l’abadia de Sant Martí del Canigó. Per la seva banda, Cuixà incrementa la seva obra de concentració territorial a l’alt Conflent, entorn al lloc del primer monestir, Eixalada. Aquest document permet de plantejar la qüestió dels redesplegaments territorials entre l’abadia i el comte al Conflent.
Étude anthropologique des ossements du reliquaire dit de saint Pierre Orseolo à Prades (Pyrénées-Orientales)
Richard DONAT
RÉSUMÉ
Le Trésor de l’église paroissiale Saint-Pierre de Prades (Pyrénées-Orientales) conserve plusieurs reliquaires dont un attribué à Saint Pierre Orseolo (928-987), doge de Venise de 976 à 978. Ce reliquaire, constitué de deux châsses en bois sculpté, contenait un ensemble de quarante-huit ossements humains qui ont fait l’objet d’une étude anthropologique mettant en évidence la présence d’au moins trois sujets adultes. Cette étude, s’attachant à apporter des informations biologiques (âge, sexe, anomalie d’ordre pathologique ou autres), pose la question de l’identité des individus auxquels appartenaient ces restes. Elle permet notamment d’exclure l’appartenance de certains d’entre eux à Pierre Orseolo, à partir de la confrontation entre données anthropologiques et historiques.
ABSTRACT
The Treasury of the parish church Saint-Pierre de Prades (Pyrénées-Orientales) keeps several reliquaries including one allotted to Saint Pierre Orseolo (928-987), doge of Venice from 976 to 978. This reliquary, made up of two boxes out of carved wooden, contained a whole of forty-eight human bones which were the subject of an anthropological study highlighting the presence of at least three adult subjects. This study, attempting to bring biological information (age, sex, pathological anomaly or of different nature), raises the question of the identity of the individuals to which these remainders belonged. In particular it makes it possible to exclude the membership from some of them in Pierre Orseolo, starting from confrontation between anthropological and historical data.
RESUM
El Tresor de l’església parroquial de Sant Pere de Prada (Pyrénées-Orientales) conserva diversos reliquiaris, un dels quals s’atribueix a sant Pere Orseol (928-987), Dux de Venècia entre el 976 i el 978. Aquest reliquiari, constituït per dues caixes de fusta esculpides, contenia un conjunt de quaranta-vuit ossos humans que han estat objecte d’un estudi antropològic, el qual ha posat en evidència la presència de, almenys, tres individus adults. Aquest estudi, que aporta informacions biològiques (edat, sexe, anomalies de tipus patològic o altres), planteja la qüestió de la identitat dels individus als quals pertanyen les restes. I, sobretot, permet excloure la identificació d’algunes d’aquestes restes amb Pere Orseol, a partir de la confrontació entre les dades antropològiques i les històriques.
Seings manuels des scribes et notaires du XIe au XIIIe siècle dans le Roussillon et l’Hérault
Karim SAÏDI
RÉSUMÉ
Le signum manus est un signe graphique particulier dans l’écriture. Entreprendre une réflexion sur les origines de ce signe, ses formes et le sens de son inscription, c’est d’une part s’interroger sur l’écriture en tant qu’acte social, sur les hommes instruits à cette pratique, acteurs et créateurs de l’écriture tout à la fois, ainsi qu’à la nature même des témoignages graphiques du passé. D’autre part, le signum manus est une préfiguration voire un préambule à notre signature contemporaine. Cette étude aborde les questions de la genèse du signum en relation avec le métier du scribe, puis celui de notaire. Elle compare les formes et les évolutions différentes que le signa ont pu prendre en Roussillon et en Languedoc.
ABSTRACT
The signum manus is a particular graphic sign in the writing. To undertake a reflexion on the origins of this sign, its forms and the direction of its inscription, it is on the one hand to ask about the writing as a corporate measure, about the men educated with this practice, actors and creators of the writing all at the same time, and even about the nature of graphic testimonys of the past. In addition, the signum manus is a prefiguration and maybe a preamble of our contemporary signature. This study tackles the questions of the genesis of the signum in relation to the work of the scribe, then that of notary. It compares the forms and the different evolutions that the signa could take in Roussillon and Languedoc.
RESUM
El signum manus és un signe gràfic concret en l’escriptura. Emprendre una reflexió sobre els orígens d’aquest signe, les seves formes i el sentit de la seva inscripció, és d’una banda preguntar-se sobre l’escriptura en tant que acte social, sobre els homes instruïts en aquesta pràctica, actors i creadors de l’escriptura al mateix temps, així com en la naturalesa mateixa dels testimonis del passat. D’altra banda, el signum manus és una prefiguració o un preàmbul de la nostra escriptura contemporània. Aquest estudi aborda les qüestions de la gènesi del signum amb relació a l’ofici d’escriba, després el de notari. Es comparen les formes i les evolucions diferents que els signa han pogut tenir al Rosselló i al Llenguadoc.
Les vicomtes de Castelnou et la réforme grégorienne dans le diocèse d’Elne
Gabriel POISSON
RÉSUMÉ
Le lignage vicomtal de Castelnou est créé par les comtes de Besalú peu après l’an 1000. Dès l’origine les vicomtes tentent de se rapprocher de certains établissements ecclésiastiques. Exclus de l’abbaye d’Arles par les comtes de Besalú, ils sont réduits à une position de second dans l’Église d’Elne par les comtes de Roussillon. Cette position secondaire explique en partie le support actif des vicomtes à la réforme Grégorienne. La personnalité de Guillem II, à la fois régent de la vicomté, archidiacre d’Elne et abbé de Saint-Paul de Narbonne, offre peut-être un autre éclairage sur la fondation de collégiales affiliées à Saint-Ruf. Les liens entre Saint-Ruf et Saint-Paul sont anciens, ce qui explique la fondation précoce des prieurés vicomtaux de Castelnou, dans les années 1080, et de Saint-Féliu-d’Amont, au début du XIIe siècle. La séparation des pouvoirs laïcs d’avec l’Église qu’entraîne la réforme permet aux Castelnou de s’emparer enfin du siège épiscopal d’Elne.
ABSTRACT
The viscontal family of Castelnou is created by the counts of Besalú shortly after the year 1000. Right from the start, the Viscounts try to approach certain ecclesiastical establishments. Exclude from the abbey of Arles by the counts of Besalú, they are reduced to a position of second in the Church of Elne by the counts of Roussillon. This secondary position partly explains the active support of the Viscounts to the Gregorian Reform. Perhaps the personality of Guillem II, at the same time regent of the Viscounty, archdeacon of Elne and abbot of Saint-Paul of Narbonne, offers another lighting on the foundation of some collegial affiliated to Saint-Ruf. The bonds between Saint-Ruf and Saint-Paul are old, which explains the early foundation of the viscontal priories of Castelnou, in the years 1080, and of Saint-Féliu-d’Amont, at the beginning of the XIIth century. The separation of the laic capacities with the Church, as the reform involves, makes it possible Castelnou to finally seize the episcopal seat of Elne.
RESUM
El llinatge vescomtal de Castellnou va ser creat pels comtes de Besalú poc després de l’any 1000. Des dels seus orígens els vescomtes van intentar d’apropar-se a alguns establiments eclesiàstics. Exclosos de l’abadia d’Arles pels comtes de Besalú, van quedar reduïts en una posició secundària a l’església d’Elna pels comtes del Rosselló. Aquesta posició secundària explica en part el suport actiu des vescomtes envers la reforma gregoriana. La personalitat de Guillem II, al mateix temps regent del vescomtat i abat de Sant Pau de Narbona, ofereix potser un altre aclariment sobre la fundació de canòniques afiliades a Sant Ruf d’Avinyó. Els lligams entre Sant Ruf i Sant Pau són antics, cosa que explica la fundació precoç dels priorats vescomtals de Castellnou, durant els anys 1080, i de Sant Feliu d’Amunt, a començaments del segle XII. La separació dels poder laics de l’Església, que comportava la reforma permet als Castellnou d’apoderar-se finalment de la seu episcopal d’Elna.