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Résumés
La Catalogne autour de 1100
Martin AURELL
RÉSUMÉ
Les caractères arabes de lanneau sigillaire dErmessende
de Carcassonne, le mariage de son fils officié par Mundir,
émir de Saragosse, la correspondance de sa bru Almodis de
la Marche avec lémir de Dènia, ou les noces
de Maria Roderic, fille du Cid, avec Raimond Bérenger III
mettent en scène, par le truchement des femmes, les relations
que les Catalans entretiennent, à lhorizon 1100, avec
lIslam. Ils passent, en effet, dune cxistence
pacifique, voire dune ferme alliance pour combattre des coreligionnaires,
à une hostilité ouverte. En 1148, avec la conquête
de Tortosa, le territoire de la Catalogne a plus que doublé,
et cette expansion géographique saccompagne de laffirmation
identitaire de la catalanité. Pour lutter contre les Almoravides,
le comte de Barcelone sappuie sur lidéologie
de croisade soutenue par les légats pontificaux, alors que
ses voisins péninsulaires captent plutôt lhéritage
wisigothique avec les notions de destruction-restauration de lHispania.
Cest en somme le passage de la collaboration à la guerre,
avec ses prolongements idéologiques, qui apparaît alors
comme lélément déterminant des relations
entre Chrétienté et Islam en Catalogne.
RESUM
Els caràcters àrabs de lanell sigil.lari dErmessenda
de Carcassona, el casament del seu fill oficiat per Mundir, emir
de Saragossa, la correspondència de la seva nora Almodis
de la Marca amb lemir de Dènia o les noces de Maria
Roderic, filla del Cid, amb Ramon Berenguer III escenifiquen, a
través de les dones, les relacions entre Catalans i lIslam
cap el 1100. Passen llavors duna coexistència pacífica,
o millor duna aliança ferma per combatre els seus correligionaris,
a una hostilitat oberta. El 1148, amb la conquesta de Tortosa, el
territori de Catalunya sha multiplicat per dos, i a aquesta
expansió geogràfica safegeix lafirmació
identitària de la catalanitat. Per a lluitar contra els Almoràvids,
el comte de Barcelona es recolza en la ideologia de creuada animada
pels legats pontificals; en canvi, els seus veïns peninsulars
capten lherència visigòtica amb les nocions
de destrucció-restauració dHispania. Així
el passatge de la col·laboració en la guerra, amb
les seves prolongacions ideològiques, apareix com lelement
determinant de les relacions entre Cristianitat i Islam a Catalunya.
ABSTRACT
The Arabian graphic signs of the sealing ring of Ermessende de Carcassonne,
the marriage of her son officiated by Mundir, Emir of Saragossa,
the correspondance of her daughter-in-law Almodis de la Marche with
the Emir of Denia or the marriage of Maria Roderic, the Cids
daughter, with Raimon Berenger III, stage, through the women, the
relations that the Catalans are keeping up in 1100, with Islam.They
passed, indeed, from a peacefull coexistence, or even from a steady
alliance to fight against co-religionists, with an open hostility.
In 1148, with the conquest of Tortosa, the territory of Catalonia
increased more than twice, and this geographical expansion accompanies
an identitary affirmation of catalanity. To struggle against Almoravides,
the Count of Barcelona leans on the Crusade ideology, supported
by the papal legates, even when his peninsular neighbours rather
gain the Visigotic heritage with the notions of destruction-restauration
of the Hispania. Its altogether the new way of collaboration
to the war, with its ideological prolongements which appears as
the determining element of the relations between Christendom and
Islam, in Catalonia.
Valence et les musulmans valenciens face
aux chrétiens à lépoque de la reconquête
Pierre GUICHARD
RÉSUMÉ
On propose une brève vision de la société musulmane
valencienne face aux chrétiens à lépoque
de la Reconquête, de lépoque du Cid (fin du XIe
siècle) à la répression de la dernière
grande révolte des mudéjars valenciens (1275-1279).
Dans une proportion importante, la population descend des romano-wisigoths
qui peuplaient ces régions avant la conquête musulmane.
Cette population est presque totalement islamisée à
partir du second quart du XIIe siècle, moment où semblent
bien disparaître les derniers éléments mozarabes
identifiables. Elle est sans doute aussi très majoritairement
arabisée culturellement. Les villes ont été
des foyers actifs dune arabisation linguistique qui sest
imposée aussi dans les campagnes. Les élites andalouses,
bien que conscientes du caractère inéluctable de lavancée
chrétienne, ne parviennent pas à trouver une réponse
adéquate à cette menace. La conquête catalano-aragonaise
et la répression des révoltes détruisent les
élites urbaines et lappareil gouvernemental islamique,
la population musulmane subsistante, majoritairement rurale, a la
situation de minorité politiquement, socialement et économiquement
dominée, dans une structure que lon a pu qualifier
déjà de coloniale.
ABSTRACT
We propose a brief vision of the Muslim society of Valencia in face
of the Christians at the time of the Reconquest, from the time of
the Cid (end of the XIth century) until the repression of the last
great revolt of the Mudejars of Valencia (1275-1279). In a large
proportion, the population is descended from the Romano-Wisigoths
who were populating these regions, before the Muslim conquest. The
population is almost entirely islamised from the second quarter
of the XIIth century when the last identifiable Mozarabic elements
seem to disappear. It is also certainly, in its majority, culturally
Arabic. The town have been active centres of a linguistic arabisation
which also forced itelf into the country. The Andalusian elite though
aware of the ineluctable Christian advance, were not able to find
an adequate answer to this threat. The Catalano-Aragones conquest,
and the repression of the revolts overthrow the urban elites and
the Islamic govermental apparatus. The still extant Muslim population,
in most cases rural, is in situation of minority from political,
social and economic points of view, dominated in a structure that
could be qualified colonial
Les chrétiens orientaux face à
lIslam, de la fin du XIe à la fin du XIIIe siècle
Gérard DÉDÉYAN
RÉSUMÉ
Dans le conflit avec lIslam à lépoque
des Croisades, les chrétiens d'Orient, conformément
à la mentalité de lépoque, où
les références primordiales étaient religieuses,
se rangèrent plutôt du côté des Francs
par ailleurs plus tolérants que les Byzantins.
Le ralliement fut, dans lensemble, actif ce qui nexcluait
pas des tensions parfois très graves, particulièrement
dans le comté dEdesse de la part des princes
arméniens de Cilicie, dEuphratèse et dAntiochène,
la sympathie des commerçants et artisans étant limitée
par le souci de leurs intérêts économiques.
Au XIIIe siècle, le royaume dArménie cilicienne,
autant et plus que les Etats latins, les chefferies maronites
avec davantage de réticences de la part des montagnards que
de la part des gens du littoral comptèrent également
parmi les solides appuis des Francs. Loffensive des Bagratides
de Géorgie ouvrit un second front sur les arrières
des Saldjoûkides, puis des Zengides et des Ayyoûbides.
Mais linvasion mongole ne leur permit pas dintervenir
directement au profit des Francs. Cest comme vassaux, rudement
tenus en mains (à la différence des Arméniens
de Cilicie, plus éloignés et donc plus libres), de
lilkhân mongol de Perse, quils font campagne contre
les sultans mamelouks dEgypte.
Laide militaire des autres communautés à
savoir les Jacobites, les Melkites est plus difficilement
mesurable, étant donné quelles fournissent une
infanterie sur laquelle les Francs ont tendance à faire peser
la responsabilité de leurs défaites. Ces Syriaques,
voués plutôt aux arts de la paix, paraissent jouer
un rôle assez marqué dans le royaume de Chypre, à
lépoque de la lutte contre les Mamelouks, soit quils
combattent sous leur dénomination traditionnelle de Syriens,
soit quils peuplent les rangs des Turcoples, lun dentre
eux parvenant, dailleurs, au rang de grand turcoplier du royaume.
RESUM
En el conflicte amb lIslam a lèpoca de les Croades,
els cristians dOrient, dacord amb la mentalitat de lèpoca
en què els referents primordials eren religiosos, es van
arrenglerar més aviat al costat dels Francs sempre
més tolerants que els Bizantins.
Ladhesió fou, en conjunt, activa cosa que no
excloïa tensions, a vegades molt greus, particularment al comtat
dEdessa per part dels prínceps armenis de Cilícia,
dEufrates i dAntioquia, estant limitada la simpatia
dels comerciants i artesans per la preocupació pels seus
interessos econòmics. Al segle XIII, el regne dArmènia
ciliciana, tant o més que els Estats llatins, les chefferies
maronites amb més reticències per part dels
habitants de la muntanya que no pas de la gent del litoral- es comptaren
també entre els sòlids recolzaments dels Francs. Lofensiva
dels bragàtides de Geòrgia va obrir un segon front
a la reraguarda dels seljúcides, i després dels zengites
i dels aiúbides. Però la invasió mongol no
els va permetre intervenir directament a favor dels Francs. És
com a vassalls en mans de lilkhân mongol de Pèrsia
que fan campanya contra els sultans mamelucs dEgipte.
Lajut militar de les altres comunitats els jacobites,
els melquites és més difícilment mesurable
ja que proporcionaven una infanteria en la que els Francs tenien
tendència a fer-hi recaure la responsabilitat de les seves
derrotes. Aquests siríacs, consagrats sobretot a les arts
de la pau, semblen jugar un paper força remarcable en el
regne de Xipre, a lèpoca de la lluita contra els mamelucs,
sigui combatent sota la seva denominació tradicional de siris,
sigui ocupant els llocs dels turcoples, i un dentre ells arriba,
daltra banda, al rang de gran turcopler del regne.
Présence et reflets de lart
islamique en Italie méridionale au Moyen âge
Valentino PACE
RÉSUMÉ
Il y a toujours des difficultés persistantes pour assigner
un lieu dexécution à un important groupe dolifants
(cors en ivoire déléphant) des XIe et XIIe siècles.
Sur la base dindices comparatifs ou circonstanciels, des chercheurs
ont suggéré lItalie du Sud et plus précisément
la Campanie (Salerno, Amalfi) comme lieu de production de nombre
dentre eux. Cependant, même si la sculpture campanienne
montre quelques similarités avec ces objets, il ne peut être
tenu pour certain que cela démontre une origine commune.
Une recherche plus approfondie et une comparaison avec la sculpture
des plus importantes églises du XIe siècle de Bari
(Pouilles) montre que là pourrait se situer le centre de
production le plus important pour les olifants. Cette hypothèse
pourrait être renforcée par des correspondances iconographiques
entre les olifants et des manuscrits apuliens. En outre, si les
affinités stylistiques (déjà proposées
par les chercheurs pour certains ivoires) et iconographiques sont
toutes deux convaincantes, le contexte historique lest encore
plus pour rendre cette hypothèse digne de considération.
Sans aucun doute, Bari était la cité où la
commande aristocratique était la plus à même
dêtre influencée par les objets produits en milieu
byzantin ou islamique. Pour ces raisons, les olifants dItalie
du Sud représentent un des aspects les plus fascinants
et les plus énigmatiques de la vie artistique et sociale
du monde méditerranéen et constituent un exemple des
contacts étroits et fructueux entre Byzance, lOccident
et le monde islamique. Seule une recherche ultérieure permettra
cependant de démontrer la validité de cette hypothèse.
ABSTRACT
There are still persisting difficulties in assessing the place where
a large group of eleventh- and twelfth-century oliphants
(elephant tusks) were executed. On the basis of circumstantial and
comparative evidence, scholars have suggested Southern Italy and
more precisely Campania (Salerno or Amalfi) as the locality where
a number of these objects might have been produced. However, although
Campanian sculpture bears some similarity with these works, it cannot
be taken for granted that this proves a common place of origin.
Further investigation and comparison with the sculpture of its most
important churches may prove that eleventh-century Bari (Apulia)
may have been the major center of production of these oliphants.
In fact, evidence for this supposition may be also supported by
iconographic similarities between the oliphants and Apulian mss.
Furthermore, if both stylistic affinities (already proposed by scholars
for some ivories) as well as iconographic ones are convincing, even
more so is the historical context which makes this hypothesis worthy
of serious consideration. Indeed, Bari was most likely the city
where aristocratic and wealthy patronage would have been affected
by artifacts produced in a Byzantine and Islamic milieu. For these
reasons, Southern-Italian oliphants represent one of
the most fascinating and enigmatic aspects of the artistic and social
life of the Mediterranean world and provide an example of the deep
and fruitful contacts between Byzantium, Islam and the West. Only
further research may prove the viability of the argument here presented.
Des objets en migration : les itinéraires
des objets islamiques vers lOccident latin au Moyen âge
Avinoam SHALEM
RÉSUMÉ
De nombreuses églises, en Occident latin, exposent fièrement
des objets dans leurs trésors. De plus, selon des inventaires
médiévaux un grand nombre dobjets islamiques
sont connus pour avoir été conservés dans les
trésors des églises d'Europe. Nombre dentre
eux ont simplement disparu. Dautres ont été
pillés, saccagés ou même détruits pendant
les guerres. Malgré tout, un petit nombre d'objets islamiques
conservés dans des collections publiques ou privées,
sont connus comme ayant été à lorigine
conservés dans des trésors déglises.
Ainsi, les objets islamiques conservés ou connus pour avoir
été gardés dans l'Occident médiéval
sont les témoignages archéologiques des
intenses relations Est-Ouest. Le but de cette courte étude
est dillustrer les diverses voies par lesquelles les objets
islamiques ont atteint lOccident latin. Cest pourquoi
ces objets ne sont pas classés selon selon leur matière,
leur provenance ou leur date, mais plutôt selon leur biographie,
à savoir leur mode de provenance spécifique jusquà
lOccident latin. Cest-à-dire en tant que souvenirs
sanctifiés, présents royaux ou diplomatiques, trophées
de guerre ou marchandises de luxe.
RESUM
Nombroses esglésies de lOccident llatí ostentaven
orgullosament objectes islàmics en els seus tresors. A més
a més, i a partir dels inventaris medievals, és sabut
que un important nombre dobjectes islàmics es conservaven
en tresors desglésies a Europa. Molts daquests
objectes simplement han desaparegut. Altres foren víctimes
de saquejos o van ser destruïts en moments de guerra. Només
alguns dels que ara es conserven en col·leccions públiques
i privades se sap que originàriament havien format part de
tresors desglésies. Així, els objectes islàmics,
tant els que ens han arribat com els que sabem que es conservaven
a lOccident medieval, són levidència
arqueològica de la intensa relació Est-Oest.
Lobjectiu daquest breu estudi és il·lustrar
la varietat de vies a través de les quals els objectes islàmics
van arribar a lOccident llatí. Per això, els
objectes no estan classificats segons el seu material, procedència
o datació, sinó més aviat segons la seva biografia
i, especialment, el seu itinerari particular cap a Occident. Eren
peces sagrades i souvenirs, obsequis reials i diplomàtics,
trofeus de guerra i béns de luxe amb valor comercial.
ABSTRACT
Numerous churches in the Latin West proudly display Islamic objects
in their treasuries. Moreover, according to medieval inventories,
a large number of Islamic artefacts are known to have been kept
in church treasuries in Europe. Many of them have simply disappeared.
Others were sacked, looted or even destroyed during wars. Nonetheless,
quite a few Islamic artefacts, which are kept at present in public
and private collections, are known to have originally been kept
in church treasuries. Thus, the Islamic objects kept or known to
have been kept in the medieval West are the archaeological
evidence for the intensive East-West relationship.
The aim of this short study is to illustrate the varied routes
by which Islamic objects reached the Latin West. Therefore the artefacts
are not classified according to their material, provenance or date
but rather according to their biography, namely their specific itinerary
route of transport to the Latin West. These are: blessed mementoes
and souvenirs, royal and diplomatic presents, trophies of wars and
luxury traded goods.
À propos de la cuve de Xàtiva
: un exemple de synthèse des substrats classique et islamique
Milagros GUARDIA
RÉSUMÉ
Cet article étudie une cuve de marbre rosé réalisée
et conservée dans la ville hispano-musulmane de Xàtiva
(ancienne Saetabis romaine). Cette cuve, un objet de grandes dimensions
et dune typologie très peu fréquente, est décorée
dune frise en relief exceptionnelle dans le panorama de la
production artistique de provenance andalouse. Les thèmes
et les scènes analysés ont leur origine dans des cultures
diverses, ayant en commun la transmission de thèmes princiers
classiques qui ont été lobjet dune véritable
systématisation. Parmi ces thèmes on doit souligner,
sur la cuve, ceux venus de lEgypte fatimide. La composition
finale est précisément adaptée à la
structure de la cuve, elle montre un programme iconographique extrêmement
cohérent. La filiation de lobjet et sa chronologie
que nous plaçons dans le XIIe siècle
permet de sinterroger sur lart hispano-musulman de lépoque
des taifas et almoravide, et en même temps de suggérer
de nouvelles directions détude.
RESUM
En aquest article sanalitza una pica de marbre rosat realitzada
i conservada a lantiga ciutat hispano-musulmana de Xàtiva
(la Saetabis romana). La pica, de grans dimensions i amb una tipologia
poc freqüent, és decorada amb un fris en relleu figurat
que constitueix un cas excepcional dins del panorama de la producció
artística conservada de procedència andalusí.
Els temes i les escenes analitzades permeten deduir uns orígens
en diverses cultures mediterrànies antigues i que constitueixen
part del repertori o cicle principesc i que han estat rigorosament
sistematitzades en aquesta obra. Es posa especial èmfasi
en els préstecs iconogràfics respecte de lart
de lEgipte fatimí. La composició que en resulta
ens porta a comprendre un programa iconogràfic complex i
coherent. La filiació de lobra i la seva cronologia,
que situem al segle XII, ens permeten plantejar algunes línies
danàlisi de lart hispano-musulmà dels
períodes taifal i almoràvit.
Sur les supposées influences islamiques
dans lart roman : lexemple de la cathédrale Notre-Dame
du Puy-en-Velay
Xavier BARRAL i ALTET
RÉSUMÉ
En 1911, Emile Mâle a proposé que certains caractères
architecturaux et décoratifs de la cathédrale Notre-Dame
du Puy, et d'autres édifices auvergnats, avaient une origine
arabo-islamique, à travers l'Espagne musulmane. Une meilleure
compréhension de ces caractères, et du substrat culturel
pré-roman fait aujourd'hui justice de cette théorie
des influences.
RESUM
El 1991, Emile Mâle proposava que certs caràcters arquitecturals
i decoratius de la catedral de Notre-Dame du Puy tenien un origen
arabo-islàmic, a través de l'Espanya musulmana. Una
millor comprehensio d'aquests caràcters i de les precedències
culturals del romànic desment avui dia aquesta teoria de
les influències.
ABSTRACT
In 1911, Emile Mâle propose that many architectural or decorative
features of the Notre-Dame du Puy cathedral, and of others buildings
of Auvergne, followed an arabo-islamic pattern, through muslim Spain.
A better comprehension of these features, and of the cultural background
before the romanesque period leads us to reject this theory of influences.
Arcs trilobés et polylobés
dans larchitecture romane. À propos des tribunes de
Notre-Dame du Port de Clermont
Caroline ROUX
RÉSUMÉ
A lissu dun bilan historiographique sur la question
des arcs polylobés romans en France, il apparaît quaucune
étude ne sest jamais consacrée aux arcs des
tribunes de la collégiale clermontoise. Cet ensemble darcs,
pourtant bien connu depuis la mise en lumière dÉmile
Mâle en 1911, a longtemps placé lAuvergne au
cur des fondements de la théorie des influences islamiques.
Les trilobes soulèvent dimportantes problématiques,
selon que lon considère les questions architectoniques,
les ordonnances ou la place quoccupent ces tracés au
sein du contexte architectural de la région et, plus largement,
français.
RESUM
Després dun balanç historiogràfic sobre
els arcs polilobulats romànics a França, es constata
que mai no sha dedicat cap estudi als arcs de les tribunes
de la col·legiata de Clermont-Ferrand. Aquest conjunt darcs,
ben conegut des del 1911 en què Émile Mâle els
va publicar, ha situat lAuvèrnia durant molt temps
al centre dels fonaments de la teoria de les influències
islàmiques. Els trebolats menen a importants problemàtiques,
segons es consideri les qüestions arquitectòniques,
la seva ordenació o el lloc que ocupen aquests dissenys en
el context arquitectònic de la regió i, més
en general, francès.
ABSTRACT
Making an historiographical balance about romanesque multifoiled
archs in France, it appears that no study has been dedicated to
those of the galleries of Notre-Dame du Port. This group of archs,
well known since the considerations made by Emile Mâle in
1911, longer placed Auvergne at the heart of a theory of an islamic
influence on the romanesque art. In fact, trefoiled archs carry
on serious and various problems, as considering architecture, ordering
or the place that these peculiar forms take in the regional context,
and the whole France.
Les églises du Serrablo, en Haut-Aragon,
et le mythe mozarabe
Emmanuel GARLAND
RÉSUMÉ
Le bassin supérieur du Gallego, situé au cur
du royaume dAragon naissant, constitue une entité historique
et géographique où un nombre important déglises
du Haut-Moyen ge présentent des caractères communs
fortement typés. Leur datation et lorigine de ces caractères
particuliers divisent les historiens de lart entre les partisans
dune datation haute associée à la reconnaissance
dune influence mozarabe, et ceux dune attribution à
lépoque romane. Pourtant létude de ces
églises, menée à partir de celle de la plus
achevée dentre elles, Saint-André de Lárrede,
lobservation attentive dédifices indubitablement
antérieurs, et celle dun ensemble monastique récemment
découvert (San Pelay de Gavín) permettent décarter
de manière formelle lidée quelles puissent
relever de lart mozarabe stricto sensu. Tout indique que cet
ensemble roman original procède dune volonté
politique et artistique quun certain nombre dindices
conduisent à attribuer à labbé Banzo
de Fanlo (seconde moitié du XIe siècle). Celui-ci
sut encourager et développer un style roman propre à
cette région qui fait du Serrablo, quelles que soient les
velléités de récupération à des
fins commerciales ou culturelles contemporaines, un authentique
témoin du génie roman.
RESUM
La conca superior del Gállego, situat al cor del naixent
regne dAragó, constitueix una entitat històrica
i geogràfica en la que un nombre important desglésies
de lAlta Edat Mitjana presenten trets comuns fortament caracteritzats.
La seva datació i lorigen daquests caràcters
particulars divideixen els historiadors de lart entre els
partidaris duna datació alta, associada al reconeixement
duna influència mossàrab, i aquells partidaris
duna atribució en època romànica. Amb
tot, lestudi daquestes esglésies, fet sobretot
a partir del de la més acabada dentre elles, San Andrés
de Lárrede, lobservació atenta dedificis
indubtablement anteriors, i la dun conjunt monàstic
descobert recentment (San Pelay de Gavín), permeten descartar
de manera formal la idea que puguin derivar de lart mossàrab
stricto sensu. Tot indica que aquest conjunt romànic original
procedeix duna voluntat política i artística
que un cert nombre dindicis condueixen a atribuir a labat
Banzo de Fanlo (segona meitat del segle XI). Aquest va saber encoratjar
i desenvolupar un estil romànic propi en aquesta regió
que fa del Serrablo, siguin quines siguin les vel·leïtats
de recuperació amb finalitats comercials o culturals contemporànies,
un autèntic testimoni del geni romànic.
ABSTRACT
The upper basin of the river Gallego, in the heart of the newborn
realm of Aragon, is a geographical and historical entity with a
significant number of early medieval churches which have common
peculiar characteristics. Art historians disagree on the origin
and on the period when these churches were built: some consider
that they belong to the Mozarab period, while others believe that
they were built during the Romanesque one. The study we undertook
through its best achievement, the church of Sant Andrés de
Lárrede, jointly to an analysis of three chapels which are
undoubtedly older, and to the study of the recently discovered ruins
of the monastery of San Pelay in Gavín provide a new insight
on their filiations, and lead to reject the mozarab hypothesis.
It is clear enough that this is an outstanding genuine Romanesque
group of churches which results from a political and artistic will
that some clues lead us to assign to Banzo, abbot of Fanlo in the
second half of the eleventh century. This remarkable abbot elaborated
and promoted a new type of churches which makes Serrablo, whatever
modern economical or cultural drivers may be, an authentic testimony
of Romanesque genuine skill at his best.
À propos des motifs islamiques
dans la sculpture romane du Sud-Ouest
Quitterie CAZES
RÉSUMÉ
Lhistoire de lart de la première moitié
du XXe siècle a été conquise par lidée
quune part de lart roman était redevable à
lart dal-Andalus ; en fait, si lon peut établir
une relation, cest que les deux puisent à la même
source de lAntiquité, et que certains motifs participent
dun goût partagé. Il est frappant de constater
que dans la sculpture du Sud-Ouest de la France au XIe et début
du XIIe siècle, dans une région pourtant largement
concernée par ce qui se passe au-delà des Pyrénées,
il ny a que très peu dallusion aux Musulmans.
Dans ce contexte, le chapiteau du cloître de Moissac qui porte
un décor au net parfum mauresque présente
un intérêt tout particulier puisquil permet de
comprendre la genèse dun motif de la sculpture romane.
RESUM
La història de lart de la primera meitat del segle
XX ha estat marcada per la idea que una part de lart romànic
depenia de lart de lAl-Andalus; de fet, si es pot establir
una relació, aquesta és que ambdós beuen de
la mateixa font de lAntiguitat, i que certs motius participen
dun gust compartit. És sorprenent constatar que en
lescultura del Sud-Oest de França al segle XI i principis
del segle XX, en una regió per altra banda àmpliament
afectada pel que passa més enllà dels Pirineus, hi
ha molt poques al·lusions als Musulmans. En aquest context,
el capitell del claustre de Moissac que conté una decoració
de clar perfum moresc, presenta un interès ben
particular ja que permet comprendre la gènesi dun motiu
de lescultura romànica.
ABSTRACT
The story of Art of his first half of the XXth century has been
conquered by the idea that a part of the romanesque art was indebted
to the art of Al-Andalus. In fact, if we may take this for granted,
the two arts draw from the same spring of Antiquity, and certain
motives appear from a shared taste.
Its striking to note that, in the sculpture of South-West
of France, during the XIth century and at the beginning of the XIIth,
in a region however broadly concerned by what happens beyond the
Pyrenees, we find only a very small allusion to the Muslims. In
this context the capital of Moissacs cloister whith shows
a scene Moorish flavour has a very peculiar interest
since it permits to understand the genesis of a motive of the romanesque
sculpture.
Léglise de Planès
et son interprétation comme mosquée au XIXe siècle
Olivier POISSON
RÉSUMÉ
Léglise de Planès excite depuis plusieurs
siècles la curiosité : cest un édifice
de plan triangulaire, à trois absides, pour lequel il nexiste
aucune véritable comparaison. Jugé depuis le XIXe
siècle appartenir à lépoque romane,
lédifice a été considéré,
entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe,
comme dorigine arabo-musulmane, élevé à
lorigine pour être une mosquée.
Larticle fait lhistorique et le commentaire de cette
identification, et propose une analyse de sa signification dans
lhistoriographie roussillonnaise.
RESUM
Lesglésia de Planès excita desde molt temps
la curiositat : es tracta dun edifici de forma triangular,
flanquejat de tres absis, pel cual no existeix, de veritat, cap
terme de comparació. Jutjat desde linici del s. XIX
ésser un edifici romànic, mentrestant va ser considerat
durant un llarg espai de temps, entre el final del s. XVIII i
linici del s. XIX, dorigen arabo-musulmà, edificat
per a mesquita.
Larticle resuma lhistòria daquesta identificació
i la commenta, i proposa una analisi de la seva significació
en la historiografia rossellonesa.
ABSTRACT
The Planès church excites curiosity since some centuries
: it is a triangular-planned building, with three apses, for which
there is no real comparison in the West. Attributed since the
XIXth century to the romanesque period, it was considered, between
the end of the XVIIIth and the middle of the XIXth centuries as
an arabo-islamic building, originary a mosque.
This article studies the history of that identification and proposes
an analysis of its signification in the context of Roussillon
historiography.
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