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LES CAHIERS DE SAINT-MICHEL DE CUXA

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Année 2003, n° 34

Liturgie, arts et architecture à l’époque romane

Père Pierre-Marie GY
La liturgie à l’époque romane
Manuel Antonio CASTIÑEIRAS GONZÁLEZ
Topographie Sacrée, liturgie pascale et reliques dans les grands centres de pèlerinage : Saint-Jacques-de-Compostelle, Saint-Isidore-de-Léon et Saint-Étienne-de-Ribas-de-Sil
Christian SAPIN
Cryptes et sanctuaires, approches historiques et archéologiques des circulations
Quitterie CAZES
Les massifs occidentaux des églises romanes de Toulouse
Anke WUNDERWALD
Les peintures murales de Saint-Pierre de la Seu d’Urgell et leur environnement liturgique
Carles MANCHO
La peinture dans le cloître : l’exemple de Sant Pere de Rodes
Pascale CHEVALIER, Arlette MAQUET
Les installations liturgiques romanes dans le diocèse de Clermont.
Découvertes récentes : des autels, des armoires, des chancels, des tombeaux.

Eric PALAZZO
L’histoire des autels portatifs par Jean-Baptiste Gattico (1704-1754)
Cécile TREFFORT
Inscrire son nom dans l’espace liturgique à l’époque romane
Nicolas REVEYRON
Architecture, liturgie et organisation de l’espace ecclésial.
Essai sur la notion d’espace dans l’architecture religieuse du moyen âge.

 

Résumés



La liturgie à l’époque romane
Père Pierre-Marie GY

RÉSUMÉ
Dans la liturgie de l’époque romane (on disait alors les “offices divins”, les “offices de l’église”), les fidèles communient moins souvent qu’auparavant et la communion au calice est en train de disparaître, mais la confession annuelle devient obligatoire et les funérailles à l’église se généralisent. En Europe occidentale presque tous sont baptisés. Le peuple fidèle, qui est presque entièrement illettré, vénère les images saintes, et le culte de la présence du Christ dans l’Eucharistie se développe : au XIIIe siècle il conduira à l’élévation eucharistique au canon de la messe et à la fête nouvelle de la Fête-Dieu. À la fin du 12e siècle un tournant spirituel éloigne la piété de celle de l’époque patristique et amorce une piété nouvelle envers le Christ et la Vierge Marie, marquée par la piété mariale de saint Bernard, puis par la dévotion à Jésus crucifié de saint François, lequel sera aussi le premier à attribuer à Noël une importance plus grande qu’à Pâques.

ABSTRACT
In the liturgy of the Romanesque period (at the time the liturgy was called the “divine office”, “the office of the Church”) the faithful receive communion less frequently than in former times, and the practice of receiving from the chalice begins to disappear. Annual confession, however, becomes obligatory, and funerals in the church become the norm. In Western Europe almost everyone is baptized. The lay faithful, almost entirely illiterate, venerate holy images, and the cult of Christ’s presence in the Eucharist develops--during the thirteenth century it will lead to the elevation of the Eucharist in the canon of the mass and to the new feast of Corpus Christi. At the end of the twelfth century a spiritual shift draws piety away from that of the patristic period and initiates a new piety towards Christ and the Virgin Mary, marked by the Marian piety of St. Bernard and also the devotion to the crucified Jesus of St. Francis, who will also be the first to attribute to Christmas an importance greater than that of Easter.

RESUM
En la litúrgia de l’època romànica (es parlava aleshores dels “divins oficis” o de “l’ofici de l’Església”) els fídels no rebien tant la comunió com abans, i la comunió al calze anava desapareixant ; però la confessió anual esdevé obligatòria, i les exèquies a l’església es generalitzaren. A l’Europa occidental tothom és baptitzat. El poble dels fídels, quasi tot il.letrat, venera les imatges santes, i el culte de la presència de Crist a l’Eucarístia es desenvolupa : al segle XIII, portara a l’elevació eucarística en el cànon de la missa i a l’institució de la nova festa del Còrpus. A la fí del s. XII, una inflexió de l’espiritualitat aparta la pietat de la dels temps patrístics, i obra el pas a una pietat nova de cara al Crist i la Verge Maria. L’època sera marcada per la devoció marial de sant Bernat, i per la devoció al Crist crucificat de sant Francesc. Aquest darrer serà també el primer a posar la festa nadalenca més en relleu que la de Pasqües.



Topographie Sacrée, liturgie pascale et reliques dans les grands centres de pèlerinage : Saint-Jacques-de-Compostelle, Saint-Isidore-de-Léon et Saint-Étienne-de-Ribas-de-Sil*
Manuel Antonio CASTIÑEIRAS GONZÁLEZ

RÉSUMÉ
La concurrence entre les grands centres de pèlerinage aux XIe et XIIe siècles a amené quelques sanctuaires à développer une politique artistique d’émulation. Dans le cas de Compostelle, sa cathédrale est conçue comme un système de citations cultuelles, architecturales et iconographiques en accord avec les besoins de propagande du siège de Saint-Jacques et son désir de remplir les vœux de ses récepteurs. Ce qui explique alors la situation particulière et l’invocation des chapelles et des autels, hauts et bas, de la Cathédrale de Saint-Jacques, l’emploi de certaines typologies architecturales évoquant Rome et la sélection de quelques images liées à la Réforme Grégorienne et l’affirmation de Saint-Jacques de Compostelle. D’ailleurs, au cours du XIIe siècle, la liturgie pascale et l’invocation des Lieux Saints semble devenir un topos dans les programmes iconographiques sur les routes de pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle afin de créer une iconographie d’aller et retour qui joint le sens pénitential des portails sculptés du Chemin de Saint-Jacques et le salut dans l’imaginaire hiérosolymitain.

RESUMEN
La competencia entre los grandes centros de peregrinación en los siglos XI y XII llevó a algunos santuarios a una política artística de emulación. En el caso de Compostela su catedral se concibe como un intrincado sistema de citaciones cultuales, arquitectónicas e iconográficas que responde a las necesidades propagandísticas de la sede jacobea y a su deseo de colmar el horizonte de expectativas de sus receptores. De ahí la peculiar dedicación y ubicación de las capillas y altares, altos y bajos, de la Catedral de Santiago, el uso de determinadas tipologías arquitectónicas de resonancias romanas y la selección de algunas imágenes vinculadas a la Reforma Gregoriana y la afirmación jacobea. Por otra parte, a lo largo del siglo XII la liturgia pascual y la evocación de los Santos Lugares parecen convertirse en un topos de los programas iconográficos de las rutas de peregrinación a Santiago en un deseo de crear una iconografía de ida y vuelta que una el sentido penitencial de los portales esculpidos del Camino con el imaginario salvífico hierosolimitano.

ABSTRACT
During 11th and 12th centuries, competition between the great pilgrimage centres led some sanctuaries to develop an special policy of artistic emulation. In the case of Compostela, the Cathedral was conceived as an intricate and complex system of cultural, architectural and iconographical citations, responding to the propaganda of St. James ‘ See, and to its willing to fulfil the expectations of its receptors. This was the reason for the special location and dedication of the upper and lower chapels and altars in the Cathedral, for the use of certain architectural typologies evocating Rome, and, also, for the choice of some images strongly related both, to the Gregorian Reform and to the affirmation of the Jacobean See. On the other hand, during the 12th century, Pascal Liturgy and the remembering of the Holy Places seem to become a topos within the iconographical programs along the pilgrimage roads to Santiago, trying to put together the penitential sense reflected in the sculpted portals from the Camino de Santiago and the salvation in the Jerusalem’s imaginary in a newly created "both ways" iconography.

RESUM
La competència entre els grans centres de peregrinació en els segles XI i XII va portar alguns santuaris a emprendre una política artística d’emulació. En el cas de Compostel·la, la seva catedral es va concebre com un intricat sistema de citacions cultuals, arquitectòniques i iconogràfiques que respon a les necessitats propagandístiques de la seu jacobea i al seu desig d’omplir l’horitzó d’expectatives dels seus receptors. Per això, la peculiar dedicació i ubicació de les capelles i altars, alts i baixos, de la Catedral de Santiago, l’ús de determinades tipologies arquitectòniques de ressonàncies romanes i la selecció d’algunes imatges vinculades a la Reforma Gregoriana i a l’afirmació jacobea. Per altra banda, al llarg del segle XII, la litúrgia pasqual i l’evocació dels Llocs Sants semblen convertir-se en un topos dels programes iconogràfics de les rutes de pelegrinatge a Santiago en un desig de crear una iconografia d’anada i tornada que uneixi el sentit penitencial de les portades esculpides del Camí amb l’imaginari salvífic de Jerusalem.



Cryptes et sanctuaires, approches historiques et archéologiques des circulations
Christian SAPIN

RÉSUMÉ
À travers de nombreux exemples conservés ou retrouvés par l’archéologie entre le Ve et le XIIe siècle, on voit se constituer plusieurs systèmes de circulation entre crypte et sanctuaire dont les origines ne sont pas seulement pratiques et fonctionnelles mais contribuent à donner un sens à un des aspects spécifiques de l’architecture médiévale : la superposition de niveaux. La position des escaliers et des portes multiples traduisent, aussi bien dans des exemples d’abbatiales ou de cathédrales, une circulation dont les textes, Ordinaires ou Chroniques, témoignent rarement. De même, les traces au sol ou dans les encastrements, que relève une nouvelle archéologie, montrent des parties d’espaces “privilégiés” moins signifiées par l’architecture ou le décor de pierre que par un mobilier liturgique disparu ou par la présence à l’époque de tissus ou de rideaux.

RESUM
Gràcies a numbrosos exemples conservats, o retrobats per l’arqueologia, datats entre els s. V i XII, podem considerar la constitució de diversos sistemes de circulació entre cripta i santuari, dels quals els origens no son només funcionals i concrets, sinó que contribueixen a donar un sentit a un dels aspectes més específics de l’arquitectura medieval : la superposició de nivells.
La posició de les escales i de les multiples portes tradueixen, tant a abadies com catedrals, una circulació excepcionalment mencionada en els textos, Ordinaris o bé Cròniques. De la mateixa manera, les traces al sòl o de fixacions a les parets, revelades per una nova arqueologia, evidencien “espais privilegiats” que eren menys indicats per l’arquitectura o el decor de pedra que per un mobiliari litúrgic desaparegut o per la presència, a l’època, de teixits o cortines.



Les massifs occidentaux des églises romanes de Toulouse
Quitterie CAZES

RÉSUMÉ
Le récent colloque publié sous la direction de Ch. Sapin, Avant-nefs et espaces d’accueil dans l’église entre le IVe et le XIIe siècle (Paris, 2002) a montré la multiplicité des fonctions, y compris liturgiques, des massifs occidentaux. À Toulouse, quatre grandes églises romanes, conservée (Saint-Sernin), mutilées (Saint-Etienne, Saint-Pierre-des-Cuisines) ou détruite (Notre-Dame la Daurade) ont été pourvues de massifs occidentaux. Leur étude menée ici, met en évidence deux séries, distinctes du point de vue de la typologie comme de la chronologie : à Saint-Sernin et Saint-Etienne étaient prévus des massifs à deux tours en façade, dans le dernier tiers du XIe siècle ; à la Daurade et Saint-Pierre-des-Cuisines, les massifs abritaient une salle haute à usage de chœur monastique ou tribune, réalisés dans la première moitié du XIIe siècle.

RESUM
El recent col.loqui publicat per Christian Sapin Avant-nefs et espaces d’accueil dans l’église entre le IVe et le XIIe siècle (Paris, 2002) ha demostrat la multiplicitat de les funcions, fins i tot litúrgiques, dels massisos occidentals de les esglésies.
A Tolosa, quatre grans esglésies, sigui conservada (Sant Serní) sigui mutilades (la catedral Sant Esteve, Sant Pere de les Cuines), sigui desapareguda (Nostra Senyora la Daurada) tenien un massís occidental. Llur estudi posa en relleu dues sèries distintes, del punt de vista tant tipològic com cronològic. A Sant Serní i a la catedral eren prevists massisos amb dues torres de façana, en el darrer terç del s. XI. A Sant Pere i a la Daurada, els massisos contenien una sala alta, d’us de cor litúrgic o de tribuna, edificats en la primera meitat del s. XII.



Les peintures murales de Saint-Pierre de la Seu d’Urgell et leur environnement liturgique*
Anke WUNDERWALD

RÉSUMÉ
Les peintures murales de Saint-Pierre de la Seu d’Urgell proviennent d’une des églises du groupe épiscopal d’Urgell. Sa construction comme son mobilier liturgique, bien documentés par des sources écrites, fournissent des données importantes pour la compréhension des images peintes sur l’abside principale : en particulier la liturgie des jours de fête, qui fait évidemment référence au programme iconographique.
Mises à part les contingences locales de la décoration de l’espace sacré, le programme iconographique apparaît marqué par le contexte de la reconquête, comme par l’influence de la réforme grégorienne et des innovations qu’elle introduit.

RESUM
Les pintures murals de Sant Pere de la Seu d’Urgell procedeixen d’una de les esglésies del conjunt catedralici d’Urgell. L’edificació d’aquesta i el seu mobiliari litúrgic, ben documentats a les fonts escrites, proporcionen indicis importants per a la comprensió de les imatges del seu absis principal. Això ateny sobretot la litúrgia dels dies festius, la qual evidentment fa referència al programa pictòric. A part de les necessitats locals en la decoració de l’espai sagrat, el programa iconogràfic es troba tant en el context de la reconquesta, com sota la influència de la reforma gregoriana i de les innovacions introduïdes per aquesta.



La peinture dans le cloître : l’exemple de Sant Pere de Rodes
Carles MANCHO

RÉSUMÉ
Avec cet article, nous présentons une partie des peintures découvertes au cloître inférieur du monastère de Sant Pere de Rodes en 1991. Le sujet représenté, la Crucifixion, se caractérise par la présence des bourreaux qui écrasent les jambes des larrons accompagnant le Christ au Calvaire. Cette iconographie permet de relier ces peintures avec le Beatus de Gérone (975) ou la Bible de Ripoll (milieu XIe s.). La chronologie de la Bible de Ripoll et l’arrivée du Beatus à Gérone (vers 1078) nous permettent de supposer que ce décor de Rodes, par leur iconographie plus mûre, doit être placé vers la deuxième moitié du XIe siècle. Les données stylistiques permettent de proposer une datation vers la fin du XIe siècle et considérer que l’auteur est l’un des enlumineurs du scriptorium de Rodes. La fonction dévotionnelle est claire ; le rôle liturgique dans les processions dominicales ou pascales est moins clair. La prudence permet, seulement, d’affirmer que le fait d’embellir un espace liturgique, comme le cloître, est une évidence de son rôle pour un meilleur développement de la liturgie : “ad meliorem cultum atque decorem perduxit”.

RESUM
Amb aquest article, presentem una part de les pintures descobertes al claustre inferior del monestir de Sant Pere de Rodes en 1991. El tema representat, la Crucifixió, es caracteritza per la presència dels botxins que trenquen les cames als lladres que acompanyen Crist al Calvari. Aquesta iconografia permet vincular les pintures amb obres com el Beat de Girona (975) o la Biblia de Ripoll (mitjan s. XI). La cronologia de la Bíblia de Ripoll i la data d’arribada del Beat a Girona (c. 1078) permeten suposar que la decoració de Sant Pere de Rodes, més madura, ha de ser situada dins la segona meitat del segle XI. Les dades estilístiques permeten proposar una cronologia de c. finals s. XI i considerar que l’autor és un dels il·lustradors de l’escriptori de Rodes. La funció devocional és clara ; menys clar és el seu paper litúrgic dins les processons dominicals o pasquals. La prudència només permet afirmar que pel fet d’embellir un espai litúrgic com és el claustre ja hi té un paper en el millor desenvolupament de la litúrgia : “ad meliorem cultum atque decorem perduxit”.



Les installations liturgiques romanes dans le diocèse de Clermont.
Découvertes récentes : des autels, des armoires, des chancels, des tombeaux.

Pascale CHEVALIER, Arlette MAQUET

RÉSUMÉ
Les découvertes et analyses archéologiques récentes ont renouvelé l’appréhension de deux monuments médiévaux majeurs du diocèse de Clermont : la cathédrale et la priorale de Souvigny, une des cinq filles de Cluny. Les aménagements liturgiques de la crypte de la cathédrale sont des autels, des armoires et des niches, etc., remployant le plus souvent les restes d’un chancel carolingien. Le sarcophage remployé qui abritait les saints Mayeul et Odilon à Souvigny a été couvert par un premier monument, encadré par un ciborium avant d’être remplacé par un caveau. La barrière du chœur monastique ferme toujours la nef immédiatement à l’est du monument. Les installations liturgiques et funéraires des deux églises sont complémentaires, malgré l’apparente diversité de leurs fonctions. Autels, armoires, chancels et tombeaux permettent une meilleure compréhension des pratiques liturgiques quotidiennes de la société médiévale classique, ainsi que des évolutions de la gestion de l’espace par les différents utilisateurs des édifices cultuels.

ABSTRACT
New archaeological data have deeply changed the understanding of two major medieval monuments in the diocese of Clermont: the very cathedral and the clunisian priory of Souvigny. Romanesque liturgical features in the crypt of Clermont cathedral consist in altars, liturgical cupboards and niches, etc., mainly reusing fragments of a Carolingian chancel. In Souvigny however, the reused sarcophagus of saint Mayeul and saint Odilon was roofed by a first monument, later enclosed in a ciborium, then transformed into a tomb, whilst the chancel screen of the monastic choir was always placed directly to the east of the monument. The liturgical and memorial features of the two churches are complementary, despite an apparent difference of functions. Altars, cupboards, chancels et tombs allow us to understand better the everyday liturgy, the evolutions of the way spaces were managed by the various users of churches.

RESUM
Unes recentes descobertes o estudis arqueològics han renovat molt l’aprehensió de dos majors monuments de la diòcesi de Clermont : la catedral, i la prioral Saint-Pierre de Souvigny, una de les cinc filles de Cluny. Els dispositius litúrgics de la cripta de la catedral de Clerment de nou identificats son altars, armaris, nínxols, etc, realitzats el més sovint reaprofitant fragments d’un cancel carolingi.
A Souvigny, el sarcòfag reusat que contenia els restos dels sants Mayeul i Odilon fou cobert per un primer monument sobrealçat d’un cimbori, més tard destruit i substituït per un hipogeu. La barana de separació entre la nau i el cor monàstic es va sempre situar imediatament enllà d’aquest monument funerari, cap a l’est.
Les instal.lacions litúrgiques d’aquestes dues esglésies ens proporcionen uns testimonis complementaris, en despit de l’apparent diversitat de llurs funcions. Altars, armaris, cancels i monuments funeraris ens permeten una millor comprehensió de les pràctiques litúrgiques quotidianes de la societat medieval clàssica, així com de l’evolució de la gestió de l’espai pels diferents usadors dels edificis del culte.



L’histoire des autels portatifs par Jean-Baptiste Gattico (1704-1754)
Eric PALAZZO

RÉSUMÉ
Les autels portatifs médiévaux ont fait l’objet de nombreuses recherches de la part des historiens de l’art du XXe siècle. Parmi ces recherches, il faut mentionner avant tout l’ouvrage monumental de Josef Braun sur l’autel chrétien et celui, plus récent, de Michaël Budde. En dehors de ces deux auteurs, les chercheurs se sont surtout intéressés à ces objets du seul point de vue de l’histoire de l’art alors qu’ils représentent sans doute un cas unique de carrefour des disciplines : histoire, histoire de l’art, liturgie, théologie, droit canon ... L’objet de la présente note est de présenter le traité sur les autels portatifs réalisé par le liturgiste italien Jean-Baptiste Gattico dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. À tous égards, ce traité, fort peu connu, anticipe sur les travaux novateurs de Braun et Budde car il propose une approche historique large des autels portatifs.

RESUM
Els altars portàtils medievals han donat lloc a numbroses recerques dels historiadors de l’art del s. XX. Entre aquests treballs cal senyalar per prioritat l’obra monumental de Josef Braun sobre l’altar cristià, il la més recent de Michael Budde. Fora d’aquests dos autors, els investigadors es van sobretot interessar a ells de l’únic punt de vista de l’història o de l’història de l’art, encara que representen sense dubte un cas únic de convergència de disciplines : història, història de l’art, litúrgia, teologia, dret ecclesiàstic... El propòsit de l’article és presentar el tractat sobre els altars portàtils escrit pel liturgista italià Jean-Baptiste Galotti en la segona meitat del s. XVIII. Aquest tractat, poc conegut, anticipa els treballs innovadors de Braun i Budde proposant una ample aproximació als altars portàtils.



Inscrire son nom dans l’espace liturgique à l’époque romane
Cécile TREFFORT

RÉSUMÉ
L’acte d’inscrire son nom dans l’espace liturgique, quels qu’en soient la forme et le support, n’est en rien anodin. Il se décline par rapport à des éléments architecturaux et selon une véritable géographie du sacré ; c’est ce que révèlent certaines associations privilégiées entre nomination et liturgie chrétienne dans le cadre de la célébration eucharistique, du culte des saints ou d’une prière plus informelle. L’inscription des noms des fidèles dans l’espace liturgique est ainsi plus qu’un support de la mémoire. Elle emplit des espaces singuliers qui se situent entre le ciel et la terre, elle y transforme le temps, elle y construit et y manifeste la communauté, préfigurant sur cette terre la cité céleste et l’Église éternelle.

RESUM
L’acte d’inscriure el propi nom en l’espai litúrgic, qualsevol que sigui la seva forma o suport, no és cosa anodina. Es declina segons els espais o elements arquitectònics i segons una verdadera geografia del sagrat. Ho revelen certes associacions privilegiades entre nominació i litúrgia cristiana en el marc de la celebració eucarística, del culte dels sants, o d’una pregària més informal. L’inscripció dels noms dels fídels en l’espai litúrgic és així més que un suport per la memòria. Ompla espais particulars que es situen entre terra i cel, hi trasforma el temps, hi construeix i evidencia la comunitat, prefigurant en aquest mòn la ciutat celesta i l’església eterna.



Architecture, liturgie et organisation de l’espace ecclésial.
Essai sur la notion d’espace dans l’architecture religieuse du moyen âge.

Nicolas REVEYRON

RÉSUMÉ
En France, l’étude des rapports entre architecture et liturgie est plus ancienne qu’il n’y paraît. Dans cette généalogie scientifique qui remonte au XIXe siècle, Lyon tient une place à part : les enjeux des travaux sur “l’antique liturgie lyonnaise” et l’architecture religieuse du Moyen ge dans la ville avaient des implications directes dans la vie contemporaine. L’église est restée le lieu privilégié des recherches sur le thème “architecture et liturgie”, ouvertes par la suite à l’espace plus vaste des abbayes et des quartiers canoniaux. Enquêter sur les usages et les coutumes relevait quelque part d’une quête du sens, d’ailleurs amorcée déjà par les recherches lexicographiques sur l’architecture médiévale : non seulement pourquoi telle disposition et dans quel but, mais aussi quelle signification pour la liturgie et pour l’architecture. Dans ce segment chronologique du XIe-XIIIe siècle qui constitue le Moyen ge central, cette approche a aujourd’hui acquis l’importance qu’elle méritait. Mais la seule confrontation des données architecturales et textuelles ne suffit pas à embrasser la totalité de la problématique. La notion d’espace, théorisée par les spécialistes de la sémiologie et de la sémiotique, introduit dans la recherche un concept opératoire indispensable pour ouvrir à nouveau la problématique et lui faire quitter l’intérieur de l’édifice. L’abbé Chaume en a eu le pressentiment très tôt, dans ses travaux sur les premières églises de Bourgogne (1936). Il devient dès lors possible d’étudier les relations entre architecture et liturgie dans des espaces aussi divers que le chantier de construction, l’interface entre édifice et contexte bâti, l’espace institutionnel des diocèses ou des congrégations ...

RESUM
A França, l’estudi dels lligams entre arquitectura i litúrgia vé de més lluny de que es coneix habitualment. Existeix tota una genealogia científica desde el s. XIX, en la qual Lió té un paper específic : els treballs soble “l’antiga litúrgia lionesa” i l’arquitectura medieval de la vila tenien valors i implicacions directes en la vida local contemporània. Les esglésies van ser l’objecte principal dels estudis sobre aquest tema, eixamplats més tard a l’espai dels barris canonials o de les abadies.
Investigar els usos i costums pertanyia d’altra part a la recerca del sentit, ja intrapresa amb les recerques lexicogràfiques sobre l’arquitectura medieval : no només cercar el perquè de tal disposició i la seva finalitat, sinó la seva significació per la litúrgia i per l’arquitectura. Per l’espai cronològic dels s. XI a XIII, o sigui l’edat mitjana central, aquesta orientació és àra reconeguda com es mereix. Però la confrontació de les dades arquitecturals amb les fonts textuals no aconsegueix abraçar la totalitat de la problemàtica. La noció d’espai, teoritzada pels semiolegs i pels semioticians introdueix un concepte indispensable per ampliar la problemàtica i fer-la sortir del sol edifici. Mn Chaume ja en havia tingut el pressentiment en els seus treballs sobre les primeres esglésies de Borgonya (1936). Esdevé llavors possible estudiar les relacions entre arquitectura i litúrgia en ambits tant diversos com l’obra en construcció, el context construit d’un edifici, el territori institucional de les diòcesis o de les congregacions...